L’un des souhaits fondamentaux des psychothérapies du bonheur est de vouloir conforter « l’estime de soi ». Si nous échouons dans tel ou tel domaine de notre vie, ce serait parce que nous ne nous en croyons pas capable. Cette idée nous est assénée à longueur de temps par les prosélytes de ces thérapies (la méditation pleine conscience surtout, et aussi les thérapies cognitivo-comportementales en partie).

Or, il se trouve que des fonds publiques importants (des centaines de milliers de dollars) ont été consacré à remonter cette estime de nous-même. Par exemple, dans le domaine de l’éducation en Grande Bretagne.

C’est le sujet du livre de Edgar Cabans et Eva Illouz, traduit de l’anglais par Frédéric Joly, Happycratie, comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, édité chez Premier Parallèle.

Ces auteurs montrent que, après plusieurs programmes de promotion de l’empowerment, « l’encapacitation » (remédiation cognitive), il s’avère que ces opérations sont lamentables !

Ces programmes ont consisté à rétablir l’estime de soi des personnes auxquelles ils se sont adressé, le plus souvent dans les écoles. Le constat est accablant : ces nombreuses tentatives ont échouées  !Un « échec sur toute la ligne ! », p. 110.

Premièrement, l’échec porte sur l’objectif de ces programmes. La (mauvaise) estime de soi n’est pas modifiée par ces programmes coûteux. L’empowerment n’y change rien !

Deuxièmement, ces programmes ont des effets néfastes et délétères. « Ils instillent vulnérabilité et angoisse », p. 108.

Les auteurs développent ces points longuement dans leur livre et donnent toutes les références utiles venant étayer leur convaincante démonstration.

Happycratie est la contraction de deux mots : happy, le bonheur. Et, cratie, le pouvoir.

Car les auteurs montrent que les tenant du bonheur pour tous, promeuvent une idéologie politique dont les effets sociaux, financiers, économiques, institutionnels sont majeur !

Rien de moins que la défense et la promotion du libéralisme !

Quel qu’en soit le prix !