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Author: Emmanuel Fleury

le modèle cognitivo-comportemental violemment critiqué aux Etats-Unis comme inefficace, grotesque et quasiment fasciste

Ce n’est pas nouveau, nous le savons depuis bien longtemps en effet, mais cela vaut la peine de le rappeler: “ le modèle cognitivo-comportemental (…) est violemment critiqué aux Etats-Unis comme inefficace, grotesque et quasiment fasciste ” (E. Roudinesco à propos du livre Christopher Lane au sous-titre éloquent : “Comment des comportements normaux deviennent des maladies”).

Commentant ce livre, E. Roudinesco nous éclaire un peu sur les enjeux: rien moins que l’économie de l’industrie pharmaceutique qui sponsorise largement le DSM, un manuel de diagnostic (parfois gracieusement et largement fourni) à l’usage des psychiatres.

Le DSM est un livre dont je me passe très bien tous les jours… Car il ne m’apprends rien sur la clinique, encore moins sur les personnes que je reçois !

Pire, il invente des troubles qui n’existent pas et culpabilise ceux qui ont le malheur de s’y reporter. C’est “ le Manuel 292 maladies imaginaires ”. Ce Manuel, dira un autre, est « un nouveau suspensoir de l’empereur ». Ce sont aussi “ des tableaux sombrement pathologiques, au prix d’oublier que les fous peuvent être vraiment fous ”.

Conclusion: “ Grâce au DSM, nous sommes donc invités à nous considérer comme des malades mentaux, dangereux pour les autres et pour nous-mêmes. Telle est la volonté hygiéniste et sécuritaire de cette grande bible de la psychiatrie moderne ”.

Ci dessous le commentaire de E. Roudinesco sur le livre de C. Lane.

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« Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions », de Christopher Lane : la maladie de la médicalisation

Roudinesco E. dans Le Monde des livres, 05 03 2009

u moment où les psychiatres français s’insurgent contre une politique d’Etat qu’ils jugent contraire à leur éthique, voilà que le modèle cognitivo-comportemental qu’ils contestent et qu’ils regardent comme « américain » est violemment critiqué aux Etats-Unis comme inefficace, grotesque et quasiment fasciste. De l’autre côté de l’Atlantique, cette mise en cause ne vient pas des psychiatres, trop soumis au diktat des laboratoires pharmaceutiques, mais des historiens et des écrivains.

En témoigne le livre de Christopher Lane, qui a été un best-seller en 2007. Prenant l’exemple de la timidité, qui n’est en rien une maladie mais une émotion ordinaire, l’auteur, spécialiste de l’époque victorienne et des cultural studies, dénonce la manière dont le fameux DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) – élaboré par l’American Psychiatric Association (APA), puis adopté dans le monde entier à travers l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – a permis, en une trentaine d’années, de transformer en maladies mentales nos émotions les plus banales, pour le plus grand bonheur d’une industrie pharmaceutique soucieuse de rentabiliser des molécules inutiles : contre la crainte de perdre son travail par temps de crise économique, contre l’angoisse de mourir quand on est atteint d’une maladie mortelle, contre la peur de traverser une autoroute à un endroit dangereux, contre le désir de bien manger parfois avec excès, contre le fait de boire un verre de vin par jour ou d’avoir une vie sexuelle ardente, etc.

Grâce au DSM, nous sommes donc invités à nous considérer comme des malades mentaux, dangereux pour les autres et pour nous-mêmes. Telle est la volonté hygiéniste et sécuritaire de cette grande bible de la psychiatrie moderne.

Ayant eu accès pour la première fois aux archives de l’APA, Lane y a découvert des informations étonnantes sur les différentes révisions de ce « Manuel du Père Ubu », censé définir l’homme nouveau du début du XXIe siècle. Entre 1952 et 1968, les deux premiers DSM étaient axés sur les catégories de la psychanalyse, c’est-à-dire sur une nomenclature des affections psychiques qui correspondait à l’étude de la subjectivité consciente et inconsciente : on y distinguait des normes et des pathologies, des névroses, des psychoses, des dépressions, etc.

Mais, à partir des années 1970, sous la pression des laboratoires et des départements de neurosciences, soucieux de réintégrer la psychiatrie dans la neurologie et de créer une vaste science du cerveau où seraient mélangées des maladies dégénératives et des névroses légères, cette approche dite « dynamique », fondée sur des psychothérapies par la parole, fut contestée sur sa droite pour son absence de scientificité biologique et sur sa gauche pour son incapacité à penser l’évolution des moeurs.

Ainsi, en 1973, comme le rappelle Lane, les homosexuels, groupés en associations, exigèrent de ne plus figurer dans le DSM au titre de malades mentaux : ils furent donc déclassifiés à la suite d’un vote. Mais cette décision n’avait rien de scientifique, même si elle était justifiée, puisque l’homosexualité n’est pas une maladie mentale.

« J’AI HONTE POUR LA PSYCHIATRIE »

En conséquence, il fallut procéder à une nouvelle révision du DSM, d’autant que d’autres catégories de citoyens réclamaient, au contraire des homosexuels, d’être pris en compte dans le Manuel : les traumatisés de guerre notamment, désireux d’être indemnisés sans se soucier de savoir si leur problème relevait ou non d’une maladie mentale. On inventa donc, pour les satisfaire, le « syndrome post-Vietnam », qui fut dûment catalogué comme maladie mentale dans le DSM.

C’est alors que, en 1974, le psychiatre Robert Spitzer, enseignant à l’université Columbia, admirateur de la « bio-énergie » façon Wilhelm Reich, fut pressenti pour diriger la troisième révision du Manuel. Convaincu d’être le prophète d’une révolution neuronale de l’âme, il s’entoura de quatorze comités, composés chacun d’une multitude d’experts. Il effectua alors un retour spectaculaire vers le XIXe siècle, réintroduisant dans le Manuel la classification d’Emil Kraepelin (1856-1926), psychiatre allemand contemporain de Freud, ce qui lui permit de rétablir une analogie pourtant largement dépassée entre troubles mentaux et maladies organiques.

Entre 1980 (DSM-III) et 1987 (DSM-III-révisé), la folle équipe de Spitzer procéda à « un balayage athéorique » du phénomène psychique, substituant à la terminologie de Kraepelin celle des psychologues du conditionnement. Les concepts classiques de la psychiatrie furent alors bannis au profit de la seule notion de trouble (disorder), qui permit de faire entrer dans le Manuel 292 maladies imaginaires.

Dans le DSM-IV, publié en 1994, on en comptabilisait 350 et, pour le futur DSM-V, de nouveaux syndromes (rebaptisés « addictions ») seront ajoutés, tels que l’activité sexuelle libertine, l’apathie, l’amour de la gastronomie ou encore le plaisir de se promener pendant des heures sur Internet : « J’ai honte pour la psychiatrie, dira le psychiatre de renom Robert Waugh. S’il vous plaît, il y a assez de choses ridicules dans la psychiatrie pour ne pas offrir des motifs de moqueries supplémentaires. » Ce Manuel, dira un autre, est « un nouveau suspensoir de l’empereur ».

Après avoir lu ce récit, on se demande qui pourra faire barrage un jour à l’expansion de ces thèses aberrantes, comparables à celles du Docteur Knock, et qui ont pour objectif de faire entrer l’existence ordinaire des hommes dans des tableaux sombrement pathologiques, au prix d’oublier que les fous peuvent être vraiment fous.

Pour l’heure, rien ne permet de dire que la démonstration argumentée et convaincante de Christopher Lane puisse être entendue par les psychiatres soumis aux molécules, et qui continuent de croire aux vertus classificatoires de cet étrange Manuel.


COMMENT LA PSYCHIATRIE ET L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE ONT MÉDICALISÉ NOS ÉMOTIONS (SHYNESS. HOW NORMAL BEHAVIOR BECAME A SICKNESS) de Christopher Lane. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par François Boisivon. Flammarion, 384 p., 26 €.

Mobilisation des médecins américains contre la propagande du DSM

La mobilisation des médecins aux USA croit contre la propagande promue par le DSM.

Les critiques pleuvent drues sur le DSM, le manuel de diagnostic statistique de psychiatrie. Celui-ci apparaît idéologique, infondé, conservateur, normatif et autoritaire, aux médecins américains.
Quand il ne provoque pas la ségrégation des hommes !

Autant de critiques sont-elles raisonnables ?

C’est ce que Christopher Lane affirme depuis des années. En effet, comment ne pas rire des « innovations cliniques » du DSM, autant de concepts dignes de Tartuffe : la « dérégulation de la colère », « le désordre dysphorique prémenstruel » ou encore, le désormais fameux « désordre hypersexuel » !

Lane nous informe que le manuel est tellement scientifique qu’il vient de payer une société de marketing (GYMR) pour améliorer son image désastreuse dans l’opinion des médecins américains. Lane dénonce les mensonges « scientifiques » diffusés lors de la campagne de cette société.

Une pétition contre le DSM est lancée. A signer par tous ceux qui combattent cette propagande coûteuse.

Lane C. : « If you find the PR marketing of DSM-5 distasteful, even disturbing, given such widespread concern about the likely inclusion of “temper dysregulation,” “premenstrual dysphoric disorder” and (in the appendix to the manual) of “hypersexual disorder,” then you’ve just under two weeks to let the APA know. You can, for starters, sign the petition here: ipetitions.com », http://www.psychologytoday.com/blog/side-effects/201206/the-apa-s-pr-problem

Le traitement de l’autisme par la méthode ABA n’est ni efficace, ni scientifique !

Les critiques à l’encontre de la méthode ABA fusent dans le monde pédiatrique, médical et scientifique. La méthode ABA n’y apparaît ni efficace, ni scientifique ! 

La méthode ABA est une méthode cognitivo-comportementale de prise en charge éducative de l’autisme.

D’ailleurs, s’agit-il d’un traitement ou d’une psychothérapie ? Ne serait-ce pas plutôt une méthode d’éducation de l’enfant ?

Il lui est reproché :

– son absence d’efficacité selon l’étude de Spreckley et Boyd  (1)

– l’évaluation de la méthode manque de rigueur scientifique selon l’étude de Zachary Warren (2), ce que les pédiatres américains ont remarqué (3)

– l’absence de preuve des allégations de bons résultats par les promoteurs de la méthode ABA, selon l’étude de l’université Vanderbilt pour l’agence américaine pour la qualité des soins (Agency for Healthcare Research and Quality). Trop peu d’enfants participent à ces études. Donc, leurs résultats n’ont pas de pertinence statistique (4)

Je résume : la méthode ABA n’est pas efficace. Les études qui affirment le contraire ne sont ni pertinentes sur le plan scientifique et statistique, ni convaincantes en ce qui concerne leurs arguments. Elles ne remplissent donc pas les critères scientifiques exigés pour parler de preuve (evidence).

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1- Spreckley, M. ; Boyd R. (2009) « Efficacity of applied behavioral intervention in preschool children with autism … a systematic review and meta analysis », Journal of Pediatrics 154, 3, pp. 338-344, http://www.jpeds.com/article/S0022-3476(08)00777-4/abstract

2- Zachary Warren, http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/04/04/peds.2011-0426.abstract

3- http://efleury.fr/laba-laisse-les-pediatres-americains-sceptiques/

4- « Therapies for children with autism spectrum disorders ». Comparative effectiveness review, n° 26. Autism report for the Agency for Healthcare Researchand Quality, 14-04-2011, http://www.effectivehealthcare.ahrq.gov/ehc/products/106/656/CER26_Autism_Report_04-14-2011.pdf

L'ABA laisse sceptiques les pédiatres américains

L’Association Américaine de Pédiatrie se montre légèrement sceptique quand elle examine l’efficacité des méthodes éducatives intensives de traitement de l’autisme (ABA). 

L’association des pédiatres américains avait déjà pris position pour mettre en garde les familles d’enfants autistes contre « les mythes et les idées fausses  » qui circulent à propos du traitement de l’autisme.

Cette fois-ci, l’association prend position pour nuancer les résultats de la méthode ABA dans le traitement de l’autisme. L’association prend en compte les résultats récents de l’étude de Zachary Warren et de ses collaborateurs dans le Tenesse (2). Il s’agit d’une méta-analyse dans laquelle, les auteurs estiment que 23 des études sur l’efficacité de l’ABA sont mauvaises sur le plan scientifique, et 10 de qualité médiocre. Une seule étude leur parait remplir les critères d’un minimum de sérieux et de rigueur scientifique.

Du coup, l’association des pédiatres prend ses distances sur la prétendue spectaculaire efficacité des méthodes telles que l’ABA dans la prise en charge de l’autisme : « les éléments de preuve n’ont pas fourni de preuve solide en faveur d’une approche d’intervention précoce unique (1) » (« the existing evidence did not provide strong evidence in favor of any single early intervention approach »).

Ces termes euphémiques, assez caractéristiques de l’idéologie de la médecine « basée sur les preuves », indique seulement qu’il n’y a pas d’unanimité au sein de l’association des pédiatres sur l’efficacité de la méthode ABA.

C’est tout. Pas plus, pas moins. Pas de quoi en faire un fromage, quoi !

Avec beaucoup de réalisme, cette association réclame que les prétendus bon résultats de l’ABA soient confirmés par des études plus convaincantes à l’avenir. Il leur faudrait en effet, des recherches plus poussées pour les convaincre.

Les articles concernés :

  1. http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/04/04/peds.2011-0426.abstract
  2. http://www.healthychildren.org/English/news/Pages/Evidence-Review-of-Interventions-for-Autism.aspx?nfstatus=401&nftoken=00000000-0000-0000-0000-000000000000&nfstatusdescription=ERROR%3a+No+local+token

Temple Grandin

Temple Grandin est une autiste qui a révolutionné l’élevage et l’abattage des animaux aux USA.
Vous pouvez consulter sa présentation sur Wikipédia. Elle est l’auteur de plusieurs livres autobiographiques, dont : Ma vie d’autiste, Odile Jacob, 1986. En 2010, un film lui est consacré.

Quand sa mère apprend le diagnostic, elle se lance dans l’apprentissage de la lecture, genre PECS. Sa mère lui montre le panneau « chien » marqué en dessous, « chien », et tente de le lui faire répéter. Temple regarde ailleurs ce qui l’intéresse, les méandres compliqués d’un lustre du plafond. Cette méthode basée sur les images ne peut pas marcher, c’est assez évident. Car, Temple voit déjà tout en images. En quelque sorte, elle est bien plus rapide que la méthode, cela ne peut que l’ennuyer. Comment se concentrer sur une image débile quand on est capable de photographier deux pages d’un livre en un coup d’oeil ? Elle pense en images, elle voit.

Nous comprenons alors la détresse de sa mère. Les faux espoirs induits par les promesses des promoteurs de cette méthode ne viennent-ils pas alimenter cette détresse. Bien évidement, Temple résiste. Bien sûr que sa mère n’y arrivera pas en la gavant d’images. Cela ne donne-t-il pas à sa mère un motif supplémentaire de désespoir ? Non seulement ma fille est différente, mais en plus, cette méthode que tout le monde dit si efficace, ne semble même pas marcher avec elle !

Le psychanalyste est ridicule avec ses interprétations massives, à priori, à l’emporte pièce. Il se trouve inévitablement à côté de la plaque.

Seule sa tante Anne parvient à quelque chose avec elle. Sa tante va juste dans sa direction. Elle accepte ses suggestions, même les plus farfelues comme la machine à câlins. Elle nomme les choses si Temple le demande. Comme lorsque Temple ne sait pas ce qui caractérise sa chambre, sa tante affiche un mot à la porte où il est écrit, « la chambre de Temple ». Et Temple fait le reste !

La psychiatrie n'existe pas ! Jean Oury

« La psychiatrie n’existe pas ! (….) Il n’y a pas la psychanalyse comme ça, dans un casier, la neurologie dans un autre casier, la médecine dans un autre…. c’est pas vrai ! Quand on voit quelqu’un, c’est tout ça à la fois ! »

Jean Oury, citéphilo 2011, Psychiatrie et résistance, « La psychiatrie n’existe pas ! »

Et aussi : « Lacan, il faut le connaître par cœur. C’est comme le guide Michelin quand on veut voyager ! Pour pas se tromper ! C’est pas plus compliqué qu’on croit  »

Le podcast : http://lille1tv.univ-lille1.fr/videos/video.aspx?id=86e411b4-5ba9-4224-b982-ce3020090c5a

 

 

Ne me soignez pas (avec l'ABA), je suis comme ça !

Les autistes du mouvement anti-ABA, plaident pour que l’on abandonne les thérapies comportementales comme ABA ou TEACH, ils souhaitent que l’on tienne compte de leur différence.

Le mouvement anti-ABA ou mouvement « anti-cure » ou encore « Autism Right Mouvement » (mouvement pour les droits des autistes), est animé par les autistes.

Ces mouvements anti-ABA estiment que les méthodes de traitement de l’autisme comme l’ABA ou les ICM (méthodes comportementales intensives), sont « physiquement nuisibles » ou « mentalement nuisibles ». Voire même dangereuses !

Ils s’opposent à ce que le traitement ABA leur soit appliqué: « Ne nous soignez pas, nous ne sommes pas malades ! Nous sommes comme ça ! » (1).

Ces autistes s’opposent aux associations de parents qui sont parfois tournées en dérision. Les autistes leur reprochent en effet, de vouloir trop en faire pour les aider (2).

Vous pouvez obtenir de très nombreux renseignements et comprendre le sens de ces mouvements anti-ABA, en lisant les articles de François Sauvagnat (3) et de Eric Laurent (4). Maria Lucia Martin signale aussi un article assez intéressant, « Fiers d’être autistes » (5). La page Wikipédia est assez complète (6).

L’idée de ces mouvements anti-ABA, c’est que l’autisme est une façon d’être, un mode de réaction à ce qui leur arrive dans la vie. Leur symptôme, en somme, leur permet de se battre à leur façon. Tenter de supprimer ces symptômes, vouloir gommer leurs différences, serait même une grande perte.

L’autisme, un mode de vie ?

Comme l’explique le Pr Baron-Cohen, directeur du centre de recherche sur l’autisme de Cambridge : “ parler d’un « remède à l’autisme » est une approche massue. La crainte est que dans ce processus d’alléger les difficultés, les qualités spéciales – telles que la remarquable attention au détail, et la capacité à sa concentrer pendant de longues périodes en profondeur sur un sujet sans importance – serait perdu. L’autisme est à la fois un handicap et une différence. Nous devons trouver les moyens d’atténuer le handicap, tout en respectant et en valorisant la différence” (7).

C’est la position de James Meyerding, autiste, qui dénonce l’ABA (8). La lecture de son blog est passionnante ! Elle plaide pour la neurodiversité.

Dans un autre registre, Michelle Dawson, autiste, a témoigné au procès Auton. En effet, le gouvernement du Canada avait arrêté le financement du traitement de l’autisme par la méthode ABA. Le tribunal a jugé que cette décision respectait le droit à l’égalité des enfants (9).

Dawson a montré en quoi ce traitement ABA est un « misbehavior ». Elle explique en détail et de façon convaincante, pourquoi la thérapie comportementale n’est ni scientifique, ni morale (10). Très intéressant de se plonger dans la lecture de ses articles !

Les groupes anti-ABA les plus importants sont :

______________________________________________________

  1. http://www.nytimes.com/2004/12/20/health/20autism.html

  2. http://www.guardian.co.uk/society/2007/aug/07/health.medicineandhealth

  3. http://forumdespsychiatres.org/index.php?option=com_content&view=article&id=340:les-tcc-mises–nu-par-franois-sauvagnat&catid=86:psychothrapie&Itemid=33

  4. http://www.lacanquotidien.fr/blog/wp-content/uploads/2012/02/LQ-164.pdf

  5. http://www.scienceshumaines.com/fiers-d-etre-autistes-la-neurodiversite-un-mouvement-polemique_fr_26739.html

  6. http://en.wikipedia.org/wiki/Autism_rights_movement#cite_note-Harmon-5

  7. http://www.guardian.co.uk/society/2007/aug/07/health.medicineandhealth

  8. http://www.planetautism.com/jane/index.html

  9. http://en.wikipedia.org/wiki/Auton_(Guardian_ad_litem_of)_v._British_Columbia_(Attorney_General

  10. http://www.sentex.net/~nexus23/naa_aba.html

Ne me soignez pas (avec l’ABA), je suis comme ça !

Les autistes du mouvement anti-ABA, plaident pour que l’on abandonne les thérapies comportementales comme ABA ou TEACH, ils souhaitent que l’on tienne compte de leur différence.

Le mouvement anti-ABA ou mouvement « anti-cure » ou encore « Autism Right Mouvement » (mouvement pour les droits des autistes), est animé par les autistes.

Ces mouvements anti-ABA estiment que les méthodes de traitement de l’autisme comme l’ABA ou les ICM (méthodes comportementales intensives), sont « physiquement nuisibles » ou « mentalement nuisibles ». Voire même dangereuses !

Ils s’opposent à ce que le traitement ABA leur soit appliqué: « Ne nous soignez pas, nous ne sommes pas malades ! Nous sommes comme ça ! » (1).

Ces autistes s’opposent aux associations de parents qui sont parfois tournées en dérision. Les autistes leur reprochent en effet, de vouloir trop en faire pour les aider (2).

Vous pouvez obtenir de très nombreux renseignements et comprendre le sens de ces mouvements anti-ABA, en lisant les articles de François Sauvagnat (3) et de Eric Laurent (4). Maria Lucia Martin signale aussi un article assez intéressant, « Fiers d’être autistes » (5). La page Wikipédia est assez complète (6).

L’idée de ces mouvements anti-ABA, c’est que l’autisme est une façon d’être, un mode de réaction à ce qui leur arrive dans la vie. Leur symptôme, en somme, leur permet de se battre à leur façon. Tenter de supprimer ces symptômes, vouloir gommer leurs différences, serait même une grande perte.

L’autisme, un mode de vie ?

Comme l’explique le Pr Baron-Cohen, directeur du centre de recherche sur l’autisme de Cambridge : “ parler d’un « remède à l’autisme » est une approche massue. La crainte est que dans ce processus d’alléger les difficultés, les qualités spéciales – telles que la remarquable attention au détail, et la capacité à sa concentrer pendant de longues périodes en profondeur sur un sujet sans importance – serait perdu. L’autisme est à la fois un handicap et une différence. Nous devons trouver les moyens d’atténuer le handicap, tout en respectant et en valorisant la différence” (7).

C’est la position de James Meyerding, autiste, qui dénonce l’ABA (8). La lecture de son blog est passionnante ! Elle plaide pour la neurodiversité.

Dans un autre registre, Michelle Dawson, autiste, a témoigné au procès Auton. En effet, le gouvernement du Canada avait arrêté le financement du traitement de l’autisme par la méthode ABA. Le tribunal a jugé que cette décision respectait le droit à l’égalité des enfants (9).

Dawson a montré en quoi ce traitement ABA est un « misbehavior ». Elle explique en détail et de façon convaincante, pourquoi la thérapie comportementale n’est ni scientifique, ni morale (10). Très intéressant de se plonger dans la lecture de ses articles !

Les groupes anti-ABA les plus importants sont :

______________________________________________________

  1. http://www.nytimes.com/2004/12/20/health/20autism.html

  2. http://www.guardian.co.uk/society/2007/aug/07/health.medicineandhealth

  3. http://forumdespsychiatres.org/index.php?option=com_content&view=article&id=340:les-tcc-mises–nu-par-franois-sauvagnat&catid=86:psychothrapie&Itemid=33

  4. http://www.lacanquotidien.fr/blog/wp-content/uploads/2012/02/LQ-164.pdf

  5. http://www.scienceshumaines.com/fiers-d-etre-autistes-la-neurodiversite-un-mouvement-polemique_fr_26739.html

  6. http://en.wikipedia.org/wiki/Autism_rights_movement#cite_note-Harmon-5

  7. http://www.guardian.co.uk/society/2007/aug/07/health.medicineandhealth

  8. http://www.planetautism.com/jane/index.html

  9. http://en.wikipedia.org/wiki/Auton_(Guardian_ad_litem_of)_v._British_Columbia_(Attorney_General

  10. http://www.sentex.net/~nexus23/naa_aba.html

L'unanimité en faveur des pratiques psychanalytiques dans la prise en charge de l'autisme

L’unanimité pour la pratique de la psychanalyse dans l’accompagnement des personnes autistes et contre la position du député Fasquelle selon qui il faudrait l’abandonner

Ces jours-ci, nous avons l’honneur de prendre connaissance de la proposition de loi de Mr le député Fasquelle Daniel, UMP, maire du Touquet, une station balnéaire du Nord de la France, pour nous expliquer sa « décision mûrement réfléchie » :

1- il faudrait « arrêter » les pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes

2- les prises en charges d’inspiration psychanalytique seraient « déconseillées »

3- elles seraient « unanimement décriées » par les associations de parents

4- il faudrait « abandonner » la psychanalyse elle-même

5- il faudrait « faire interdire » la psychanalyse « sous toutes ses formes » dans le traitement de l’autisme

6- la France serait en retard sur la prise en charge de l’autisme

7- d’autres pays que la France auraient déjà « abandonné » la psychanalyse

8- ces autres pays que la France utiliseraient maintenant les méthodes d’éducation (ABA, PECS, TEACCH, etc…. )

9- donc, il faudrait donc « généraliser » les « méthodes éducatives et comportementales » et « réaffecter les financements existants à ces méthodes »

10- au profit de traitements « opérants »

Cette démonstration est sans doute «mûre », nous en sommes convaincus….

Voici les réactions « unanimes » aux propos du député Fasquelle, à qui il est recommandé de continuer cette « réflexion ». La pratique de la psychanalyse fait l’unanimité en sa faveur dans la prise en charge et l’accompagnement des personnes autistes (les syndicats des psychologues et des psychiatres, les centres ressources autisme ainsi que l’union de défense des personnes handicapées et de leurs familles) :

  1. – Lettre ouverte à Daniel Fasquelles de Mme le député Edwige Antier, UMP

  2. – Le parti communiste français : « Une ingérence totalitaire » 

  3. – L’UNAPEI s’oppose à la proposition de loi de M. Daniel Fasquelle visant à interdire l’accompagnement psychanalytique des personnes autistes, communiqué du 20 01 2012

  4. – communiqué de l’association TEAdir, des pères, des mères et des parents de personnes avec TSA – trouble du spectre de l’autisme

  5. – Le syndicat des psychiatres des hôpitaux , « Projet de loi pour interidre la psychanalyse : à quand un procès en hérésie contre la psychiatrie ? »

  6. – le Syndicat national des psychologues : « Soins psychiques : la liberté est en danger ! »

  7. – la fédération française des psychologues et de psychologie : « Les psychologues dénoncent le projet de loi de D. Fasquelles« 

  8. – communiqué de l’ANCRA (associations des centre ressources autisme) :http://www.autismes.fr/fr/actualites/actualites/communique-ancra-a-proposition-loi-visant-l%E2%80%99arret-pratiques-psychanalytiques-dans-l%E2%80%99accompagnement-personnes-autistes,.html

  9. – « L’autisme grande cause nationale ? », le collectif des 39

  10. – Position de la CIPPA (Coordination internationale entre psychothérapeutes Psychanalystes et membres associés s’occupant de personnes avec Autisme), communiqué du 26 01 2012

  11. – « Nos convictions » par l’institut psychanalytique de l’enfant, lacanquotidien n° 148

  12. – Communiqué de la société psychanalytique de Paris : « Autisme et psychanalyse »

  13. – « Une loi pour interdire la psychanalyse dans l’autisme ?, Pr Jacques Hochmann, Le Monde, 26 01 2012

  14. – « Autisme et psychanalyse », Philippe Grimbert, The Huffington post

  15. – « Storytelling et jugement », Eric Laurent, lacanquotidien n° 142

  16. – Le commentaire de François-Régis Dupond Muzart, le 24 01 2012

  17. – Autisme : trois psys répondent aux accusations du film « Le mur », collectif des 39rue 89

  18. – La page autisme du site Oedipe : http://www.oedipe.org/fr/autisme#body

  19. – Un forum sur le thème de la législation de la prise en charge de l’autisme sur le site Oedipe, à cette adresse

  20. – communiqué de l’ANCRA (associations des centres ressources autisme) :http://www.autismes.fr/fr/actualites/actualites/communique-ancra-a-proposition-loi-visant-l%E2%80%99arret-pratiques-psychanalytiques-dans-l%E2%80%99accompagnement-personnes-autistes,.html

  21. – Bernard Dugué, philosophe, « Autisme et psychanalyse : le député Fasquelle joue au Lyssenko »

  22. – Jean-Claude Maleval, « Ecoutez les autistes ! » 

  23. – CNAPE (convention nationale des associations de protection de l’enfance) : http://efleury.fr/wp-content/uploads/CNAPE-CA-03-02-2012.jpg 

  24. – communiqué de l’appel des 39 : à propos des initiatves actuelles contre la psychanalyse 

  25. – Jean-François Rey, « c’est la psychiatrie qu’on attaque », Le Monde

  26. – Société de l’Information Psychiatrique : communiqué

  27. – éditorial de Charles Melman, ALI, « Au député Fasquelle »: http://www.freud-lacan.com/Champs_specialises/Billets_actualites/Edito_Au_depute_Fasquelle

  28. – Communiqué du Cercle Freudien : http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3238

  29. – Communiqué de l’InterCoPsychos, « on ne saurait imposer par la loi, l’orientation de travail d’un praticien ou d’une institution » : http://intercopsychos.blogvie.com/2012/02/24/autisme-le-communique-du-comite-de-liaison-des-psychologues-clips/

  30. – position du Pr Mottron, « Le pouvoir de l’autisme », http://www.asperger.asn.au/images/pdf_files/articles/changing%20perceptions%20-%20the%20power%20of%20autism.pdf

  31. – Interview de Daniel Karlin par Eric Favereau dans Libération, le 14 02 2012, « Les enfants ne sont pas des chiens savants », http://www.oedipe.org/forum/read.php?6,25681

  32. – Communiqué de Espace analytique, association de formation psychanalytique et de recherches freudiennes, à la Haute Autorité de Santé, http://maurice.villard.pagesperso-orange.fr/ESPANALY.htm

  33. – Roland Gori, le nouveau totalitarisme culturel de la pensée simplificatrice

  34. – conférence de presse au Lutécium, le dimanche 4 mars 2012, Jacques-Alain Miller, autisme et psychanalyse

  35. – Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), « Pour le maintien de pratiques humanistes et diverses auprès des enfants autistes et de toute personne en souffrance », texte du communiqué

  36. – Manifeste pour une pratique humaniste auprès des sujets dits autistes et de leurs familles, http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N21248

  37. Position des CEMEA, Dominique Besnard, http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3499

Et….. rappelez-vous ce qu’en pense Jacqueline Berger : http://efleury.fr/lautisme-nest-pas-une-fatalite/   

Enfin, signez la pétition en ligne en faveur de l’abord clinique de l’autisme



La maltraitance de l'enfant autiste par la méthode ABA

La punition de l’enfant autiste fait bel et bien partie de la méthode ABA. Fessée, choc électrique, son ou odeur désagréable. Ces punitions sont non seulement considérées comme efficaces mais aussi, nécessaires et inévitables. Alors que les punitions comme « dire non » sont inefficaces ou aggravent le comportement contre lequel les auteurs luttent. Une lecture critique de l’ouvrage de Catherine Maurice.

Mon commentaire est une lecture critique d’un extrait de l’ouvrage suivant : Intervention béhaviorale auprès des jeunes enfants autistes, sous la direction de Catherine Maurice, avec Gina Green et Stephen C. Luce, éditions de la Chenelière, De Boeck, Bruxelles, 2006

L’extrait en question peut être consulté en suivant ce lien : http://tinyurl.com/7wrus5r

Les premières recherches destinées à trouver une méthode permettant de modifier le comportement des enfants autistes, en particulier à réduire la fréquence des stéréotypies et des automutilations, ont été réalisée entre 1960 et 1970.

Le fait que ces méthodes puissent « paraître négatives » serait excusable car les recherches réalisées après les années 1970, ne « contiennent guère d’exemples de punition » et que « comme nous ne savions rien sur l’autisme », il était « inutile de songer à modifier le comportement autistique ».

Donc, entre les années 1970 et les années 1970, les punitions ont été utilisées car, de toute façon, leur auteur ne s’attendaient pas à ce qu’elles « modifient » le comportement de l’enfant.

Avec les méthodes arrivées après les années 1970, la punition reçoit une définition plus large, « fonctionnelle ». Il s’agirait de toute méthode susceptible de diminuer la fréquence d’apparition du comportement contre lequel on lutte. Pour intégrer ces méthodes parmi la catégorie des punitions, il faut et il suffit que la fréquence du comportement diminue ensuite. Le terme de « aversif » vient signifier « l’effet sur la personne » qui peut être « nuisible, désagréable ou douloureux » (Lovaas et Favell, 1987). Le stimulus aversif ne sert pas forcément de punition si la fréquence du comportement ne diminue pas ensuite.

Donc, les auteurs prétendent ne plus utiliser la punition, car ce ne serait plus la même punition.

Mais, parmi ces méthodes « fonctionnelles », les « chocs électriques immédiats, la fessée ou l’introduction d’un son, d’une odeur ou d’un goût désagréable » sont bel et bien présents en tant « punition ».

De ce point de vue, il n’y a aucune nouveauté dans la méthode.

Les auteurs constatent que les « châtiments corporels tels que la fessée étaient d’usage plus courant à cette époque » (avant les années1 970). Mais, ils reconnaissent aussi continuer à utiliser la punition.

Le choc électrique est utilisé en raison de se « effets douloureux » mais, il présenterait « l’avantage » que « l’intensité de la douleur peut être contrôlée ».

Les auteurs prétendent que « aujourd’hui, nous n’avons plus besoin des méthodes douloureuses préconisées lors des premières mises en application de certaines interventions aversives ». Toutefois, Lovaas en 1987, note tout de même, après 1970, que « quelques enfants de son groupe expérimental ont été l’objet de punitions corporelles ».

D’ailleurs, « il s’avère parfois nécessaire de préconiser certaines méthodes qui, sur le plan comportemental, sont perçues comme des punitions ».

Enfin, « en de rares occasions, il semble n’exister aucune autre solution que les méthodes de punition ».

Donc, non seulement, les auteurs continuent à pratiquer la punition. Mais encore, ils considèrent que la punition est « nécessaire ». Rien dans leur esprit n’est en place pour les détourner de la punition.

Mais en plus, comme il n’existe « aucune autre solution », les auteurs se sentent obligé à pratiquer la punition.

Mais, puisque le superviseur « a déjà vécu ce genre de situation », que ces méthodes de punition sont misent en place « sous la supervision d’un professionnel » et que cette supervision sera « examinée par au moins deux experts en analyse du comportement travaillant pour une agence qui a accès à un comité des droits de la personne », tout va bien !

Rien à craindre, n’est-ce pas ?

Si le choc électrique est présenté comme « très efficace », la punition comme « dire non » ne semble pas donner les mêmes résultats. « Il est très ardu d’éliminer un comportement pour de bon, tout comme d’administrer une punition avec efficacité, notamment parce qu’elle abouti rarement à un changement durable, peu importe le cadre. En outre, la punitions déclenche parfois un autre comportement perturbateur (Favelle et Greene, 1981 ; Luce et Christian, 1981) ».

Donc, le stimulus aversif aggrave et complique le comportement qu’il est pourtant destiné à diminuer.

De plus, comme les punitions ne sont plus les mêmes qu’en 1970, parce que il y a aussi les punitions fonctionnelles comme « dire non » . Mais, les punitions comme « dire non » ne fonctionnent pas, elle ne diminuent pas la fréquence du comportement. Ou alors elles provoquent un autre comportement. Donc, les nouvelles punitions d’après 1970, ne sont même plus des punitions !

C’est un aveu d’échec. Les punitions « fonctionnelles » comme « dire non », ne fonctionnent pas ou aggravent le comportement. C’est la raison pour laquelle les auteurs en concluent qu’il n’existe « aucune autre solution » que la punition.

Mais, qui parle de maltraitance à enfant ?

On se le demande !

 

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