Avec cette expression, vous indiquez à votre interlocuteur que vous êtes à « haut potentiel », sous-entendu, un « autiste Asperger » qui ne se méconnaît plus !

Mais, aimeriez-vous vraiment savoir quelles sont les racines d’une telle expression ?

« Haut potentiel » ?

Il s’agit d’indiquer vos très bons résultats aux tests de mesure de l’intelligence (le fameux QI). Plus largement, et avec l’extension de la notion d’autisme, vous vous classez dans le groupe des personnes qui se pensent différentes des autres, se considèrent comme très perspicaces et qui font preuve d’aisance dans les domaines tels que les mathématiques ou la logique formelle.

Dans un langage courant plus ancien, vous auriez dit que vous avez « la bosse des maths ». Ou encore, certains vous auraient reproché d’avoir « la grosse tête ». Car, bien sur, vous avez « bossé » la question !

La « bosse » ?

Cela ne vous dit rien ?

Vraiment ?

Certains aliénistes, les anciens psychiatres, ont étudié le crâne de leurs patients, cherchant à en tirer des enseignements. A partir de la forme du crâne, ils estiment pouvoir présumer du caractère de la personne concernée.

Par exemple, si vous avez une bosse sur la tempe à gauche, vous êtes quelqu’un qui a des prédispositions pour les raisonnements mathématiques. Voilà l’origine de la « bosse des maths » !

Sur la base de ces idées, certains ont choisis de se faire plaisir en chatouillant leur petite bosse !

Pensent-ils vraiment que si l’on masse la zone, la qualité y afférente se développe ? Il suffit donc de tirer dessus ? Tel ces garçons impubères qui découvrent leur physiologie en action…..

Mieux vaut en rire !



Mais, cette théorie, en plus d’être totalement fausse, est dangereuse sur le plan moral et politique.

Elle a permis au racisme d’y puiser des arguments qui se voulaient scientifiques. Elle a donné une caution médicale a des politiques de ségrégation et des politiques génocidaires !

De nos jours, cette théorie est vivace. Elle est même d’une sinistre actualité…..

En effet, la façon dont les neuro-sciences explorent le cerveau à coup d’IRM, revient à explorer les zones du cerveau par de nouveaux moyens. Mais, le plan est le même. Si nous localisons la zone de la mémoire, que ce soit par la palpation des bosses ou l’exploration IRM, nous cherchons à objectiver les choses.

Comme le dit Maurice Pringuet pour « la bosse du suicide », ce déterminisme réduit la volonté à une aire cérébrale.

C’est un nouveau genre d’asservissement. C’est dangereux !

Et bien sur, il est hors de question d’adhérer à ce genre de délire !