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Category: Infos, évènements et activités

La web thérapie en Irak

LE MONDE | 12.01.09 | 13h47 • Mis à jour le 12.01.09 | 17h03
BERLIN CORRESPONDANCE

eigneur, que suis-je donc en train de vivre ? Reverrai-je seulement un jour ma famille ? J’imagine mon propre cadavre jeté au milieu de nulle part. Je sais trop la douleur que je vais causer aux miens. Et je pleure… Humilié, terrorisé, sans espoir d’être secouru. » C’était il y a deux ans. N., 24 ans au moment des faits, travaillait alors comme consultant pour une société de transport à Bagdad, quand un gang d’hommes armés a fait irruption dans les bureaux de l’entreprise… La suite, il n’a jamais réussi à la raconter à quiconque.

Assis devant l’écran d’ordinateur d’un café Internet, téléguidé par un « web-thérapeute », le jeune Bagdadi s’y est finalement résolu. La violence des coups qu’il a reçus pendant son kidnapping, le pistolet qu’on lui a placé sur la tempe, les exécutions dont il fut témoin ont déjà fait l’objet de deux précédents mails. L’exercice a ensuite consisté à se focaliser sur son ressenti.

« Cette étape est la plus périlleuse. Les patients doivent s’efforcer de décrire dans le détail ce dont ils peuvent à peine se souvenir sans défaillir. A ce stade, nombre d’entre eux veulent laisser tomber », explique la psychologue Christine Knaevelsrud, initiatrice, en partenariat avec l’université de Zurich, du programme « Interapy », lancé au printemps 2008 par le Centre de traitement des victimes de torture (BZFO) de Berlin. « A ceux qui craquent, nous disons que cette confrontation est nécessaire, afin qu’un jour ils puissent reprendre le contrôle sur leur traumatisme », poursuit la directrice du département recherche du BZFO, qui, fondé en 1992, compte aujourd’hui dans le monde de nombreuses antennes, financées par l’Union européenne et l’ONU.

Etrange thérapie à distance, où jamais le patient et son psychothérapeute ne se rencontrent, où aucun des deux ne sait même à quoi ressemble l’autre, quel est le timbre de sa voix. « C’est pourtant la solution la plus adéquate pour venir en aide aux Irakiens », insiste Mme Knaevelsrud, qui rappelle que les psychothérapeutes se comptent littéralement sur les doigts de la main aujourd’hui en Irak : « Tous ont fui le pays. »

Témoins ou victimes d’attentats, d’exécutions, d’enlèvements, de viols…, les quelque 300 Irakiens qui, comme N., sont à ce jour entrés en contact avec l’équipe de web-thérapeutes du BZFO (une douzaine de professionnels des troubles de stress post-traumatiques, tous arabophones et formés à la web-thérapie) ont chacun eu vent du soutien psychologique en ligne gratuit qu’on leur proposait via les médias arabes, auxquels le BZFO a recouru pour se faire connaître : sur Al-Arabiya, CNN ou la BBC en arabe, ils ont pour la première fois entendu parler de ce concept que les pays occidentaux eux-mêmes commencent seulement à découvrir.

Mise au point aux Pays-Bas à la fin des années 1990, la « web-thérapie » ou « thérapie écrite » est aujourd’hui pratiquée en Scandinavie, en Australie, aux Etats-Unis… même si elle est encore loin d’y être systématiquement prise en charge par les sécurités sociales locales.

« Le scepticisme reste fort à son égard : la sacro-sainte relation entre le psy et son patient y paraît inexistante, alors qu’elle n’est que dématérialisée, souligne Christine Knaevelsrud. Pour un certain type de patients, elle n’en est pas moins la forme de thérapie la mieux adaptée. Pour les Irakiens aujourd’hui, elle est même idéale. »

Et ce, pas seulement parce qu’il n’existe pas pour eux d’alternative. Mais aussi parce que le caractère anonyme de la web-thérapie facilite leur prise de parole. Après un questionnaire qui permet de diagnostiquer la nature de leurs troubles, la thérapie, qui dure en moyenne cinq mois, comprend la rédaction de dix mails, dont chacun doit être écrit en 45 minutes, selon un calendrier fixé avec le thérapeute. Dans ce cadre rigoureux, les patients irakiens « sont doublement plus « efficaces » dans la progression de leur travail : l’amélioration de leurs symptômes est deux fois plus significative », constate Christine Knaevelsrud.

Alors que, dans le monde arabe, le sentiment de perte de dignité éprouvé par un individu rejaillit aussitôt sur sa famille ou sa collectivité – ce qui rend toute confidence impossible, de peur d’être stigmatisé -, ou que les pensées suicidaires, condamnées par la religion, y sont inavouables, les web-patients du BZFO, libérés des regards qui seraient portés sur eux, vont droit aux faits. C’est notamment le cas des femmes de plus en plus nombreuses à participer à ce programme fréquenté par 60 % d’hommes, âgés en moyenne de 35 ans, et majoritairement issus de milieux éduqués.

Leurs mots écrits parlent d’ailleurs autant que des mots prononcés, Mme Knaevelsrud en témoigne : « La taille des caractères utilisés, l’agencement des mots sur la page m’ont parfois fait entendre un cri immense qui traversait l’écran de mon ordinateur. »

L’ordinateur, justement, s’il rend possible cette expérience inédite, en marque aussi les limites. « Les Irakiens qui disposent d’un chez eux sont plus que rares, et les cafés Internet ne sont ni légion ni la panacée, au regard de l’intimité requise pour un tel exercice », rappelle Ferhad Ibrahim, politologue spécialiste de l’Irak et ancien enseignant à la Freie Universität de Berlin. Selon lui, un maximum de 2 % à 3 % de la population irakienne a accès au Web. Sans compter que cet accès dépend in fine du courant électrique, très irrégulièrement assuré.

De fait, le nombre de patients touchés par le BZFO en Irak reste dérisoire au regard des besoins. « Mais c’est toujours mieux que de ne rien faire ! », réplique Christine Knaevelsrud, qui, au vu de l’ampleur de la tâche, n’envisage cependant pas pour l’instant d’élargir le champ de l' »Interapy » à d’autres populations, malgré son potentiel d’application énorme dans le monde. L’idéal restant bien sûr l’ouverture sur place d’antennes du BZFO, comme c’est déjà le cas dans le nord – relativement sûr – de l’Irak, à Kirkouk, et bientôt à Erbil et Souleimaniyé. Mais d’ouverture à Bagdad, il n’est pour l’instant pas question.

« Il y a un proverbe qui dit que la balle qui ne te tue pas te rend plus fort », écrit N. à un ami fictif. C’est la troisième et ultime étape de la web-thérapie, celle au cours de laquelle le patient – dont l’écriture s’est, en cours de route, singulièrement clarifiée et structurée – doit adresser une lettre imaginaire à qui il veut, l’essentiel étant qu’il tire un trait symbolique sur le passé.

Depuis qu’il a écrit cette « lettre d’adieu », N. dort mieux, ses angoisses et crises de vertige se sont apaisées. Il l’a tout de même imprimée pour pouvoir la relire, si le besoin s’en faisait sentir. Car, dans un quotidien fait d’insécurité permanente, le moindre incident peut entraîner la rechute. Autant que les difficultés d’accès à Internet, c’est là la plus sérieuse entrave au succès de l' »Interapy ».

Sur Internet : www.ilajnafsy.org.

Lorraine Rossignol

Culture psychiatrique et culture judiciaire : relire Michel Foucault

Colloque international dans le cadre de « Dialogue interculturel : la rencontre des folies »Lundi 15 et mardi 16 septembre 2008 de 9h30 à 18h Grande Halle de la Villette Entrée libre

Prise en charge possible dans le cadre de la formation professionnelle

Contact Association TranSFaire Tél : 01 53 69 08 80 / Fax : 01 53 69 09 99 /info@transfaire.org

Organisé dans le cadre de « 2008 – Année européenne du dialogue interculturel », ce colloque international portera sur la santé mentale en Europe. Dans le contexte des récentes controverses en France et en Europe sur les questions de l’expertise psychiatrique, de la responsabilité pénale des malades mentaux et de la dangerosité dans la société contemporaine, d’éminentes personnalités du monde psychiatrique, judiciaire et philosophique interrogeront ces notions, avec l’œuvre de Michel Foucault comme horizon de réflexion.

LUNDI 15 SEPTEMBRE MATIN FOUCAULT ET LA FOLIE Modération : Martin LEGROS, rédacteur en chef adjoint de Philosophie Magazine Avec Maître Robert BADINTER, Mme Élisabeth ROUDINESCO, M. Colin GORDON, M. Frédéric GROS APRÈS-MIDI LA RENCONTRE DU PSYCHIATRIQUE ET DU JUDICIAIRE : L’EXEMPLE DE L’EXPERTISE Modération : Martin LEGROS Avec Mme Claude FINKELSTEIN et des représentants d’associations européennes d’usagers de la psychiatrie, M. Frédéric CHAUVAUD, Dr. Daniel ZAGURY, Jean DANET MARDI 16 SEPTEMBRE MATIN LA RESPONSABILITÉ PÉNALE DES MALADES MENTAUX Modération : Claude-Olivier DORON (sous réserve) Avec M. Denis SALAS, Juge Edward ORMSTON, Mme Claude FINKELSTEIN, M. Alain BOULAY APRÈS-MIDI LA DANGEROSITÉ : SURVEILLER ET SOIGNER Modération : Martin LEGROS Avec Mme Françoise DIGNEFFE, Dr. Mario COLUCCI, M. Claude-Olivier DORON, M. Le Procureur Général Jean-Olivier VIOUT Laurence Février ponctuera les débats de lectures de textes de Michel Foucault, et présentera, en collaboration avec Brigitte Dujardin, une installation vidéo reprenant les paroles d’usagers et de personnels de santé collectées à l’hôpital de Montfavet. Avec le soutien de la Commission européenne dans le cadre de « 2008 – Année européenne du dialogue interculturel » Télécharger le programme complet >>>> à venir

Culture psychiatrique et culture judiciaire : Pourquoi relire Foucault aujourd’hui ? Depuis le 19ème siècle, par le détour de l’expertise psychiatrique, la psychologie de l’inculpé se retrouve au cœur des débats judiciaires. La justice examine à la fois des actes dont le caractère délictueux doit être établi, et des sujets dont la responsabilité doit être évaluée. Aujourd’hui, la prise en compte accrue du ressenti des victimes et des peurs de la société réinterroge les rapports entre le domaine pénal et le domaine médical. De ces rapports toujours instables et conflictuels, Michel Foucault a fait l’histoire ; une histoire qui vise à déranger nos partages trop évidents, nos certitudes prétendument immémoriales. Si le code pénal a évolué, les questions posées par le philosophe à cette entrée du savoir psychiatrique dans le pouvoir judiciaire restent d’actualité : à quelle légitimité prétend l’expertise psychiatrique ? Jusqu’où la justice doit-elle se préoccuper de la psychologie des individus ? A quelles stratégies répond le suivi socio-judiciaire des malades jugés « dangereux » ? Ces trois questions seront abordées au cours d’un colloque qui ne se propose pas tant de commenter Foucault, que d’utiliser certaines de ses grilles de lecture pour analyser l’inquiétude actuelle des professionnels et des usagers. A l’heure où la santé mentale devient un enjeu de la politique commune européenne, ce colloque se veut international. Mais pourquoi revenir aujourd’hui à une pensée qui a accompagné les combats d’hier, liés à un contexte médical différent, comme ceux de l’antipsychiatrie ? Publié en 1961, L’Histoire de la folie est devenu un ouvrage classique, au risque d’être classé, comme un monument. Sa thèse principale semble aussi connue que contestée. L’actualité éditoriale internationale nous invite cependant à souffler la poussière accumulée. Dans les pays de langue anglaise, ce n’est que l’an dernier que le grand public a pu accéder à la première traduction intégrale de L’Histoire de la folie. A travers le monde, la publication des cours au Collège de France, entamée en France en 1997, a profondément renouvelé notre approche de l’œuvre foucaldienne. Au sein de ce corpus foisonnant, les deux cours consacrés à la psychiatrie (1973-1974 : Le pouvoir psychiatrique et 1974-1975 : Les anormaux) opèrent des déplacements importants par rapport au travail inaugural de 1961. Pour une jeune génération de chercheurs, relire Foucault a d’abord été synonyme de l’entendre pour la première fois. Par ailleurs, le philosophe français a été particulièrement sensible à la dramaturgie de la folie qui a habité notre culture, de Calderon à Artaud. Le lieu même de La Villette nous invite à honorer cet aspect à travers les paroles collectées par Laurence Février, comédienne et metteur en scène, ainsi que l’installation « Dots Obsession » de Yayoi Kusama présentée dans la Grande Halle cet été. Philippe Chevallier Coordinateur scientifique Comité scientifique Philippe Artières, historien, chargé de recherche LAHIC-CNRS Daniel Defert, sociologue, maître de conférences à l’université Paris VIII Claude Finkelstein, présidente de la Fédération Nationale des Associations de Patients et ex-patients en Psychiatrie François Gibault, avocat à la Cour d’appel de Paris Tim Greacen, psychologue, directeur du laboratoire de recherche de l’EPS Maison Blanche Frédéric Gros, philosophe, professeur à l’université Paris XII Jean-Louis Senon, psychiatre, professeur à la Faculté de Médecine, Université de Poitiers En partenariat avec l’association TranSFaire

L’année européenne 2008 est celle du dialogue interculturel. L’objectif est de favoriser les relations entre les cultures existantes et de développer le sentiment d’appartenance à une citoyenneté européenne. « Vivre ensemble la diversité » en est la devise. Pour participer à cette belle opération, vous pouvez consulter le site européen : http://www.dialogue2008.eu/ et le site français : www.dialogue.interculturel.culture.fr


 

Pas assez fou

Trouvé sur Wikipédia sur les jeux paraolympiques d’été de 2000 par bulle de papier :  » L’équipe d’Espagne de basket-ball déficiente intellectuelle a du rendre sa médaille d’or après que le Comité Paralympique Espagnol se fut rendu compte que 10 des 12 joueurs de l’équipe n’avaient aucun handicap mental. Ce scandale a abouti à l’exclusion des handicapés mentaux aux Jeux paralympiques d’Athènes en 2004. Le Comité international paralympique a considéré qu’il était trop difficile de déterminer le niveau de handicap des athlètes déficients intellectuels ».

« Nous sommes tués – il ne faut pas le dire », Hélène Cîxous

Le Monde des livres, 23 05 2008

« Un jour j’ai perdu un fils, perdu de manière perdissime.

Où est-il passé ? Selon moi, je ne pourrai jamais en parler. Mais on ne sait jamais. Les secrets font leur chemin de taupe et ils apparaissent selon leur volonté. Un garçon me hante, il est un des fantômes intérieurs les plus puissants parce qu’il est le plus faible.

Il faut écrire une tombe. Les tombes peuvent mourir. Ressusciter. J’ai ressuscité la tombe de mon père l’année dernière. Après cinquante années, nous nous sommes retrouvés. Etreintes. Ce que mon père m’a dit pendant que je lui caressais la tombe, je ne peux pas le dire. Peut-être un jour si j’arrive à écrire Hamlet.

Un jour j’ai confié à mon ami Jacques Derrida le secret du Livre-que­-je-n’écris-pas. Jacques Derrida est le champion des Secrets. Le Secret par excellence c’est lui, le-livre-que-­je-n’écris-pas. Toute ma vie à ne pas l’écrire. Je n’en pouvais plus. Comment ne pas en parler’? On ne peut en-parler sans-en-parler qu’en en parlant à celui qui est plus moi-même que moi. C’était devenu urgent. Je voulais lui dire : il y a un Livre-que-je-n’écris-pas. C’est lui qui est l’origine et la cause de tous mes livres. Je lui ai tout dit. Il garde le Secret.

« Tu n’écriras pas ce livre », dit le Secret. C’est la loi des lois qui scande ce qui aura été mon œuvre. C’est mon «Tu ne tueras point» paradoxal. La voix de mon Secret est terriblement douce, soyeuse, gris ciel, impérieuse et confiante. Elle m’interdit et me confirme. Elle anticipe. Elle précède et sème. Elle ajoute: c’est ce qui fait que tu écris tous ces livres autres. Jure ! Je jure que je ne l’écrirai jamais. Naturellement je ne pense qu’à ça: à ce Livre, au serment, au parjure. Je vis de ce spectre. Ah! si je pouvais l’écrire. J’ai promis. Le livre-pro­mis, je continuerai à ne-pas-l’écrire. Il m’accompagne, me veille, me tente, me surveille, me survit. C’est l’amant mystique, l’arbre paradisiaque. Je ne renonce pas, c’est-à-dire je ne renonce pas à renoncer. Je le conjure. Je n’ai jamais vu son visage. Je le vois passer. Je le suis. Il m’appelle! Chaque fois que (je) commence un livre, c’est tout de suite déjà un nouvel adieu et un salut au Livre-que-je-n’écrirai-pas. Ce serait le plus beau livre du monde, le plus stupéfiant, le plus impitoyable, le plus innocent. Si je l’écrivais nous serions tués, j’en mourrais. Si je ne l’écris pas j’en mourrai encore longtemps après ma mort

Je pourrai peut-être – Non -­

Une fois que je ne serai plus là pour le garder, le secret ne restera plus secret, c’est une consolation posthume, ce qui n’a pas lieu a autrement lieu. J’aurais tellement voulu être là, dans cent ans, pour voir Ie visage de ce Livre de mes yeux vivants.

Voilà pourquoi je suis à jamais inconsolable. Du moins le jour.

Heureusement il y a les rêves. Je dors dans leur jardin. Tandis que moi je ne sais pas, ils savent tout pour moi, les rêves. Les secrets qu’ils sont, je ne les détiens pas, ils s’interprètent eux-mêmes, je respire dans leur réserve, tout est su, vu, lu, sauvé, ils me jouent des pièces inavouables sous leurs scènes d’aveu. La nuit je vis sous On, je vois en contrebande, je goûte le mal sous le masque, il y a orgie d’aveux et tandis que je reste fidèlement aveugle à travers l’aveu même, je suis toute avouée tout s’avoue, tout m’est avoué sans que rien n’ait jamais échappé à la garde de l’inavouable. Je crois tout ce qu’ils m’arrivent. Comme il fait pur clair et intrépide dans le Vent de la Nuit! Je dis tout ce qu’il ne faut pas dire. Enfin je hais en paix, j’adore comme je veux. Mes morts vivent. J’écris en une demi-heure Le Livre ­que-tu- n’écriras-pas.

Mourir, rêver peut-être ? Je l’espère. J’attends ça. Il doit faire bien Vrai sous la terre ».

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