J’avoue, je voudrais une suite à cette série !

Les fans de Game of throne 1 l’ont appelée de leurs vœux, dans une pétition qui, à ce jour, a déjà reçu plus de un million cinq cent mille signatures.

Mais, je voudrais une suite qui a le sérieux de la psychanalyse, comme le dit Lacan, lors d’une conférence sur le symptôme à Genève en 1975 : « le sérieux de la série…. ».

Si le final de la série Game of throne a déçu, je pense, à la suite de Slavoj Zizek 2, que ce n’est pas seulement à cause d’un effet de fin, de conclusion, mais qu’il s’agit d’un effet de scansion.

Une scansion est un acte, une coupure, elle porte sur un signifiant qui est isolé des autres signifiants de la séance. De ce fait, elle en appelle au sens et à la signification. Les analystes lacaniens en sont coutumiers. Après une scansion, les analysants se demandent ce que cela peut-il bien vouloir dire.

So what ?

Si nous ne voulons pas que cette série s’arrête, je pense que c’est pour une chose bien plus vaste : c’est que nous avons assisté au baiser du siècle !

Des histoires d’amour comme cela, nous en voulons tous les jours !

Mais, Daenerys, la passionnée, l’amoureuse, se fait poignarder dans une longue étreinte mortelle ! Et c’est le point qu’il fallait tenir secret et ne surtout spoiler. Il ne fallait surtout pas dire que l’amour conduit à la mort ! Que l’amour tue ! A quiconque ! Cela choque le sens commun, cela interpelle les fans.

Pour en saisir les causes, il faut bien sûr, remonter à l’épisode précédent. Au moment des choix, Daenerys veut savoir. Est-ce que Jon l’a choisi, elle, par amour ? Ou par sens du devoir ? La désire-t-elle ? Ou ne veut-il que la servir ? C’est la question primordiale.

Rappelez-vous ce couple de maximes déclamé tout au long de la série. « Valar morghulis ! » (Tous les hommes sont mortels !). Qui est un premier jugement universel. A quoi il est d’usage de répondre : « Valar dohaeris ! » ( Tous les hommes servent !). Un deuxième jugement universel qui lui est opposé et qui semble prendre valeur d’injonction pour de nombreux personnages de la série.

Alors, lequel choisir ? Mourir ou servir ? Il s’agit de deux options politiques célèbres et nous concevons que la série soit une vaste réponse à la question.

Daenerys incarne l’alternative. Elle demande à Jon de choisir, entre la mort ou la servitude.

Jon choisit la servitude en raison de la haute idée qu’il se fait de ce que doit être un roi. Quand Daenerys s’écartera de cette idéal en détruisant Port Réal, il la tuera pour continuer à servir le royaume tel qu’il l’entend. La roue du pouvoir continuera à tourner, elle reste intacte. Que le trône de fer fonde sous le feu du dragon n’est qu’un voile qui cache cette vérité. La représentation matérielle de la chose disparaît mais, le système politique demeure. Daenerys a échoué, qui voulait détruire la roue du destin.

Ce qui montre que le choix des réalisateurs de Game of throne est réactionnaire.

Il y a un échange assez cocasse dans le dernier épisode de Game of throne. Quand le mestre Samwell Tarly fait remarquer que tous, chaque habitant de Westeros, pourraient donner leur avis en vue de désigner le roi. Il avance là une idée de la démocratie tellement inconcevable, que l’assemblée s’esclaffe. Tous les maîtres rient, sans exception ! Y compris les auteurs de la série, semble-t-il, la bonne blague que voilà….

Ce choix des réalisateurs est aussi raciste comme le montre Slavoj Zizek. Il est vrai que le point de vue politique défendu par cette série est difficile à discerner, comme le démontre Valérie de saint Do.

Et enfin, il s’agit d’un choix révisionniste car le départ des immaculés vers une île de l’ouest de Westeros est un maquillage de l’histoire des États-Unis. Les nègres qui sont partis de Dakar pour l’Amérique n’étaient pas libres. Ils étaient esclaves, bel et bien !

Quand à Daenerys, elle saisit la réponse de Jon dans l’instant de la voir. Ce qui libère ses tendances destructrices dans toute leur ampleur. De rage, elle brûle tout ce qui se présente devant elle, sans calcul, sans préméditation, sans espoir.

Cette incandescence emporte tout, y compris ce qu’elle a de précieux. Ce qu’elle détient ou ce qu’elle possède. Elle y perd son amie proche qui est décapitée. Elle a déjà perdu deux des dragons dont elle se dit la mère. Ressemblant à Médée : répudiée par Jason, qui tue sa rivale en lui offrant une tunique qui s’enflamme, incendie le palais royal et poignarde ses enfants.

Comme l’a analysé Geneviève Morel 4, elle n’a pas d’autre choix que celui de l’impossible, du réel. Son destin se scelle dans la négation de l’égalité des deux jugements. Ni mourir en aimant comme Jorah Mormont (il aimait Daenerys sans retour. A sa mort, Daenerys embrasse sa dépouille), ni servir la roue du pouvoir en tuant l’amour comme l’a fait Jon Snow. Ce sera mourir et servir. Elle va servir son amour en mourant dans un baiser mortel 5. En cela, l’amour est une forme de suicide 6.

En somme, aimer et servir réellement ! Brûler d’amour !

Voilà le genre de « femme mauvaise » à laquelle Zlavoj Zizek fait allusion. Une femme qui se nourrit d’amour littéralement, quand Daenerys mange le cœur cru du cheval Dothrakis de Kahl Grogo.

Voilà l’amour dont les fans de la série ont du mal à se détacher. Déjà, certains couples recherchent un tel amour et se marient déguisés en Jon Snow et Daenerys 7. Gageons qu’ils ne se préparent pas vraiment des lendemains qui chantent….

Ci-dessous, se trouve une (très mauvaise) traduction de l’interview de Slavoj Zizek dans The independant, parue en mai 2019. Le texte original, en anglais, se trouve placé en dessous de la traduction en français.

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1- Pétition sur change.org : https://www.change.org/p/hbo-remake-game-of-thrones-season-8-with-competent-writers/u/24572094. Les péripéties de chaque personnage de la série se trouvent sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Personnages_de_Game_of_Thrones

2- Zizek Slavoj, « Game of throne, quelle justice ? », The independent, https://www.independent.co.uk/voices/game-thrones-season-8-finale-bran-daenerys-cersei-jon-snow-zizek-revolution-a8923371.html

3- Valérie de saint Do, « Game of Thrones: c’est le pouvoir qui est toxique, non la féminité », https://blogs.mediapart.fr/valerie-de-saint-do/blog/060619/game-thrones-cest-le-pouvoir-qui-est-toxique-non-la-feminite

4- Morel G., « L’objet a, ce qu’est l’enfant dans le désir de l’Autre (…) est la signification incarnée dans le réel par (une) phrase mortelle », « Le suicide est-il un acte ? », Savoirs et clinique, 2004/2 (n° 5), https://www.cairn.info/revue-savoirs-et-cliniques-2004-2-page-11.htm#.

5- quand deux amants de la série se retrouvent dans ce genre d’amour réciproque, ils en meurent. Comme Jame et Cersei Lanister dont Tyrion découvre les dépouilles enlacées sous les briques.

6- Lacan J., « L’amour est une forme de suicide », Les écrits techniques de Freud, séminaire I, leçon du 7 avril 1957, http://efleury.fr/suicidequotidien/2007/11/05/lamour-est-une-forme-de-suicide/

7- https://www.ladepeche.fr/article/2014/07/03/1912274-ils-se-marient-comme-dans-game-of-thrones.html

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Game of Thrones a exploité les craintes de la révolution et des femmes politiques – et, plus que jamais, n’a pas fait mieux. Donc, la justice a prévalu – mais quel genre de justice?

Slavoj Zizek, le 22 05 2019

Article original : https://www.independent.co.uk/voices/game-thrones-season-8-finale-bran-daenerys-cersei-jon-snow-zizek-revolution-a8923371.html

« La dernière saison de Game of Thrones a provoqué le tollé général du public et abouti à une pétition (signée par près d’un million de téléspectateurs indignés) visant à disqualifier la saison entière et à en refaire une nouvelle. La férocité du débat est en soi une preuve que les enjeux idéologiques doivent être élevés.

L’insatisfaction a tourné autour de deux points: mauvais scénario (sous la pression pour mettre rapidement fin à la série, la complexité du récit a été simplifiée), mauvaise psychologie (le passage de Daenerys à «Mad Queen» n’était pas justifié par le développement de son personnage), etc.

L’une des rares voix intelligentes dans le débat a été celle de l’auteur, Stephen King, qui a souligné que l’insatisfaction n’était pas générée par la mauvaise fin, mais par le fait même de la fin. À notre époque de séries qui pourraient en principe durer indéfiniment, l’idée de clôture narrative devient intolérable.

Il est vrai que, dans le dénouement rapide de la série, une logique étrange s’installe, logique qui ne viole pas la psychologie crédible, mais les présupposés narratifs d’une série télévisée. Au cours de la dernière saison, il s’agit simplement de préparer une bataille, un deuil et une destruction après la bataille, ainsi que le combat du combattant lui-même dans son dénuement – bien plus réaliste pour moi que les intrigues mélodramatiques gothiques habituelles.

La saison huit met en scène trois luttes consécutives. Le premier se situe entre l’humanité et ses inhumains «Autres» (l’Armée de la Nuit du Nord dirigée par le Roi de la Nuit); entre les deux principaux groupes d’humains (les pervers Lannisters et la coalition contre eux dirigée par Daenerys et Starks); et le conflit intérieur entre Daenerys et les Starks.

C’est la raison pour laquelle les combats de la saison huit suivent un chemin logique allant d’une opposition externe à la scission intérieure : la défaite de l’inhumaine armée de la Nuit, la défaite de Lannisters et la destruction de King’s Landing; la dernière lutte entre les Starks et les Daenerys – finalement entre les «bonnes» nobles (les Starks) protégeant fidèlement leurs sujets contre les « mauvais » tyrans – et les Daenerys en tant que nouveau type de dirigeant fort, une sorte de bonapartiste progressiste agissant au nom des défavorisés.

Les enjeux du conflit final sont donc les suivants: la révolte contre la tyrannie doit-elle être simplement un combat pour le retour de l’ancienne version plus respectueuse du même ordre hiérarchique, ou doit-elle évoluer vers la recherche d’un nouvel ordre nécessaire ?

La finale associe le rejet d’un changement radical à un vieux motif anti-féministe à l’œuvre à la Wagner. Pour Wagner, rien de plus dégoûtant qu’une femme qui intervient dans la vie politique, animée par le désir de pouvoir. Contrairement aux ambitions masculines, une femme veut le pouvoir afin de promouvoir ses propres intérêts familiaux étroits ou, pire, son caprice personnel, incapable de percevoir la dimension universelle de la politique de l’État.

La même féminité qui, dans le cercle étroit de la vie de famille, constitue le pouvoir de l’amour protecteur, se transforme en une frénésie obscène lorsqu’elle est affichée au niveau des affaires publiques et de l’État. Rappelez-vous le point le plus bas du dialogue de Game of Thrones lorsque Daenerys dit à Jon que s’il ne peut pas l’aimer comme une reine, la peur doit régner – le motif embarrassant et vulgaire d’une femme sexuellement insatisfaite qui éclate en fureur destructrice.

Mais, maintenant, mordons dans notre pomme aigre !

Qu’en est-il des éclats meurtriers de Daenerys?

L’assassinat impitoyable de milliers de citoyens ordinaires à King’s Landing peut-il vraiment être justifié en tant que mesure nécessaire pour la liberté universelle?

À ce stade, nous devrions nous rappeler que le scénario a été écrit par deux hommes.

Daenerys en tant que reine folle est strictement un fantasme masculin. Les critiques avaient donc raison de dire que sa descente dans la folie n’était psychologiquement pas justifiée. La vue de Daenerys avec une expression furieuse, volant sur un dragon et incendiant des maisons et des gens, exprime l’idéologie patriarcale avec sa peur d’une femme politique forte.

Le destin final des femmes leaders dans Game of Thrones correspond à ces coordonnées. Même si la bonne Daenerys gagne et détruit la mauvaise Cersei, le pouvoir la corrompt. Arya (qui les a tous sauvés en tuant à elle seule, le roi de la nuit) disparaît également, naviguant vers l’ouest de l’ouest (comme pour coloniser l’Amérique).

Celle qui reste (en tant que reine du royaume autonome du Nord) est Sansa, un type de femme adorée par le capitalisme d’aujourd’hui : elle combine la douceur féminine et la compréhension avec une bonne dose d’intrigue, et correspond donc parfaitement aux nouveaux rapports de force. Cette marginalisation des femmes est un moment clé de la leçon générale libérale-conservatrice de la finale: il faut que les révolutions tournent mal, elles apportent une nouvelle tyrannie ou, comme le dit Jon à Daenerys :

«Les gens qui vous suivent savent que vous avez fait quelque chose d’impossible. Cela les aidera peut-être à croire qu’il est possible de réaliser d’autres choses impossibles : créer un monde différent du monde merdique qu’ils ont toujours connu. Mais, si vous utilisez des dragons pour fondre des châteaux et brûler des villes, vous n’en serez pas différente ! ».

Par conséquent, Jon tue par amour (sauvant la maudite femme, comme le dit la vieille formule machiste et chauvine), il est le seul agent social de la série à se battre réellement pour quelque chose de nouveau, pour un monde nouveau qui mettrait fin aux vieilles injustices.
Donc, la justice a prévalu – mais quel genre de justice?

Le nouveau roi est Bran: estropié, omniscient, qui ne veut rien – avec l’évocation de la sagesse insipide voulant que les meilleurs dirigeants soient ceux qui ne veulent pas de pouvoir. Un rire dédaigneux s’ensuit lorsqu’un membre de la nouvelle élite propose une sélection plus démocratique du roi.

Et on ne peut s’empêcher de noter que les fidèles les plus radicaux de Daenerys sont plus diversifiés – son commandant militaire est noir – alors que les nouveaux dirigeants sont clairement nordiques blancs. La reine radicale qui voulait plus de liberté pour tous, indépendamment de son statut social et de la race est éliminée, les choses sont ramenées à la normale.

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Game of Thrones tapped into fears of revolution and political women – and left us no better off than before. So justice prevailed – but what kind of justice ?

Slavoj Žižek, le 22 05 2019

Original article: Game of Thrones tapped into fears of revolution and political women – and left us no better off than before

The last season of the Game of Thrones has prompted public outcry and culminated in a petition (signed by almost 1 million outraged viewers) to disqualify the entire season and re-shoot a new one. The ferocity of the debate is in itself a proof that the ideological stakes must be high.

The dissatisfaction turned on a couple of points: bad scenario (under the pressure to quickly end the series, the complexity of the narrative was simplified), bad psychology (Daenerys’ turn to “Mad Queen” was not justified by her character development), etc.

One of the few intelligent voices in the debate was that of the author Stephen King who noted that dissatisfaction was not generated by the bad ending but the fact of the ending itself. In our epoch of series which in principle could go on indefinitely, the idea of narrative closure becomes intolerable.

It is true that, in the series’ swift denouement, a strange logic takes over, a logic that does not violate credible psychology but rather the narrative presuppositions of a TV series. In the last season, it is simply the preparation for a battle, mourning and destruction after the battle, and of the battler itself in all its meaninglessness – much more realistic for me than the usual gothic melodramatic plots.

Season eight stages three consecutive struggles. The first one is between humanity and its inhuman “Others” (the Night Army from the North led by the Night King); between the two main groups of humans (the evil Lannisters and the coalition against them led by Daenerys and Starks); and the inner conflict between Daenerys and the Starks.

This is why the battles in season eight follow a logical path from an external opposition to the inner split: the defeat of the inhuman Night Army, the defeat of Lannisters and the destruction of King’s Landing; the last struggle between the Starks and Daenerys – ultimately between traditional “good” nobility (Starks) faithfully protecting their subjects from bad tyrants, and Daenerys as a new type of a strong leader, a kind of progressive bonapartist acting on behalf of the underprivileged.

The stakes in the final conflict are thus: should the revolt against tyranny be just a fight for the return of the old kinder version of the same hierarchical order, or should it develop into the search for a new order that is needed?

The finale combines the rejection of a radical change with an old anti-feminist motif at work in Wagner. For Wagner, there is nothing more disgusting than a woman who intervenes in political life, driven by the desire for power. In contrast to male ambition, a woman wants power in order to promote her own narrow family interests or, even worse, her personal caprice, incapable as she is of perceiving the universal dimension of state politics.

The same femininity which, within the close circle of family life, is the power of protective love, turns into obscene frenzy when displayed at the level of public and state affairs. Recall the lowest point in the dialogue of Game of Thrones when Daenerys tells Jon that if he cannot love her as a queen then fear should reign – the embarrassing, vulgar motif of a sexually unsatisfied woman who explodes into destructive fury.

But – let’s bite our sour apple now – what about Daenerys’ murderous outbursts? Can the ruthless killing of the thousands of ordinary people in King’s Landing really be justified as a necessary step to universal freedom? At this point, we should remember that the scenario was written by two men.

Daenerys as the Mad Queen is strictly a male fantasy, so the critics were right when they pointed out that her descent into madness was psychologically not justified. The view of Daenerys with mad-furious expression flying on a dragon and burning houses and people expresses patriarchal ideology with its fear of a strong political woman.

The final destiny of the leading women in Game of Thrones fits these coordinates. Even if the good Daenerys wins and destroys the bad Cersei, power corrupts her. Arya (who saved them all by single-handedly killing the Night King) also disappears, sailing to the West of the West (as if to colonise America).

The one who remains (as the queen of the autonomous kingdom of the North) is Sansa, a type of women beloved by today’s capitalism: she combines feminine softness and understanding with a good dose of intrigue, and thus fully fits the new power relations. This marginalisation of women is a key moment of the general liberal-conservative lesson of the finale: revolutions have to go wrong, they bring new tyranny, or, as Jon put it to Daenerys:

“The people who follow you know that you made something impossible happen. Maybe that helps them believe that you can make other impossible things happen: build a world that’s different from the shit one they’ve always known. But if you use dragons to melt castles and burn cities, you’re no different.”

Consequently, Jon kills out of love (saving the cursed woman from herself, as the old male-chauvinist formula says) the only social agent in the series who really fought for something new, for a new world that would put an end to old injustices.

So justice prevailed – but what kind of justice? The new king is Bran: crippled, all-knowing, who wants nothing – with the evocation of the insipid wisdom that the best rulers are those who do not want power. A dismissive laughter that ensues when one of the new elite proposes a more democratic selection of the king tells it all.

And one cannot help but note that those faithful to Daenerys to the end are more diverse – her military commander is black – while the new rulers are clearly white Nordic. The radical queen who wanted more freedom for everyone irrespective of their social standing and race is eliminated, things are brought back to normal.