E. Roudinesco : le courant des historiens révionnistes est délirant !

29 Juil
2011

« Quand on a affaire à des historiens révisionnistes qui inventent des choses qui n’existent pas ou qui ont une visée destructrice, il faut pouvoir, non pas faire l’hagiographie de la vie de Freud, mais rétablir de la vérité et montrer qu’un tel courant est délirant. Délirant et qu’il faut le critiquer et non pas dire, on s’en fiche complètement (…) la méconnaissance de l’histoire conduit à une impasse sur le plan clinique « .

Elisabeth Roudinesco à propos de la critique délirante de Michel Onfray, interview réalisée par Médiapart le 15 07 2010.

Elisabeth Roudinesco par Mediapart

Chute d’une icône populaire

14 Jan
2011

Marlène Belilos a reproduit sur son blog l’article de Nicolas Romeas à propos de Michel Onfray :

 » À mesure que notre société sera de moins en moins tenue par une « colonne vertébrale » morale, chacun devra être de plus en plus vigilant. 
Un exemple récent, en particulier, montre que l’ennemi n’est pas toujours là où on l’attend. Celui du philosophe Michel Onfray, qui suscita à juste titre beaucoup d’enthousiasme avec son université populaire, et vient de tomber de tout son long dans le piège sinistre de l’époque. 

Dans une période historique où la médiocrité « décomplexée » a atteint le sommet des pouvoirs, tout le monde s’y met. Il suffit d’avoir acquis un minimum de notoriété pour se croire autorisé à exprimer ce qu’il y a de pire (et de moins élaboré) au fond de soi, sans pudeur. Pourquoi se gêner ? Onfray s’est fait connaître avec un travail honorable de « vulgarisation » philosophique qui a fait naître beaucoup d’espoirs chez ceux qui aspirent à une démocratie réelle dans le savoir – et qui resteront une fois de plus sur leur faim, à moins d’être entraînés dans cette folie idiote et destructrice. Onfray, qui est depuis longtemps avide de reconnaissance, n’a pas tenu le choc de la reconnaissance  »

Cliquer ici pour la suite de l’article

Peut –on critiquer la psychanalyse sans Michel Onfray ?

15 Déc
2010

Du grain à moudre, 15 12 2010, France culture, par Julie Clarini et Brice Couturier

Ecouter l’émission en cliquant sur ce lien : player?p=reecoute-3523941#reecoute-3523941

Invités :

Jacques Miermont , psychiatre des hôpitaux, Président de la Société Française de Thérapie Familiale

Christophe André, médecin psychiatre dans le service hospitalo-universitaire de l’hôpital Sainte-Anne, à Paris

Roland Gori, psychanalyste, Professeur émérite des Universités, co-initiateur de L’Appel des appels

Franck Chaumon , psychanalyste et psychiatre, animateur de l’Association Pratique de la folie

Peut-on critiquer la psychanalyse sans Michel Onfray ?  Pour être un clin d’œil, la question n’en est pas moins sérieuse : l’un des effets de la polémique engagée autour du livre sur Freud de Michel Onfray est d’avoir laissé croire que son ouvrage subsumait toutes les critiques voire même toute la pensée critique autour du sujet – ce qui est loin, très loin, d’être le cas. Autre conséquence de cette pensée à l’emporte-pièce, tout le champ thérapeutique de la psyché tend à être ramené à la psychanalyse et de facto enterré dans le même sac. Or, si l’on est en droit de s’interroger sur la valeur thérapeutique et scientifique de la psychanalyse, on trouve difficilement la voie pour le faire sans être immédiatement catalogué comme partisan d’un positivisme étroit ou d’un organicisme suspect.

Si elle se porte bien en cabinet, la pratique psychanalytique est aujourd’hui marginalisée dans les services de psychiatrie hospitaliers. La théorie, elle, a irrigué la majorité des écoles thérapeutiques : la plupart des méthodes qui se posent en concurrence directe avec l’analyse découlent en effet de l’approche dynamique inventée par Freud, ne serait-ce que parce beaucoup reposent sur la parole. Comme l’écrit la psychanalyste Anne Millet, la question prend la forme d’un paradoxe singulier : « d’un côté, une découverte (la psychanalyse) qui reste inégalée dans ses avancées épistémologiques et sa connaissance du fonctionnement psychique ; de l’autre une méthode qui se voit de plus en plus marginalisée, contestée dans ses principes et son efficacité. »

La longue traine des réponses à Onfray…

30 Sep
2010

Les réponses aux propos de Michel Onfray sur Sigmund et la psychanalyse, continuent à affluer. Dernièrement, une intervention particulièrement intéresante. Celles de Philarête.

Pour Philarête, les critiques de Wittgenstein à l’égard de Freud s’appliquent tout aussi bien à Michel Onfray. Et même très bien !

Si Freud s’éloigne de la science, alors qu’en est-il d’Onfray ? Et bien, Onfray se trouve dans le mythe, ses mythes font certainement plaisir à pas mal de gens si l’on en croit le succès commercial de son livre. Philarête pose alors la question : pourquoi tant de gens sont-ils enclins à accepter les explications d’Onfray ?

Par ailleurs, Emile Jalley continue son périple critique et sort le deuxième tome de son livre « anti Onfray » au mois d’octobre : « La parution du livre de Michel Onfray Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne en avril 2010 a été la source d’une grande abondance de débats qui se sont cristallisés presque immédiatement, d’abord sous forme de deux livres : celui d’Elisabeth Roudinesco Mais pourquoi tant de haine ?, et celui d’Emile Jalley Anti-Onfray 1. Le débat général a produit environ 200 articles sur le Web, d’une grande qualité de contenu et dans une grande variété de champs, et dans le présent volume ».

Onfray « tripote le mannequin de Freud », par Daniel Sibony

22 Sep
2010

Une interview de Daniel Sibony: « je ne ferai pas la psychanalyse d’Onfray », (mais je la fais quand même…) parce que « il fait sa psychanalyse en tripotant le mannequin de Freud ». « Les psychotiques peuvent faire un travail psychanalytique avec de la pâte à modeler, avec de la peinture, avec de la sculpture ». « Malheureusement pour lui, il n’y a pas d’analyste qui l’écoute ». Onfray ne se place pas au niveau de l’être, mais se réduit « à l’étang », sa démarche est « égotiste quand il excrète sur Freud toute sa rancœur, sa bile, son amertume »

Sibony ou Onfray ?

« Je » fais ou « il » fait ?

Onfray ou la question de savoir quel est l’auteur de la psychanalyse.

Jalley sur Freud et la psychanalyse, contre Onfray et la philosophie….

08 Août
2010

Emile Jalley édite un livre critique de la philosophie de Michel Onfray chez l’Harmattan

« Le livre de Michel Onfray offre le paradoxe très surprenant d’être construit par un philosophe peu sensible au principe élémentaire de la logique, qui est la cohérence interne. L’ouvrage est en effet miné par une contradiction majeure. D’une part Freud est présenté comme quelqu’un qui aurait tiré sa doctrine toute entière de sa fantaisie corrompue. D’autre part, il en aurait dérobé tous les éléments à l’extérieur. C’est l’un ou l’autre, mais pas tout l’un et tout l’autre, ou alors les deux, mais en proportion raisonnable. Une lecture attentive montre que l’ouvrage comprend encore une trentaine d’autres contradictions presque tout aussi gênantes. Par ailleurs, le ton passionnel du dialogue de l’auteur avec Freud est le même que ce qu’il pourrait être si ce dernier était son psychanalyste, ce que la disparition de celui-ci a tout de même rendu impossible à jamais. Et comme le psychanalysé se mêle en outre fréquemment de psychanalyser le psychanalyste imaginaire, l’issue de sa cure en est rendue très difficile, sinon même impossible. C’est là une façon inattendue et originale de reconnaître la valeur de la psychanalyse, tout en montrant qu’elle ne peut conduire qu’à l’échec, ce qui est encore une façon de se contredire. Ce livre est le symptôme de la souffrance profonde de toute une époque et de ses difficultés à maintenir ses repères dans la culture moderne ».

Émile Jalley, né en 1935, professeur émérite de psychologie clinique et épistémologie à l’Université Paris Nord, au cours de 10 volumes déjà publiés aux Éditions L’Harmattan et d’une quinzaine d’autres titres individuels et collectifs, a mené la tâche de longue haleine d’une Critique générale de la psychologie scientifique et des neurosciences contemporaines menée en vue d’une défense argumentée de l’importance de la psychanalyse dans les sciences humaines et la culture françaises et européennes. La confrontation actuelle avec le phénomène Onfray poursuit cette question tout en l’élargissant vers l’analyse d’une configuration de crise plus vaste et multiforme : opposition d’une contre-université à l’université officielle, débat sur le statut de la psychanalyse au sein des sciences humaines et des autres sciences, conflit social et politique larvé, avec divergence déjà fort sensible entre une tendance populiste et un bastion élitiste.

Un Anti-Onfray 2 et un Anti-Onfray 3 sont en préparation aux Éditions L’Harmattan

Pour contacter l’auteur : emile.jalley@wanadoo.fr, tél-fax : 01 43 50 84 80, 09 72 95 08 00, 06 74 01 21 65

L’HARMATTAN : 5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris, Tél. 01 40 46 79 20, Fax 01 43 25 82 03,  http://www.editions-harmattan.fr

Malaguarnera, une critique du livre de Michel Onfray

24 Juin
2010

Serafino Malaguarnera, psychanalyste à Bruxelles, a d’abord publié une vidéo critique « sur le vif » du livre de Michel Onfray. Puis, il a édité un livre reprenant une critique plus systématisée, le 17 juin 2010 : « Critique du Crépuscule d’une idole de M. Onfray« , disponible en ligne.

Bienvenue dans le désert du réel !

08 Juin
2010

Les références de la polémique Onfray (articles, interviews, émissions, radios et poadcasts), sont affichés au mur de la polémique.

En ce mois de juin 2010, il parait très nettement que les réactions au livre de Michel Onfray se tarissent. Les auteurs ne semblent plus vouloir intervenir, à ce sujet pour le moins…

A mon avis, leur attention se porte (enfin) sur un objet pertinent. La promulgation du décret « relatif à l’usage du titre de psychothérapeute  » paru au journal officiel le 20 mai 2010, en est la cause essentielle. Après-coup, les affabulations de Michel Onfray paraissent plus clairement comme l’écran de fumée qui cache les véritables enjeux de la relation de la philosophie à la psychanalyse. Ceux du statut de la psychanalyse dans la pensée.

Cette fumée dissipée, nous sommes « bienvenu dans le désert du réel » !

Je décide donc aujourd’hui d’arrêter ce travail de documentation et place à la psychanalyse !

Il vous est possible de suivre la généalogie du décret en consultant le site de François-Régis Dupond-Muzart ou sa page Facebook. En ce domaine, l’heure est au contrôle de l’état et, confiée par ce dernier aux bons soins de nos experts fous de statistiques, à l’évaluation aveugle.

Emmanuel Fleury

La guerre des psys est-elle fondée ?

02 Juin
2010

 

Jean-Pierre Olié, Le Monde.fr, 02 06 2010

e livre de Michel Onfray, Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne a suscité des réactions aussi vives que légitimes. Peut-il relancer une guerre des psys ? Reprenant des arguments du Livre noir de la psychanalyse, le philosophe remet en cause certains"dogmes" au premier rang desquels la valeur thérapeutique de la psychanalyse et des nombreuses formes de psychothérapie qu’elle a inspirées. Il est facile de rétorquer à Michel Onfray que bien après Freud, la théorie et la pratique psychanalytiques se sont développées au point que nul praticien ne se prive, selon les situations, de tel ou tel concept freudien. La psychanalyse n’est ni une hallucination collective ni un placebo !

Il n’en est pas moins judicieux d’interroger l’efficacité de cette modalité de traitement de divers troubles psychiques, comportementaux voire somatiques. Michel Onfray avance une comparaison entre traitement psychanalytique et thérapies traditionnelles : pourquoi pas si l’on veut bien admettre qu’il s’agit pour la psychanalyse de traiter davantage le terrain ou la personnalité et ses façons d’être que des symptômes. Certains psychanalystes n’ont-ils pas soutenu cela en avançant que la guérison (des symptômes) survient de surcroit, à l’issue du traitement. La thérapie analytique vise à améliorer mécanismes de défense et capacités d’adaptation ce qui rend difficile la mesure de ses effets. Il ne serait pas opportun que les professionnels refusent toute démarche d’évaluation à laquelle ne peut échapper aucune thérapeutique.

D’autres modalités de soins ont pour objectifs d’atténuer rapidement les symptômes en escomptant que ceci remanie favorablement la façon d’être et les capacités d’adaptation. Ce sont les médications psychotropes, d’une part, les thérapies cognitivo-comportementales, d’autre part, dont les effets sont plus aisément mesurables que ceux de la psychanalyse.

Reste le vaste domaine des thérapies et mesures sociales d’accompagnement ambitionnant un allègement des contraintes environnementales. Les psychiatres qui en 1975 s’inquiétaient de l’adoption d’une loi ouvrant la possibilité de considérer les sujets porteurs d’une affection psychiatrique comme personnes handicapées ayant droit à une allocation de solidarité seraient aujourd’hui prêts à se battre pour le maintien de cette loi si quelque gouvernement voulait la remettre en cause. Elle s’avère utile pour faciliter l’insertion sociale des personnes trop incapables d’une totale autonomie.

UNE GUERRE QUI N’A AUCUNE RAISON D’ÊTRE

La guerre des psys "pour ou contre la psychanalyse", "pour ou contre les médicaments", "pour ou contre les TCC [thérapies cognitivo-comportementales]", est un leurre. Les seuls enjeux sont : la reconnaissance des troubles mentaux comme de véritables maladies répertoriées par l’Organisation mondiale de la santé avec un taux élevé de morbidité (25 % des individus touchés à un moment ou un autre de leur vie, premières causes d’arrêts de travail et de handicap…) et la vérification d’un niveau suffisant de compétences des divers psys : psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, praticiens de la psychanalyse. Bien que l’on connaisse de mieux en mieux les dysfonctionnements neurobiologiques et psychologiques concomitants des pathologies mentales aiguës ou chroniques, il convient de redire que nul ne connaît la cause de ces maladies que sont les troubles dépressifs, les pathologies anxieuses, les schizophrénies, les troubles des conduites alimentaires, les toxicomanies ou encore les troubles de la personnalité.

Il est essentiel que tout soit fait pour que les professionnels regroupés sous l’étiquette "psys" soient éclairés : sur les diverses hypothèses aussi bien psychologiques que biologiques quant à l’origine des troubles psychiques et comportementaux ou encore des troubles de la personnalité et sur les caractéristiques cliniques, évolutives et leurs limites, les possibilités thérapeutiques de ces maladies. Il serait dangereux que les uns connaissent la neurobiologie, les autres la psychanalyse ou les théories cognitivo-comportementales. Les usagers ne sauraient admettre cela. Et une guerre des psys ne doit plus être un outil de diversion quant à la seule vraie question : la formation des futurs psys et l’évaluation des pratiques des professionnels.

La question est donc posée : outre Michel Onfray, qui voudrait encore se cacher derrière une guerre des psys qui n’a aucune raison d’être ?

Jean-Pierre Olié est professeur de psychiatrie à la faculté de médecine Paris-Descartes, chef de service à l’hôpital Sainte-Anne et président de la Fondation Pierre-Deniker.

Onfray : le chapitre manquant

01 Juin
2010

 

Frédéric Forest et François Pommier, Le Monde.fr, 01 06 201

e meilleur chapitre de Onfray est celui qu’il n’a pas écrit. Car la psychanalyse ne se résume pas aux thèses du maître contrairement à ce qu’avance l’auteur duCrépuscule d’une idole (Grasset, 2010).

Qu’aurait fait Freud ? "Prendre son cas pour une généralité". Pourtant, la psychanalyse est une référence pour des milliers de thérapeutes en France. Car le freudisme, c’est aussi l’ensemble des cliniques post-freudiennes qui travaillent le champ ouvert par la reconnaissance d’un inconscient psychique. Citons en quelques-unes : clinique du handicap, clinique de l’extrême, clinique des maladies graves, psychosomatique, clinique des addictions, psychanalyse de l’enfant, clinique de l’adolescence, clinique du groupe, etc.

Ces cliniques mobilisent l’invention, l’étonnement et la plasticité des thérapeutes et cliniciens pour traiter des souffrances psychiques, parfois extrêmes, au jour le jour. Cette diversité s’inscrit dans un champ ouvert par Freud et continuellement réinterrogé voire théoriquement malmené pour s’adapter à des individus singuliers. Le travail des psychanalystes d’aujourd’hui donne raison, à rebours, aux intuitions fondamentales de Freud qui constituent un héritage formidablement fécond.

La question n’est pas celle, dérisoire, des draps du couple Freud, mais ce que la théorie et la méthode freudiennes nous apportent encore aujourd’hui, d’une manière particulièrement vivante. Certes, Onfray nous rappelle la leçon de Moïse versus Aaron : les idolâtres pétrifient l’apport freudien. Mais, la théorie initiée par Freud est au contraire perpétuellement retissée, réinterprétée, comme dans la tradition talmudique de lecture biblique qui commente les commentaires, à l’infini. Aujourd’hui, c’est l’invention des cliniciens au contact des patients qui sauvegarde l’actualité du corpus psychanalytique, eux qui refont à chaque cas la théorie de leur pratique.

LA SINGULARITÉ DU SUJET

En substance : non, la psychanalyse n’est en aucun cas la philosophie du seul Freud, ni une "plante vénéneuse", ni une "pensée totalitaire". Non seulement la psychanalyse n’est pas pétrifiée dans un radotage freudien, mais elle nous est aujourd’hui particulièrement utile pour lutter contre les simplismes qui investissent le champ de la santé mentale. Car la psychanalyse est une discipline de la complexité. Freud a toujours été du côté de la causalité multiple, du tissage des contraires, à l’écoute des désirs enchevêtrés et contradictoires d’un sujet. C’est pourquoi, il n’est de psychanalyse que d’un sujet, le reste est hypothèse ou opinion. Les thérapeutes qui réinventent la clinique freudienne au quotidien en écoutant leurs patients le savent bien. Et ce savoir participe du respect des patients tout autant que du démêlage et de l’allègement de leurs souffrances psychiques.

Aujourd’hui, au contraire de la psychanalyse, l’idéologie d’une santé parfaite nous promet des explications rapides, comme l’avaient fait, par exemple, en leurs temps, la phrénologie au XIXe siècle (on lisait le caractère d’une personne en fonction des bosses de son crâne) ou la lobotomie au milieu du XXe siècle (on pensait soigner la schizophrénie en opérant grossièrement le cerveau).

Ainsi s’opposent ces réductionnismes à la complexité du psychisme prônée par la psychanalyse. La réduction de la causalité psychique à des raccourcis linéaires (l’homosexualité expliquée par les gênes en est encore un exemple navrant) est toujours dangereuse pour les libertés individuelles. Au contraire, la pratique analytique prend du temps, mais elle respecte la singularité du sujet et s’écarte de tout hygiénisme mental.

Frédéric Forest est docteur en sciences politiques et chercheur associé à l’université Paris-VII-Diderot. Il est l’auteur de Freud et la science (Economica Anthropos, 2010).

François Pommier est psychiatre, psychanalyste, professeur des universités à Paris-Ouest-Nanterre-la Défense. Il est l’auteur de L’Extrême en psychanalyse(Campagne première, 2008).