D’un acte qui ne soit pas politique ?

L’acte politique d’après Arendt, peut aussi bien conduire à une répétition mortelle qu’à une création. Pour le suicide, nous tombons sur une double division pour l’acte.

La fausse distinction entre un suicide qui échoue et un suicide qui réussit, renvoie à la différence entre un acte répète l’existant, qui reproduit sans modifier les choses, qui ne change rien, et un acte qui prend une signification nouvelle, un acte créateur de signification susceptible d’une reprise dans l’opinion publique, d’un changement dans le discours, un acte qui a un effet de signification valable pour tous. C’est-à-dire, un acte qui a une portée politique. Continuer la lecture de « D’un acte qui ne soit pas politique ? »

Le suicide pour échapper au cercle solitaire, G. Morel

Il est très utile de lire le dernier livre de G. Morel, La loi de la mère, en particulier le chapitre VI sur « Les prolongements du symptôme », dans lequel elle met en évidence un troisième type de « prolongement » du symptôme de Joyce.

Dans ce chapitre, G. Morel examine le rapport de Joyce à sa fille Lucia, et elle évoque une présentation de malade de Lacan. Il s’agit du cas intitulé « Entretien de Jacques Lacan avec Gérard Lumeroy », paru en 1992 dans Le discours psychanalytique. Lacan, avec ce patient, « s’intéresse à la progression pathologique du rapport de ce sujet au message de l’Autre ».

On peut consulter le texte intégral de cette présentation de malade sur Internet sur le site de l’ELP, ainsi qu’aux commentaires de Lacan. Lacan fait un premier commentaire à la fin de la présentation et un deuxième plus compliqué lors de son séminaire Le sinthome.

Et ce patient explique quelque chose d’important à propos de son suicide.

Il considère que la cause de son suicide est due à la perception de son secret par l’Autre, ce qu’il appelle « le cercle solitaire ». Dans un premier temps, le symbolique est noué au réel et les deux se distinguent nettement de l’imaginaire. Puis, l’amorce de la télépathie créée une « embrouille » du réel et du symbolique, ce qui le conduit au suicide.

C’est ce développement du symptôme qui est le plus intéressant car il suppose une progression du symptôme en rapport simultané avec l’apparition du suicide.

Ce patient montre l’existence d’un nouage du réel et du symbolique, l’embrouille du nouage R-S lors de l’apparition de la télépathie, l’éclosion de son suicide, et permet des considérations générales sur le sinthome dans ses rapports au suicide.

En effet, on pourrait dire que dans le cas de Gérard, le suicide est le point d’effondrement ou d’effacement du symptôme, le moment où l’amalgame réel – symbolique faisant pont vers l’imaginaire « s’embrouille » et où la distinction, la « disjonction » de ces trois registres devient impossible.

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atelier « Prévention du suicide », Savoirs et clinique, 19 janvier 2008, résumé de l’intervention tenant compte des précieuses remarques de B. Lemonnier, S. Boudailliez et M. Vaneufville.

– Morel G., La loi de la mère, essai sur le simthome sexuel, Anthropos, 2008

– pages 154 et 155

– Entretien du 10 février 1976. On peut télécharger le texte de l’entretien à partir du site « Pas tout Lacan » à http://www.ecole-lacanienne.net/pastoutlacan70.php

– Morel, p. 155

– Lacan J., Le sinthome, Paris, Seuil, 2005, p. 94-97

Suicide à Hollywood-land

A Hollywood, il est connu que les suicidaires aiment à se jeter au bas du panneau géant, « Hollywood » que l’on voit sur toutes les cartes postales du lieu. Ce panneau était une réclame pour une agence immobilière, « Hollywoodland ». Les trois dernières lettres sont tombées avec le temps pour ne plus laisser que celles de Hollywood. Ce sont souvent des acteurs et des actrices qui s’y précipitent. Au même endroit que ces quatre lettres déchues (land). Continuer la lecture de « Suicide à Hollywood-land »