Un pavé de lumière….

Gérad Wacjman avait parlé de l’objet du siècle: avec Jochen Gerz, vient le « monument invisible », « 2146 pierres » (2146 pavés d’une allée sont extraits, gravés chacun au nom d’un cimetière juif disparu, puis remis en place face gravée vers le sol).

Cela permet d’affirmer une absence. La trace étant effacée. Peut-être que cette idée a guidé l’auteur du mémorial des deux tours ?
__________

Wacjman G., « L’objet du siècle« , Verdier, 1999

« Tout le monde devient psychotique à sa façon », Elyn Saks

Elyn Saks est professeur de droit, de psychologie et de psychiatrie à l’USC Gould School of law (Southern California). Elle témoigne et ça percute !images

Son témoignage est visible sur cette page : http://www.ted.com/talks/elyn_saks_seeing_mental_illness.html

Voici quelques citations :

« Tout le monde devient psychotique à sa façon »

« Il n’y a pas « des schizophrènes », il y a des personnes atteintes de schizophrénie. Et ces gens peuvent être votre conjoint, votre enfant, votre voisin, votre ami,votre collègue…. ».

« Les associations libres consistent à assembler des mots qui peuvent sembler très semblables mais qui n’ont pas de sens. Et si les mots se mélangent suffisamment, on appelle ça « une salade de mots ».

« l’esprit schizophrénique n’est pas divisé mais, brisé ».

Continuer la lecture de « « Tout le monde devient psychotique à sa façon », Elyn Saks »

Enro sur Grey’s anatomy et la recherche médicale

Il est très utile de lire Enro sur l’EBM (Evidence Based Medecine, une branche de la recherche médicale qui s’appuie sur les statistiques) vue par Grey’s anatomy, la série TV portant sur le milieu des chirurgiens :

« Le téléspectateur réalise alors en creux que l’exercice de la médecine est autant un art qu’une science ou une technique, autant une activité contingente et subjective que l’application stricte de méthodes dont l’eDr_Dixonfficacité a été rigoureusement démontrée. Cela semble évident ? Et pourtant ! Pendant que la communauté médicale s’écharpe autour de l‘evidence-based medicine (EBM) anglo-saxonne, c’est-à-dire la médecine basée sur les preuves, le patient est ravalé au rang d’une unité statistique plutôt que d’un individu singulier. Pour les partisans de l’EBM, la statistique des essais cliniques randomisés et des méta-analyses fait force de loi et peut importe la cohorte minoritaire, seule compte le résultat de la cohorte majoritaire. Les cas isolés ou allant à l’encontre du courant actuel sont redéfinis en anecdotes, en artefacts ou paradoxes ».

Lire l’article complet de Enro

« Jeux d’enfant », samedi 6 avril 2013 à Lille

14ème COLLOQUE DE L’ALEPH ET DU CP-ALEPH

Samedi 6 avril 2013, à la SKEMA de Lille (Euralille), amphi A

Programme du colloque à télécharger en cliquant iciBulletin d’inscription à télécharger en cliquant ici

 » Explorant l’enfance où se joue l’avenir d’un être humain, la psychanalyse ne pouvait pas négliger ce que Freud appela « l’occupation la plus chère et la plus intense de l’enfant », – le jeu. En 1908, il le met à la base même de « l’activité poétique », issue de celle du fantasme. Tout enfant se comporte, selon lui, comme un poète ; il crée son propre monde. Dans son séminaire Les psychoses, Lacan entérine cette idée que le poète engendre un monde. Par contre, les Mémoires d’un névropathe du Président Schreber ne relèvent pas de la poésie, car leur auteur n’y crée pas un monde à lui, il décrit son aliénation extrême, étant donné qu’il est devenu l’objet de la jouissance de l’Autre. Freud prend, comme d’ailleurs l’enfant lui-même, le jeu très au sérieux : « Il serait alors injuste de dire qu’il ne prend pas ce monde au sérieux; tout au contraire, il prend très au sérieux son jeu, il y emploie de grandes quantités d’affect. Le contraire du jeu n’est pas le sérieux, mais la réalité1 ». Freud a raison d’y rajouter que l’enfant distingue fort bien la réalité et le monde de ses jeux et appuie même souvent son monde sur des objets réels. N’a-t-il pas observé comment son petit-fils Heinerle a su répondre au départ de sa mère et plus précisément à l’alternance de la présence et de l’absence de celle-ci par le jeu d’une bobine où il saluait l’apparition et la disparition de cet objet par deux sons que Freud interpréta comme les mots fort (absent) et da (ici) ?  »

Lire la suite en cliquant sur ce lien

« Le cahier » : soirée cinéma débat

Projection du film suivie d’un débat
Vendredi 8 mars 2013 à 20h00

L’ALEPH et le CP-ALEPH, avant leur colloque « Jeux d’enfant », vous proposent d’assister à la projection, suivie d’un débat, du film iranien de Hana MAKHMALBAF: LE CAHIER

Ce film, sorti en 2007, parle de la vie quotidienne des Afghans de la région de Bâmiyân, où les statues des Bouddhas sont détruites car considérées comme impies. Il montre comment la guerre et la violence du monde des adultes influencent les enfants dans leur vie quotidienne, mais aussi que leurs jeux, s’ils restent des jeux d’enfants, peuvent être ambigus et marqués par la mort qui rode et menace leur existence, particulièrement celle des filles. Pour survivre, faut-il jouer à être morte ou l’être un peu?

Renseignements: ibaldet@aleph-savoirs-et-clinique.org, 06 24 68 26 42 

La soirée se déroulera à l’URIOPPS, centre Vauban

199-201 rue Colbert, immeuble Douai, 5è étage, Lille
Métro: port fluvial
PAF: 8 € – tarif réduit: 4 €

La psychanalyse : ca marche à long-terme !

Il est prouvé que la psychanalyse est un traitement efficace à long-terme.

L’étude de Brett D. Thombs et de ses collaborateurs, du département de psychiatrie de l’université Mc Gill de Montreal, Quebec, Canada, a porté sur l’efficacité de la psychanalyse (psychothérapie psychodynamique à long-terme). Cette étude est publiée dans le prestigieux journal américain de médecine (JAMA). 

Il s’agit d’une méta-analyse, c’est-à-dire de l’analyse des résultats de plusieurs autres études qui sont comparées entre elles. A propos de patients souffrant de troubles complexes comme des troubles de la personnalité, ou des troubles dépressifs et anxieux.

Les résultats de cette étude montrent la supériorité de la psychanalyse aux psychothérapies courtes (c’est-à-dire les thérapies comportementales).

  La conclusion de cette étude est claire et nette : « Il est évident que les psychothérapies psychodynamiques à long-terme sont un traitement efficace pour des troubles mentaux complexes » (« There is evidence that long-term psychodynamic psychothérapy is an effective treatment for complex mental disorders »).

   Référence Brett D. Thombs, Marielle Bassel, Lisa R. Jewett, « Analyzing Effectiveness of Long-term Psychodynamic Psychotherapy », JAMA, 2009, 301(9), 930

Extrait de l’article : http://jama.ama-assn.org/content/301/9/930.1.extract 

 Récapitulons : 

  1. les TCC sont moins efficaces et plus coûteuses que la psychanalyse: https://efleury.fr/les-tcc-sont-inefficaces-et-coteuses/
  2. la psychanalyse a des résultats supérieurs aux thérapies courtes https://efleury.fr/superiorite-de-la-psychanalyse-sur-les-psychotherapies-courtes/
  3. les effets de la psychanalyse sont durables : https://efleury.fr/la-psychanalyse-apporte-des-bienfaits-durables/

______________________________________________

Analyzing Effectiveness of Long-term Psychodynamic Psychotherapy

Brett D. Thombs, PhD, brett.thombs@mcgill.ca; 

Marielle Bassel, BA;

Lisa R. Jewett, BA, Department of Psychiatry, McGill University, Montreal, Quebec, Canada

To the Editor: Drs Leichsenring and Rabung1 reported that long-term psychodynamic psychotherapy (LTPP) is more effective than shorter forms of psychotherapy for complex mental disorders based on a between-group effect size of 1.8 from 7 comparative trials that they meta-analyzed. The authors did not indicate that they were concerned about this and other surprisingly large effect sizes they reported.

Between-group effect sizes can be presented as group differences in terms of standard deviations or as point biserial correlations between group (eg, LTPP vs shorter-term therapies) and treatment effect. They are equivalent and convertible using a formula or tables.2 The authors, however, apparently erroneously calculated within-group pre-post effect sizes and point biserial correlations between group and within-group effect sizes, which is altogether different. It seems that they converted these correlations between group and within-group pre-post effect sizes to produce deviation-based effect sizes that do not appear reasonable.

Psychanalyse du travail : aliénation et jouissance

2 ème journée d’étude organisée par ALEPH et CP-ALEPH

Samedi 19 janvier 2013

CHANGEMENT DE LIEU : la journée se tiendra à l’IAE-Ecole Universitaire de Management, 104 avenue du Peuple Belge à Lille, amphithéâtre 152

Le travail est devenu un thème central de préoccupation : dans la sphère médiatique, politique ou sociale, mais aussi en analyse puisque nombre d’analysants en parlent à longueur de séance. Après la journée Psychanalyse du travail : du symptôme au suicide, organisée en 2011 par l’ALEPH, nous proposons ici de continuer à explorer l’articulation entre travail et psychanalyse, pour dégager en quoi la psychanalyse peut permettre de renouveler la manière d’aborder certaines problématiques liées au travail.
Concept historiquement indissociable du travail, l’aliénation a été abondamment traitée en philosophie, en économie ou en sociologie. Pourtant, la psychanalyse, notamment lacanienne, permet d’éclairer la question de l’aliénation au travail avec subtilité, en prenant au sérieux le fait que travailler mobilise toujours la figure de l’Autre, et en articulant la problématique de l’aliénation à celle de la subjectivation. La subjectivation implique en effet ce moment de choix très particulier que Lacan définit comme un « choix forcé », le vel, opération logique qui détermine l’existence même du sujet parlant et lui permet de vivre, mais n’en est pas moins profondément traumatique parce qu’elle implique une perte irrémédiable et ouvre au manque. Choix forcé, car il impose au sujet d’en passer par les signifiants de l’Autre mais, en soumettant le sujet aux lois de la parole et du langage, détermine aussi les rapports du sujet à son symptôme. Choix dont on ne peut constater les effets que dans l’après-coup.
La clinique psychanalytique montre la part intime mise par chacun dans son travail, et en quoi celui-ci devient souvent un symptôme qui lui est singulier, articulé à sa structure clinique. Chacun souffre de ce symptôme qui pourtant le soutient. Considérer le travail en terme de symptôme implique de prendre en compte, à côté de la souffrance réelle qu’engendre tout symptôme, le plus-de-jouir qu’il produit – le plus-de-jouir étant un terme que Lacan élabore à partir de celui de plus-value chez Marx. La jouissance apparaît ici comme un « envers de la souffrance » auquel il faut prêter particulièrement attention si l’on ne veut pas escamoter ce qui se joue de singulier dans le rapport du sujet au travail. Nous explorerons les liens entre travail, symptôme et jouissance.

Ouvert à tous, participation aux frais 30 euros (10 euros pour les étudiants et les demandeurs d’emploi)

Renseignements : aleph-savoirs-et-clinique.org