Un acte public ou privé ?

Vient une question sur l’acte à propos du suicide. Peut-on le considérer comme une fin, un terme, la borne d’un parcours qui marque le point d’achèvement d’un projet ? Le suicide peut-il avoir une direction, désigner un point vers lequel il va tendre et vers lequel l’acte sera orienté ? Ce point est-il politique ?

La lecture de Hannah Arendt, en particulier La crise de la culture conduit à cette remarque. Essentiellement politique, l’acte est un début. Il est fondateur et tranche sur ce qui précède. Ce n’est pas le terme d’un parcours dont il serait possible de déduire la fin. Au contraire, il tranche sur ce qui précède. Continuer la lecture de « Un acte public ou privé ? »

L’écriture pour différer le suicide

Le suicide de Virginia Woolf est assez intéressant. Cet auteur a écrit « Mrs Dalloway [1] » dans lequel il y a la possibilité d’en approcher les motifs. Et aussi, ses Lettres ou son Journal, et enfin, la somme biographique d’Hermione Lee [2] et les nombreux témoignages qu’il contient.

Woolf nous en apprend plus que n’importe quel manuel de suicidologie ! Continuer la lecture de « L’écriture pour différer le suicide »

Le comique signe la présence de l’objet

Regardez les séquences de répétition de Mme Butterfly au moment de son suicide (avec Roberto Alagna, Histoire d’opéras, Madame Butterly, Sttatsoper de Munich (2012), documentaire diffusé sur Arte le 01  12 2013).

On voit l’une de ses collègues attendre son cri, puis son voisin lui faire un signe : c’est bon ! C’était bien ! Bravo mon gars ! Un moment hilarant alors qu’il s’agit d’un suicide tragique.

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Le suicide de Didon

Après son départ en mer d’Enée, Didon brûle ses vêtements et se brûle :

« Vêtements (d’Ilion, Athène) chers à mon cœur, tant que les destins et les dieux le permirent, recevez mon âme et délivrez-moi de mes tourments, j’ai fini de vivre et la course que le destin m’a accordée, je l’ai accomplie….»

« J’ai bâti une ville magnifique, j’ai vu mes remparts, j’ai vengé mon mari et puni mon frère meurtrier »… Continuer la lecture de « Le suicide de Didon »

Personne ne croit à sa propre mort, Freud

A lire la conclusion freudienne de 1915, « Si tu veux supporter la vie, organise-toi pour la mort !», nous pourrions penser que Freud encourage au suicide.

Il n’en est rien. Freud a des certitudes sur la mort, certes. Mais son pessimiste plaidoyer exclut la possibilité même du suicide. Nous sommes en pleine première guerre mondiale. Continuer la lecture de « Personne ne croit à sa propre mort, Freud »

Mais, qu’est-ce qu’ils veulent de plus ? J. Ellul

Jacques Ellul sur la technique

Personne n’échappe à la technique. Tous la servent, tous en profitent et tous en subissent les effets néfastes. Ce monde technique est celui de l’insignifiance où tout est équivalent à tout. Celui de la puissance aussi car, quand on peut tout faire, rien n’a plus de sens.

« Je ne pense pas non plus, qu’une conduite suicidaire soit une façon effective de mettre en question la société moderne. Je sais, bien, c’est ça qui me paraît tragique dans l’appel désespéré des jeunes qui se droguent. Parce que c’est un appel désespéré, se droguer. Continuer la lecture de « Mais, qu’est-ce qu’ils veulent de plus ? J. Ellul »

Le « mot » de la fin !

Au fil de nos commentaires, nous avons pu préciser plusieurs choses à propos de l’Ophélie de la tragédie de Shakespeare. Les diverses qualités qui nous la présentent. Les fonctions qu’elle peut assumer dans ses relations avec les autres personnages de la pièce. Les effets que cela a dans le déroulement de cette pièce et en particulier pour Hamlet. Je considère que les qualités de la présentation, les fonctions assumées dans les relations et les effets de ces fonctions, sont trois modalités du sujet Ophélie dans cette pièces, trois modes de son être.

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La mort est une pensée, vidéo de Jacques Lacan à Louvain

Un petit passage de l’intervention de Lacan à Louvain (1974) 5VCbCGOIHk81RF-mr8iPJ-3xcNMest assez instructif sur sa position philosophique sur la mort. La mort est un produit de la pensée et de la croyance. Dans le fond, le problème pour le suicide serait de trop y croire. Lacan est à l’opposé de Cioran (« la vie est supportable uniquement avec l’idée qu’on puisse la quitter quand on veut »).

Lacan : « La mort… est du domaine de la foi. Continuer la lecture de « La mort est une pensée, vidéo de Jacques Lacan à Louvain »