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Daily Archives: 22 octobre, 2010

Nietzsche s’essaie aux techniques de dompteur des TCC !

Lire Irvin Yalom est jubilatoire !

Par exemple, le passage que je vous cite en bas de ce post. Lou salomé a demandé à Joseph Breuer de soigner Friedrich Nietzsche alors que la psychanalyse n’est pas encore inventée. La situation s’inverse quand finalement Nietzsche prend la thérapie de Breuer en main.

Las ! En bon débutant qui se respecte, Nietzsche n’invente d’abord qu’un comportementalisme de base dont vous pouvez vous faire une idée dans l’extrait en bas de ce post. Notre chère TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale) en est la digne héritière. Quelle poilade !

Je laisse la parole à Breuer qui raconte une séance de sa thérapie avec Nietzsche.

«Extrait des notes du Dr Breuer sur Friedrich Nietzsche

… Aujourd’hui il m’a demandé d’imaginer Bertha en bébé qui aurait fait dans ses couches, puis moi lui disant comme elle est belle alors qu’elle me regarde en louchant et en se tordant le cou.

. . . Aujourd’hui il m’a recommandé de mettre un kreuzer dans mon soulier chaque fois que je pense à Bertha, et de marcher toute la journée avec. Mais où trouve-t-il donc toutes ces idées? Il semble en avoir des milliers!

… hurler « Non! » et me pincer, recenser tous mes fan­tasmes dans un carnet, marcher avec des pièces de monnaie dans mes chaussures, donner de l’argent à Schonerer[1] … me punir pour m’être laissé ronger par le tourment. Pure folie!

J’ai entendu que l’on apprenait aux ours à danser et à se tenir debout sur deux pattes en chauffant les pavés du sol sous eux. Y a-t-il une grande différence entre cette méthode et la sienne? Il essaie de modeler mon esprit à coups de petites punitions intelligentes.

Mais je ne suis pas un ours, et mon esprit est trop fin pour se plier à des techniques de dompteur. Tous ces efforts sont vains – et dégradants!

Pourtant je ne peux pas lui en vouloir. C’est moi qui lui ai demandé d’aborder mes symptômes de front. Il veut me faire plaisir; mais son cœur n’y est pas. Il n’a eu de cesse de rappeler que l’accomplissement était plus important que la consolation.

Il doit bien y avoir une autre voie »,

Et Nietzsche a pleuré, Irvin Yalom, Le livre de poche, Galaade éditions, 31760, 1992, p. 348


[1] – antisémite notoire

Le roman familial des névrosés par Sigmund Freud

(1909) [1]

Que l’individu au cours de sa croissance se détache de l’autorité de ses parents, c’est un des effets les plus nécessaires mais aussi les plus douloureux du développement. Il est tout à fait nécessaire que ce détachement s’accomplisse et l’on peut admettre que chaque être humain ayant évolué normalement l’a, dans une certaine mesure, réalisé. En vérité, le progrès de la société repose d’une façon générale sur cette opposition des deux générations. D’un autre côté, il est une classe de névrosés dont on peut reconnaître que l’état est conditionné par le fait qu’ils ont échoué dans cette tâche. Read more »