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Category: Autisme

Ne me soignez pas (avec l'ABA), je suis comme ça !

Les autistes du mouvement anti-ABA, plaident pour que l’on abandonne les thérapies comportementales comme ABA ou TEACH, ils souhaitent que l’on tienne compte de leur différence.

Le mouvement anti-ABA ou mouvement « anti-cure » ou encore « Autism Right Mouvement » (mouvement pour les droits des autistes), est animé par les autistes.

Ces mouvements anti-ABA estiment que les méthodes de traitement de l’autisme comme l’ABA ou les ICM (méthodes comportementales intensives), sont « physiquement nuisibles » ou « mentalement nuisibles ». Voire même dangereuses !

Ils s’opposent à ce que le traitement ABA leur soit appliqué: « Ne nous soignez pas, nous ne sommes pas malades ! Nous sommes comme ça ! » (1).

Ces autistes s’opposent aux associations de parents qui sont parfois tournées en dérision. Les autistes leur reprochent en effet, de vouloir trop en faire pour les aider (2).

Vous pouvez obtenir de très nombreux renseignements et comprendre le sens de ces mouvements anti-ABA, en lisant les articles de François Sauvagnat (3) et de Eric Laurent (4). Maria Lucia Martin signale aussi un article assez intéressant, « Fiers d’être autistes » (5). La page Wikipédia est assez complète (6).

L’idée de ces mouvements anti-ABA, c’est que l’autisme est une façon d’être, un mode de réaction à ce qui leur arrive dans la vie. Leur symptôme, en somme, leur permet de se battre à leur façon. Tenter de supprimer ces symptômes, vouloir gommer leurs différences, serait même une grande perte.

L’autisme, un mode de vie ?

Comme l’explique le Pr Baron-Cohen, directeur du centre de recherche sur l’autisme de Cambridge : “ parler d’un « remède à l’autisme » est une approche massue. La crainte est que dans ce processus d’alléger les difficultés, les qualités spéciales – telles que la remarquable attention au détail, et la capacité à sa concentrer pendant de longues périodes en profondeur sur un sujet sans importance – serait perdu. L’autisme est à la fois un handicap et une différence. Nous devons trouver les moyens d’atténuer le handicap, tout en respectant et en valorisant la différence” (7).

C’est la position de James Meyerding, autiste, qui dénonce l’ABA (8). La lecture de son blog est passionnante ! Elle plaide pour la neurodiversité.

Dans un autre registre, Michelle Dawson, autiste, a témoigné au procès Auton. En effet, le gouvernement du Canada avait arrêté le financement du traitement de l’autisme par la méthode ABA. Le tribunal a jugé que cette décision respectait le droit à l’égalité des enfants (9).

Dawson a montré en quoi ce traitement ABA est un « misbehavior ». Elle explique en détail et de façon convaincante, pourquoi la thérapie comportementale n’est ni scientifique, ni morale (10). Très intéressant de se plonger dans la lecture de ses articles !

Les groupes anti-ABA les plus importants sont :

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  1. http://www.nytimes.com/2004/12/20/health/20autism.html

  2. http://www.guardian.co.uk/society/2007/aug/07/health.medicineandhealth

  3. http://forumdespsychiatres.org/index.php?option=com_content&view=article&id=340:les-tcc-mises–nu-par-franois-sauvagnat&catid=86:psychothrapie&Itemid=33

  4. http://www.lacanquotidien.fr/blog/wp-content/uploads/2012/02/LQ-164.pdf

  5. http://www.scienceshumaines.com/fiers-d-etre-autistes-la-neurodiversite-un-mouvement-polemique_fr_26739.html

  6. http://en.wikipedia.org/wiki/Autism_rights_movement#cite_note-Harmon-5

  7. http://www.guardian.co.uk/society/2007/aug/07/health.medicineandhealth

  8. http://www.planetautism.com/jane/index.html

  9. http://en.wikipedia.org/wiki/Auton_(Guardian_ad_litem_of)_v._British_Columbia_(Attorney_General

  10. http://www.sentex.net/~nexus23/naa_aba.html

L'unanimité en faveur des pratiques psychanalytiques dans la prise en charge de l'autisme

L’unanimité pour la pratique de la psychanalyse dans l’accompagnement des personnes autistes et contre la position du député Fasquelle selon qui il faudrait l’abandonner

Ces jours-ci, nous avons l’honneur de prendre connaissance de la proposition de loi de Mr le député Fasquelle Daniel, UMP, maire du Touquet, une station balnéaire du Nord de la France, pour nous expliquer sa « décision mûrement réfléchie » :

1- il faudrait « arrêter » les pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes

2- les prises en charges d’inspiration psychanalytique seraient « déconseillées »

3- elles seraient « unanimement décriées » par les associations de parents

4- il faudrait « abandonner » la psychanalyse elle-même

5- il faudrait « faire interdire » la psychanalyse « sous toutes ses formes » dans le traitement de l’autisme

6- la France serait en retard sur la prise en charge de l’autisme

7- d’autres pays que la France auraient déjà « abandonné » la psychanalyse

8- ces autres pays que la France utiliseraient maintenant les méthodes d’éducation (ABA, PECS, TEACCH, etc…. )

9- donc, il faudrait donc « généraliser » les « méthodes éducatives et comportementales » et « réaffecter les financements existants à ces méthodes »

10- au profit de traitements « opérants »

Cette démonstration est sans doute «mûre », nous en sommes convaincus….

Voici les réactions « unanimes » aux propos du député Fasquelle, à qui il est recommandé de continuer cette « réflexion ». La pratique de la psychanalyse fait l’unanimité en sa faveur dans la prise en charge et l’accompagnement des personnes autistes (les syndicats des psychologues et des psychiatres, les centres ressources autisme ainsi que l’union de défense des personnes handicapées et de leurs familles) :

  1. – Lettre ouverte à Daniel Fasquelles de Mme le député Edwige Antier, UMP

  2. – Le parti communiste français : « Une ingérence totalitaire » 

  3. – L’UNAPEI s’oppose à la proposition de loi de M. Daniel Fasquelle visant à interdire l’accompagnement psychanalytique des personnes autistes, communiqué du 20 01 2012

  4. – communiqué de l’association TEAdir, des pères, des mères et des parents de personnes avec TSA – trouble du spectre de l’autisme

  5. – Le syndicat des psychiatres des hôpitaux , « Projet de loi pour interidre la psychanalyse : à quand un procès en hérésie contre la psychiatrie ? »

  6. – le Syndicat national des psychologues : « Soins psychiques : la liberté est en danger ! »

  7. – la fédération française des psychologues et de psychologie : « Les psychologues dénoncent le projet de loi de D. Fasquelles« 

  8. – communiqué de l’ANCRA (associations des centre ressources autisme) :http://www.autismes.fr/fr/actualites/actualites/communique-ancra-a-proposition-loi-visant-l%E2%80%99arret-pratiques-psychanalytiques-dans-l%E2%80%99accompagnement-personnes-autistes,.html

  9. – « L’autisme grande cause nationale ? », le collectif des 39

  10. – Position de la CIPPA (Coordination internationale entre psychothérapeutes Psychanalystes et membres associés s’occupant de personnes avec Autisme), communiqué du 26 01 2012

  11. – « Nos convictions » par l’institut psychanalytique de l’enfant, lacanquotidien n° 148

  12. – Communiqué de la société psychanalytique de Paris : « Autisme et psychanalyse »

  13. – « Une loi pour interdire la psychanalyse dans l’autisme ?, Pr Jacques Hochmann, Le Monde, 26 01 2012

  14. – « Autisme et psychanalyse », Philippe Grimbert, The Huffington post

  15. – « Storytelling et jugement », Eric Laurent, lacanquotidien n° 142

  16. – Le commentaire de François-Régis Dupond Muzart, le 24 01 2012

  17. – Autisme : trois psys répondent aux accusations du film « Le mur », collectif des 39rue 89

  18. – La page autisme du site Oedipe : http://www.oedipe.org/fr/autisme#body

  19. – Un forum sur le thème de la législation de la prise en charge de l’autisme sur le site Oedipe, à cette adresse

  20. – communiqué de l’ANCRA (associations des centres ressources autisme) :http://www.autismes.fr/fr/actualites/actualites/communique-ancra-a-proposition-loi-visant-l%E2%80%99arret-pratiques-psychanalytiques-dans-l%E2%80%99accompagnement-personnes-autistes,.html

  21. – Bernard Dugué, philosophe, « Autisme et psychanalyse : le député Fasquelle joue au Lyssenko »

  22. – Jean-Claude Maleval, « Ecoutez les autistes ! » 

  23. – CNAPE (convention nationale des associations de protection de l’enfance) : http://efleury.fr/wp-content/uploads/CNAPE-CA-03-02-2012.jpg 

  24. – communiqué de l’appel des 39 : à propos des initiatves actuelles contre la psychanalyse 

  25. – Jean-François Rey, « c’est la psychiatrie qu’on attaque », Le Monde

  26. – Société de l’Information Psychiatrique : communiqué

  27. – éditorial de Charles Melman, ALI, « Au député Fasquelle »: http://www.freud-lacan.com/Champs_specialises/Billets_actualites/Edito_Au_depute_Fasquelle

  28. – Communiqué du Cercle Freudien : http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3238

  29. – Communiqué de l’InterCoPsychos, « on ne saurait imposer par la loi, l’orientation de travail d’un praticien ou d’une institution » : http://intercopsychos.blogvie.com/2012/02/24/autisme-le-communique-du-comite-de-liaison-des-psychologues-clips/

  30. – position du Pr Mottron, « Le pouvoir de l’autisme », http://www.asperger.asn.au/images/pdf_files/articles/changing%20perceptions%20-%20the%20power%20of%20autism.pdf

  31. – Interview de Daniel Karlin par Eric Favereau dans Libération, le 14 02 2012, « Les enfants ne sont pas des chiens savants », http://www.oedipe.org/forum/read.php?6,25681

  32. – Communiqué de Espace analytique, association de formation psychanalytique et de recherches freudiennes, à la Haute Autorité de Santé, http://maurice.villard.pagesperso-orange.fr/ESPANALY.htm

  33. – Roland Gori, le nouveau totalitarisme culturel de la pensée simplificatrice

  34. – conférence de presse au Lutécium, le dimanche 4 mars 2012, Jacques-Alain Miller, autisme et psychanalyse

  35. – Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), « Pour le maintien de pratiques humanistes et diverses auprès des enfants autistes et de toute personne en souffrance », texte du communiqué

  36. – Manifeste pour une pratique humaniste auprès des sujets dits autistes et de leurs familles, http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N21248

  37. Position des CEMEA, Dominique Besnard, http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3499

Et….. rappelez-vous ce qu’en pense Jacqueline Berger : http://efleury.fr/lautisme-nest-pas-une-fatalite/   

Enfin, signez la pétition en ligne en faveur de l’abord clinique de l’autisme



La maltraitance de l'enfant autiste par la méthode ABA

La punition de l’enfant autiste fait bel et bien partie de la méthode ABA. Fessée, choc électrique, son ou odeur désagréable. Ces punitions sont non seulement considérées comme efficaces mais aussi, nécessaires et inévitables. Alors que les punitions comme « dire non » sont inefficaces ou aggravent le comportement contre lequel les auteurs luttent. Une lecture critique de l’ouvrage de Catherine Maurice.

Mon commentaire est une lecture critique d’un extrait de l’ouvrage suivant : Intervention béhaviorale auprès des jeunes enfants autistes, sous la direction de Catherine Maurice, avec Gina Green et Stephen C. Luce, éditions de la Chenelière, De Boeck, Bruxelles, 2006

L’extrait en question peut être consulté en suivant ce lien : http://tinyurl.com/7wrus5r

Les premières recherches destinées à trouver une méthode permettant de modifier le comportement des enfants autistes, en particulier à réduire la fréquence des stéréotypies et des automutilations, ont été réalisée entre 1960 et 1970.

Le fait que ces méthodes puissent « paraître négatives » serait excusable car les recherches réalisées après les années 1970, ne « contiennent guère d’exemples de punition » et que « comme nous ne savions rien sur l’autisme », il était « inutile de songer à modifier le comportement autistique ».

Donc, entre les années 1970 et les années 1970, les punitions ont été utilisées car, de toute façon, leur auteur ne s’attendaient pas à ce qu’elles « modifient » le comportement de l’enfant.

Avec les méthodes arrivées après les années 1970, la punition reçoit une définition plus large, « fonctionnelle ». Il s’agirait de toute méthode susceptible de diminuer la fréquence d’apparition du comportement contre lequel on lutte. Pour intégrer ces méthodes parmi la catégorie des punitions, il faut et il suffit que la fréquence du comportement diminue ensuite. Le terme de « aversif » vient signifier « l’effet sur la personne » qui peut être « nuisible, désagréable ou douloureux » (Lovaas et Favell, 1987). Le stimulus aversif ne sert pas forcément de punition si la fréquence du comportement ne diminue pas ensuite.

Donc, les auteurs prétendent ne plus utiliser la punition, car ce ne serait plus la même punition.

Mais, parmi ces méthodes « fonctionnelles », les « chocs électriques immédiats, la fessée ou l’introduction d’un son, d’une odeur ou d’un goût désagréable » sont bel et bien présents en tant « punition ».

De ce point de vue, il n’y a aucune nouveauté dans la méthode.

Les auteurs constatent que les « châtiments corporels tels que la fessée étaient d’usage plus courant à cette époque » (avant les années1 970). Mais, ils reconnaissent aussi continuer à utiliser la punition.

Le choc électrique est utilisé en raison de se « effets douloureux » mais, il présenterait « l’avantage » que « l’intensité de la douleur peut être contrôlée ».

Les auteurs prétendent que « aujourd’hui, nous n’avons plus besoin des méthodes douloureuses préconisées lors des premières mises en application de certaines interventions aversives ». Toutefois, Lovaas en 1987, note tout de même, après 1970, que « quelques enfants de son groupe expérimental ont été l’objet de punitions corporelles ».

D’ailleurs, « il s’avère parfois nécessaire de préconiser certaines méthodes qui, sur le plan comportemental, sont perçues comme des punitions ».

Enfin, « en de rares occasions, il semble n’exister aucune autre solution que les méthodes de punition ».

Donc, non seulement, les auteurs continuent à pratiquer la punition. Mais encore, ils considèrent que la punition est « nécessaire ». Rien dans leur esprit n’est en place pour les détourner de la punition.

Mais en plus, comme il n’existe « aucune autre solution », les auteurs se sentent obligé à pratiquer la punition.

Mais, puisque le superviseur « a déjà vécu ce genre de situation », que ces méthodes de punition sont misent en place « sous la supervision d’un professionnel » et que cette supervision sera « examinée par au moins deux experts en analyse du comportement travaillant pour une agence qui a accès à un comité des droits de la personne », tout va bien !

Rien à craindre, n’est-ce pas ?

Si le choc électrique est présenté comme « très efficace », la punition comme « dire non » ne semble pas donner les mêmes résultats. « Il est très ardu d’éliminer un comportement pour de bon, tout comme d’administrer une punition avec efficacité, notamment parce qu’elle abouti rarement à un changement durable, peu importe le cadre. En outre, la punitions déclenche parfois un autre comportement perturbateur (Favelle et Greene, 1981 ; Luce et Christian, 1981) ».

Donc, le stimulus aversif aggrave et complique le comportement qu’il est pourtant destiné à diminuer.

De plus, comme les punitions ne sont plus les mêmes qu’en 1970, parce que il y a aussi les punitions fonctionnelles comme « dire non » . Mais, les punitions comme « dire non » ne fonctionnent pas, elle ne diminuent pas la fréquence du comportement. Ou alors elles provoquent un autre comportement. Donc, les nouvelles punitions d’après 1970, ne sont même plus des punitions !

C’est un aveu d’échec. Les punitions « fonctionnelles » comme « dire non », ne fonctionnent pas ou aggravent le comportement. C’est la raison pour laquelle les auteurs en concluent qu’il n’existe « aucune autre solution » que la punition.

Mais, qui parle de maltraitance à enfant ?

On se le demande !

 

Pétition internationale pour l'abord clinique de l'autisme

PÉTITION INTERNATIONALE

POUR L’ABORD CLINIQUE DE L’AUTISME

à l’initiative de l’Institut psychanalytique de l’Enfant

(Université populaire Jacques-Lacan)

Les associations,

les professionnels impliqués à divers titres dans l’accueil, le soin et l’accompagnement des sujets autistes,

les parents dont les enfants sont accueillis en structure médicale ou médico-sociale,

les citoyens concernés, français ou non, tous signataires de cette pétition

–       demandent à ce que la psychanalyse, ses recherches et ses praticiens, cessent d’être diffamés par des allégations visant à les déconsidérer ;

–       souhaitent que les pouvoirs publics prennent en compte le souci légitime des familles, sans négliger pour autant le travail que, depuis des décennies, les équipes de professionnels accomplissent auprès des enfants et des adultes autistes dans le cadre des secteurs de psychiatrie, des consultations privées, des institutions médico-sociales. Ce travail bénéficie, dans de très nombreux cas, de la formation psychanalytique des intervenants ;

Suite du texte de la pétition et page de signaturehttp://www.lacanquotidien.fr/blog/petition/

Contre la normalisation de l’autisme sous prétexte de science !

Je viens de signer l’appel des 1000

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POUR UN AUTRE PLAN AUTISME 2013
POUR LE RETRAIT DE LA RECOMMANDATION DE L’HAS SUR L’AUTISME

L’ appel des 1000

http://www.hospitalite-autistes.org/spip.php?article1

L’annonce du plan autisme était attendue par les professionnels (soignants, enseignants, éducateurs, etc.) et les familles : le manque de moyens en termes de places et de personnels entraîne de tels dysfonctionnements, de tels délais d’attente, de telles ruptures de prise en charge, de telles souffrances parentales qu’il était urgent et indispensable de proposer un plan présentant une grande ambition.
Or si on retrouve dans ce plan quelques points attendus (comme le dépistage précoce), les moyens supplémentaires alloués sont dérisoires, voir nuls dans la psychiatrie publique et l’Éducation nationale, et ne régleront aucun des graves problèmes de pénurie.
Mme Carlotti, ministre déléguée en charge du dossier, a accompagné l’annonce de ce plan par des propos inacceptables à l’égard des approches fondées sur la psychanalyse. Ces propos s’appuient sur les recommandations de la HAS et structurent le plan Autisme 2013, d’un seul point de vue, sans nuance, niant les critiques, les communications et les travaux les plus récents.
Les recommandations de la HAS, Haute Autorité de Santé, ne font pas consensus, elles se parent d’une scientificité qui n’est en rien démontrée, ce que la revue Prescrire dans son numéro d’avril 2013, a très bien énoncé. Elles obèrent les choix éclairés des professionnels comme des familles. La pluralité des approches est nécessaire en face d’une réalité psychique complexe, celle de chaque sujet en souffrance, qui ne saurait se réduire à une seule dimension, à un seul registre de la connaissance et du savoir. Nous demandons donc le retrait des recommandations de la HAS.
Qui plus est la confusion continue d’être entretenue entre les plans éducatifs, pédagogiques et thérapeutiques.
Le plan Autisme 2013 organise les préconisations dans le parti pris d’un seul point de vue exclusif, non-recevable. Ces recommandations se fondent en fait sur une lecture idéologique et normative de l’autisme pour dénoncer des recherches et des pratiques qui n’auraient pas fait leurs preuves.
Aujourd’hui c’est de l’autisme qu’il s’agit, mais le risque est inévitable d’une généralisation de la méthode suivie pour ce plan à l’ensemble du champ éducatif, pédagogique et soignant. Alors demain un plan pour les troubles bipolaires ou la schizophrénie ? Il n’y aura plus de maladies seulement des anomalies à corriger ?
Nous ne voulons pas d’une HAS qui par ces recommandations univoques interdit l’esprit du doute nécessaire à l’approche scientifique et à la recherche, qui ne saurait restreindre son effort de façon unidimensionnelle.
Nous ne voulons pas d’une HAS qui interdit la prise en considération des pratiques soignantes, éducatives et sociales qui ont fait leurs preuves et sont approuvées par des familles qui n’ont pas été entendues, alors qu’elles dénoncent les excès d’approches uniques quelles qu’elles soient.
Nous ne voulons pas d’une HAS, outil de l’Etat. Le choix et la nomination des dirigeants de cet outil par l’exécutif de l’état confirment sa dépendance. Les proximités avec l’industrie pharmaceutique signent une orientation thérapeutique. Cette HAS n’est indépendante ni de l’État, ni du monde pharmaceutique.
Nous ne voulons pas d’une HAS dont les recommandations empêchent la pensée des professionnels et des citoyens et autorisent les politiques à imposer au bout du compte ce qui s’apparente à une science d’état.
Nous ne voulons pas non plus d’une HAS qui par ces recommandations orientent les formations initiales et continues des professionnels du soin et des travailleurs sociaux de ce seul point de vue, niant ainsi une des compétences premières de ceux-ci à savoir l’accueil de la personne en souffrance, de la personne en difficulté, en attente d’une attention et d’une écoute avant les réponses thérapeutiques, éducatives et sociales indispensables. Ne plus penser sa pratique pour un professionnel, fait de celui-ci un agent de l’ordre social et non plus un soignant. Ne plus exercer son libre arbitre dans la rencontre singulière, c’est se soumettre à une autorité bureaucratique.
Nous réaffirmons la nécessité d’un engagement fort de l’État par un débat préalable à la promulgation d’une loi cadre pour la refondation de la psychiatrie de secteur et les moyens de la mettre en œuvre avec les professionnels, qu’il s’agit de former à la complexité, et avec les usagers qui sont aujourd’hui partie prenante, pour une psychiatrie fondée sur l’hospitalité et non sur la ségrégation et le formatage.L’empêchement de penser, donc de créer, pour les patients, pour les professionnels, et pour les familles, est une atteinte à la démocratie et à la culture.
C’est pour cela que nous tous ici réunis appelons à un autre plan Autisme, au retrait de la recommandation de l’HAS sur l’autisme et à la remise en cause de cette HAS Là !

L’enfant qui s’est arrêté au seuil du langage, H. Rey-Flaud

11-11-2008

Henri Rey-Flaud : « L’enfant qui s’est arrêté au seuil du langage, Comprendre l’autisme » (Editions Flammarion, Département Aubier, Coll. « La psychanalyse prise au mot »)

 » Entre 1943, l’année où le pédopsychiatre américain Léo Kanner publie un article qui, en reconnaissant cette pathologie spécifique, marquait la naissance de l’autisme et le livre récent et passionnant de Henri Rey-Flaud « L’enfant qui s’est arrêté au seuil du langage », une lente évolution amplement nourrie par les travaux persévérants de la psychanalyse, a permis de mieux « comprendre l’autisme ». Et surtout de ne plus le tenir comme une affection « d’origine organique irréversible » mais au contraire comme une halte, un arrêt sur image décrivant, avec « sa cohérence et sa logique propres » nous dit l’auteur, une attente destinée à « relancer la rencontre avec l’autre » qui a fait initialement défaut. Là où chez les autres tout-petits, l’entourage maternel ou parental prodigue les éléments nécessaires à l’étayage des émotions et des excitations par le langage, l’autiste doit faire face à un vide sidéral, un immense « trou noir » pour reprendre l’expression de Frances Tustin, dont il tente de se protéger dans une « solitude » qui laisse le corps physique au seul contact du réel.

A tous les sceptiques – encore nombreux – sur les capacités de l’analyse à saisir et agir sur les phénomènes de l’autisme, cette étude, résultat d’un long et patient travail de cet enseignant de la psychanalyse à l’Université Paul Valéry de Montpellier, apportera des réponses fondées sur des faits cliniques qu’il sera très difficile d’ignorer. Dans une perspective scientifique dont le père de la psychanalyse se serait probablement réjoui, l’auteur multiplie les approches et les références afin de ne laisser aucune piste, aucune théorie en dehors de sa réflexion. Tout en conservant un inimitable style humain, quasi poétique parfois dans le récit de cas – la poésie où tout fait sens – , ce qui autorise n’importe quel lecteur à s’imprégner aisément des éléments cliniques.

Mais tous ces développements convergent finalement vers une seule et même conclusion : la « stupeur induite » pour reprendre l’expression de Donald Meltzer, celle à même de surprendre tout thérapeute par cette « absence paradoxale d’émotions face aux atteintes du monde » tout en manifestant une indicible terreur interne, ce « défaut dans le branchement de l’appareillage symbolique », d’où le besoin de certains autistes de prendre le bras prothétique de l’autre pour accomplir des gestes très simples comme appuyer sur un interrupteur ou ouvrir une porte, bref tous ces « symptômes » égrenés par Henri Rey-Flaud au fil des pages en de bouleversants témoignages, puisent leur origine dans le défaut du soutien maternel, dans un regard absent, dans une parole restée silencieuse qui conduisent l’enfant autiste, rendu incapable d’en métaboliser la perte, à s’arrêter à la jouissance de la chose première. Seule demeure la peur d’être anéanti, au point de s’effacer au profit d’un autre en lui-même, attribuant à cet autre la finalité illusoire d’une rencontre. D’où le fil conducteur de l’ouvrage : l’impérieuse nécessité de comprendre le moment où déclic censé présider aux premiers échanges, a raté.

Dans cette attente, l’autiste commence une « vie » entièrement tournée vers l’intériorité qu’illustre une étonnante sensibilité difficilement repérable aux domaines artistiques mais où chiffrages mathématiques, lettres reformulées dans un « métalangage » et notes musicales viennent en lieu et place des idées comme un support verrouillé, compris de lui seul et donc non menaçant. Et l’auteur de citer Leibniz qui évoque à ce sujet « une sensibilité de l’âme à l’harmonie ». Avec ce sentiment de barrière invisible qui sépare les autistes du reste du monde.

Parmi les plus belles pages de l’ouvrage, on mentionnera entre autres, celles qui évoquent le babil du tout petit, ce « gazouillis » qui dit « oui à la perte » pour accepter en quelque sorte de franchir l’étape suivante, rejoignant par un emprunt philosophique de l’auteur, le principe chinois du « qi », expulsion du souffle vital qui traduit à la fois la « réception et l’acceptation du monde ». Un livre d’une immense sensibilité, dédié à l’ensemble des parents et soignants qui accompagnent l’enfant autiste. Un témoignage qui fera assurément date dans l’histoire de la psychanalyse « .

Nice, le 1er novembre 2008 – Jean-Luc Vannier

L’autisme n’est pas une fatalité

Dans Libération du samedi 12 avril 2008, Jacqueline Berger, journaliste, auteur de «Sortir de l’autisme» (Buchet-Chastel), est interviewée par Anne Diatkine sur son livre, © Libération.

Extraits :

« Paradoxalement, s’il y a un répit dans les blessures narcissiques constantes qu’inflige le regard des autres, j’en ai plutôt fait l’expérience en parlant avec des psychanalystes. Je n’ai jamais eu le sentiment que l’enjeu était de reconnaître sa responsabilité ou de s’en disculper. La psychanalyse a mauvaise presse entre autres parce que ses résultats ne sont pas évaluables, mais elle est l’un des rares lieux où les parents d’enfants «différents» ne sont pas devant un tribunal ». (…)

« J’ai la conviction que les «fous» qui sont de nouveau relégués, cachés et parfois maltraités comme au début du siècle dernier, ont beaucoup à nous apprendre. Ne serait-ce qu’il y a trente ans, la pensée était en ébullition à son contact ». (…)

« Tout le monde ne fait pas le même travail et n’a pas la même fonction, mais malgré le peu de formation, des jeunes gens en errance se révèlent des interlocuteurs précieux, à condition que la relation s’inscrive dans la durée et qu’eux aussi trouvent leur place. La vie des parents d’enfants exclus est faite de bricolage ». (…)

« C’est très bien d’être ému, mais comment remettre de la pensée là où il n’y a plus que des larmes ? Les enfants autistiques ne demandent pas à être plaints. Ils ont beaucoup à nous apprendre sur le langage, comment il s’installe ou non, sur son peu d’évidence. Ils sont au cœur des interrogations sur l’existence et sur comment le petit humain se développe ». (…)

« Les psychiatres qui ont une formation analytique se raréfient. Les comportementalistes vous expliquent comment faire disparaître le symptôme de votre enfant en quelques semaines. Or, il y a de fortes chances que ce symptôme réapparaisse sous une autre forme. Je préfère penser que les productions de crise ont un sens ». (…)

à lire avec profit : http://www.squiggle.be/content/sortir-de-lautisme-jacqueline-berger