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Category: Blog

"Nos inquiétudes"

Extrait du documentaire de Judith Du Pasquier
(France, 2003-55mn)
Coproduction : Abacaris Films, ARTE France
Mention spéciale « Témoignages » XXVIIe Festival de Lorquin, 2003

A la pointe de l'actu : le book !

La technologie est sans cesse en train de se renouveler. Les innovations sortent à un rythme éfréné. Pas un mois, sans une nouveauté à aller consommer dare-dare.

Après ipad 2, voici donc book 1 !!!
Ta-ta-ta-ta !!!!


La vidéo a été aimablement relayée par Jean-Michel Salaun sur son bloc-note. Et Salaun nous rappelle quelques-uns des avantages de book :

  • On peut l’acheter de façon anonyme en payant comptant.
  • Il vous appartient.
  • On n’est pas obligé de signer une license qui en restreint l’usage.
  • Son format est connu, aucune technologie propriétaire n’est nécessaire pour le lire.
  • On peut le donner, le prêter ou le vendre à quelqu’un d’autre.
  • On peut concrètement numériser et copier le livre, et c’est même parfois autorisé malgré la propriété intellectuelle.
  • Personne n’a le pouvoir de détruire votre livre.

« Travailler à en mourir », le documentaire

« Travailler à en mourir », Infrarouge, émission du 10 février 2011. Documentaire réalisé par Paul Moreira. Produit par Premières Lignes Télévision rue Charlot Production. Avec la participation de France 2.

Voir la vidéo en cliquant sur ce lien

Documentaire. Réalisé par Paul Moreira. Produit par Premières Lignes Télévision rue Charlot Production. Avec la participation de France 2.

« Qu’est ce qui détruit les hommes dans le monde de l’entreprise ?… Cette question,
nous voulions que ce soit d’abord les salariés qui y répondent. Ceux qui avaient plongé dans la dépression, frôlé le geste ultime du suicide, ceux que le stress avait usés jusqu’à la maladie. Pour remonter aux racines du mal, ce documentaire a raconté l’histoire d’hommes et de femmes qui ont travaillé dans trois secteurs industriels particulièrement pathogènes : la banque, les plateformes téléphoniques et la sidérurgie. Travailler à en mourir montre comment certaines méthodes de travail ont un pouvoir bien plus destructeur que celui de petits chefs aux manières autoritaires. Où l’on découvre que ce sont plus souvent des mécaniques, des technologies, des modes d’organisation, qui rendent malades. Dans le monde de la banque, les concentrations de ces dernières années ont bouleversé les méthodes de management et soumis leurs employés à une pression inconnue jusqu’alors. Les salariés qui ne s’adaptent pas deviennent des perdants. Nous avons rencontré deux d’entre eux : Jean-Marc et Roger. La révolution numérique a libéré des forces créatives mais dans les plateformes téléphoniques, elle a aussi multiplié les capacités de contrôle. Claudia parlait trente secondes de trop en moyenne. Trente secondes qui sont devenues un cauchemar. Contrats à durée déterminée. Intérim. Soustraitance. A la marge des grandes entreprises, les travailleurs précaires sont les premières victimes de la réorganisation du travail. Ils sont ceux sur lesquels
tombent toute la pression de l’urgence. Des dégâts d’autant plus terribles qu’ils sont difficilement repérables. Voire invisibles. Rudy et Jean-Luc était précaires dans la métallurgie. L’un est mort d’arrêt cardiaque après 21 heures de travail, l’autre est dans le coma. Travailler à en mourir explore une zone grise du salariat, un lieu l’angoisse où des logiques nouvelles broient des hommes et des femmes. Plus qu’une enquête, ce film est une dissection. Journalistes Virginie Roels et Sandra Fréquelin ».

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Dossier de France 2

Derrière l’Ukraine et les USA, la France est le troisième pays où les dépressions au travail sont les plus nombreuses. A travers trois secteurs professionnels – la banque, les plateformes téléphoniques, la sidérurgie –, le réalisateur Paul Moreira dissèque ces méthodes de travail, de management, d’organisation au pouvoir destructeur. Devant la caméra, les témoignages d’hommes et de femmes écrasés, usés, brisés par leur vie professionnelle.Travailler à en mourir, un documentaire Infrarouge poignant et alarmant.

« Si je reprends le travail, le soir même, je suis hospitalisé » ; « J’ai fait un malaise dans le magasin parce qu’ils m’ont licenciée » ; « Je préfère mourir que d’y retourner »… Des mots échappés d’un sanglot. Au service de pathologie professionnelle de l’hôpital de Créteil, les salles d’attente ne se désemplissent pas. En quatre ans, les consultations pour souffrance au travail ont même été multipliées par trois. Une augmentation significative, symptomatique d’un mal épidémique qu’aucune étude statistique globale ne permet aujourd’hui de réellement quantifier. Le corps médical alerte. L’actualité (la série de suicides au sein de la société Renault) parle d’elle-même. Pour beaucoup de salariés, l’entreprise est devenue un lieu de souffrance, le travail un univers anxiogène, parfois destructeur. Si le harcèlement au travail a souvent été pointé du doigt, les nouvelles méthodes de travail, d’organisation et de management méritent elles aussi d’être mises en accusation.

Les blessés de la finance
Immersion dans l’univers de la banque où règne le culte de l’objectif, du rendement à tout prix. « J’ai été frappé par l’émergence d’une vocabulaire guerrier, explique Paul Moreira.Dans cette guerre, ceux qui échouent doivent faire face à leur honte ». Ici, pour être efficace, le salarié doit apprendre à devenir agressif, quitte à oublier sa propre nature. Pour l’aider, des stages de motivation au cours desquels il se retrouve spectateur d’un bien étrange folklore : différentes mises en situation professionnelles – succession de saynètes sordides et caricaturales – jouées par les managers de la boîte. Pour Jean-Marc, conseiller en gestion de patrimoine, le message est rude : « On ridiculisait la manière dont j’avais toujours travaillé ». Une dévalorisation professionnelle amplifiée par de nouvelles procédures : communication par écrans interposés, agenda géré à distance… « J’avais l’impression qu’il y avait une espèce de système anonyme qui me broyait et que les hommes ne me reconnaissaient plus ». Et celui qui ne parvenait même plus à s’asseoir à son poste de travail finit par s’ « écrouler » lors d’une visite médicale annuelle. Jean-Marc est déclaré inapte au travail. Définitivement. Au sommet de l’échelle hiérarchique, même pression. Quand on demande à Roger, manager, de « traiter les gens à coups de pieds au cul », l’homme, à bout, est victime d’une crise d’angoisse. Aujourd’hui encore, il se sent incapable de reprendre une activité professionnelle. Pour Michel Francoz, psychiatre, les patients font preuve d’une « hypersensibilité, une hyperémotivité, décrites comme des états de stress post-traumatiques, comme après un attentat, une guerre. On retrouve les mêmes symptômes. »

Sous totale surveillance
Claudia, ex-téléopératrice d’un grand groupe de téléphonie mobile, a frôlé la mort de très près quand elle a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail. « Je ne voulais pas mourir mais m’effacer », confie-t-elle à la caméra de Paul Moreira. Un passage à l’acte alarmant quand on sait qu’une étude médicale a récemment révélé que, dans les centres téléphoniques, un salarié sur trois serait en détresse psychologique. Pour Claudia, tout a commencé à cause d’un dépassement moyen de 30 secondes dans ses temps de communication. « C’est très déstabilisant de se savoir écoutée à n’importe quel moment, quand on sait qu’on est dans le collimateur, la faute se trouve toujours ». Dans une ambiance de total espionnage, la surveillance est permanente : contrôles des ventes en cours, temps de pause chronométrés, communications écoutées par un superviseur… lui-même surveillé à distance !

Les invisibles de la précarité
Les travailleurs précaires sont les premières victimes de la réorganisation du travail. L’un des ouvriers d’une des sociétés de sous-traitance présentes sur les chantiers d’un géant de la sidérurgie à Dunkerque témoigne : « ils gardent les postes stratégiques. Tout ce qui est travail de saleté, de chaleur, poussières, c’est sous-traité. Le matin, l’après-midi, la nuit… C’est des postes supplémentaires quand on est au repos…Quand ils ont besoin, ils appellent (…) Ca me bouffe les nerfs », ajoute-il. Les intérimaires, une population salariale plus flexible, docile aussi, car non syndiquée… Cette flexibilité, Jean-Luc Pruvost en a fait les frais. Victime d’une crise cardiaque, l’homme est plongé dans le coma depuis un an et demi. Un accident survenu alors qu’il était censé être au repos… En attente d’un CDI, l’homme acceptait les heures sans rechigner dans l’espoir de se faire un jour intégrer. C’est chose faite aujourd’hui. Un rêve contraint, un peu tard, par l’inspection du travail…

par Céline Boidin-Lounis

Le livre qui disparait

éditions volumiques sur Vimeo

Freud is not a terrorist !

Nietzsche s’essaie aux techniques de dompteur des TCC !

Lire Irvin Yalom est jubilatoire !

Par exemple, le passage que je vous cite en bas de ce post. Lou salomé a demandé à Joseph Breuer de soigner Friedrich Nietzsche alors que la psychanalyse n’est pas encore inventée. La situation s’inverse quand finalement Nietzsche prend la thérapie de Breuer en main.

Las ! En bon débutant qui se respecte, Nietzsche n’invente d’abord qu’un comportementalisme de base dont vous pouvez vous faire une idée dans l’extrait en bas de ce post. Notre chère TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale) en est la digne héritière. Quelle poilade !

Je laisse la parole à Breuer qui raconte une séance de sa thérapie avec Nietzsche.

«Extrait des notes du Dr Breuer sur Friedrich Nietzsche

… Aujourd’hui il m’a demandé d’imaginer Bertha en bébé qui aurait fait dans ses couches, puis moi lui disant comme elle est belle alors qu’elle me regarde en louchant et en se tordant le cou.

. . . Aujourd’hui il m’a recommandé de mettre un kreuzer dans mon soulier chaque fois que je pense à Bertha, et de marcher toute la journée avec. Mais où trouve-t-il donc toutes ces idées? Il semble en avoir des milliers!

… hurler « Non! » et me pincer, recenser tous mes fan­tasmes dans un carnet, marcher avec des pièces de monnaie dans mes chaussures, donner de l’argent à Schonerer[1] … me punir pour m’être laissé ronger par le tourment. Pure folie!

J’ai entendu que l’on apprenait aux ours à danser et à se tenir debout sur deux pattes en chauffant les pavés du sol sous eux. Y a-t-il une grande différence entre cette méthode et la sienne? Il essaie de modeler mon esprit à coups de petites punitions intelligentes.

Mais je ne suis pas un ours, et mon esprit est trop fin pour se plier à des techniques de dompteur. Tous ces efforts sont vains – et dégradants!

Pourtant je ne peux pas lui en vouloir. C’est moi qui lui ai demandé d’aborder mes symptômes de front. Il veut me faire plaisir; mais son cœur n’y est pas. Il n’a eu de cesse de rappeler que l’accomplissement était plus important que la consolation.

Il doit bien y avoir une autre voie »,

Et Nietzsche a pleuré, Irvin Yalom, Le livre de poche, Galaade éditions, 31760, 1992, p. 348


[1] – antisémite notoire

Le front de lutte au travail : la santé mentale au Canada

Le Canada se prépare à la guerre !

Un rapport récent produit par la commission de la santé mentale au Canada, sous la direction de Martin Shain, juriste, et intitulé « Une bataille juridique tout à fait légitime », démontre que les employeurs sont dans l’obligation juridique de maintenir un environnement de travail « sain » sur le plan psychologique.

Peu à peu se développe le concept de « milieu de travail sain » lancé en 2009 au Canada.

Selon les auteurs, les tribunaux seraient de plus en plus vigilants et « blâment aussi toute inconduite qui pourrait causer un préjudice psychologique. Dans l’ensemble, la valeur des indemnisations monétaires pour ce type de préjudices a augmenté de 700 % au cours des cinq dernières années », souligne Martin Shain.

La psychanalyse pense l’instinct au contraire de le « glorifier »

Marie Bonaparte rappelle une idée fondamentale à propos de la psychanalyse. La psychanalyse tourne le dos au nazisme.

L’une des premières psychanalystes en France, une pionnière à sa façon, s’est exprimée à la mort de Sigmund Freud, le 4 octobre 1939, au moment où la violence explose en Europe. Et elle nous rappelle avec simplicité quelques évidences. Des choses qu’il s’agirait peut-être de ne pas oublier et sur lesquelles Michel Onfray ne semble pas vouloir porter sa haute et claire attention philosophique :

  • Les conquêtes de l’esprit sont plus hautes que les actions de force et de puissance
  • La matière étudiée par la psychanalyse est l’instinct
  • Les instruments de cette étude sont la raison, l’investigation et la connaissance
  • la psychanalyse étudie l’instinct (Freud) au contraire de le « glorifier » (Onfray)

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De la servitude moderne…

« De la servitude volontaire » est un manifeste de Jean-François Brient et Victor León Fuentes, publié en juillet 2009.

Il est disponible sur internet, libre d’accès, sous la forme d’un texte, d’un site et de trois vidéos.

Et surtout, ne perdez pas de temps à faire autre chose avant prendre connaissance de la « Servitude volontaire » !

Le film complet est visible en streaming ci-dessous, ou bien téléchargeable ici

Vous pouvez aussi regarder les bandes annonces

contact : tempsbouleverses@gmail.com

Marie Bonaparte et la sexualité féminine…

lemel.1284712652.jpgMarie Bonaparte a pris une part majeure dans le développement de la psychanalyse en France. Mais, ses théories n’ont pas toutes fait l’unanimité, loin de là ! Si bien que le livre de Lemel est un atout pour comprendre les débats qui ont déchiré les analystes d’avant guerre. En particulier, le conflit qui a opposé Marie Bonaparte, Mélanie Klein et Anne Freud, sur la sexualité féminine.

La sexualité selon Marie Bonaparte

Par Alain Rubens, lexpress, le 22 09 2010, dans un essai remarquable, Alix Lemel éclaire les théories freudiennes sur la sexualité féminine

sur Amazon

« Les 200 clitoris de Marie Bonaparte, voilà qui ne manque pas d’air. En 1924, la princesse Marie Bonaparte (1882-1962) signe un article médical où elle avance, à partir d’un improbable échantillon de deux cents femmes, les raisons purement anatomiques de la frigidité. Le clitoris serait trop éloigné du vagin pour permettre l’orgasme total. La chirurgie fera l’affaire. Un vague délire scientiste ? Marie Bonaparte, c’est l’égérie de la psychanalyse française. De sa rencontre avec Freud à la mort du vieil homme qu’elle a aidé à quitter la Vienne des années noires. Marie aime Jack l’Eventreur, le Vampire de Düsseldorf et les amants louches. Filouterie et armes blanches. C’est une femme volontaire et décidée à n’être point victime.

Dans sa conception inaugurale de la sexualité, Freud ne décrit pas, il légifère. Injonction est faite à la femme d’abandonner le clitoris, simple “pénis vestigial”, pour migrer vers l’orgasme totalement vaginal. C’est donc se placer sous la dépendance du plaisir de l’homme. Le 30 septembre 1925, Marie Bonaparte rencontre Freud, moins comme névrosée que comme femme combattante de l’ordre mâle. Dans ce cabinet feutré où trône le divan, la lutte s’engage contre Freud, le “Grand Exciseur” symbolique. Marie ne cède pas. En 1927, elle se rend en Suisse pour libérer son clitoris, au moyen d’une légère résection. Au total, trois opérations qui ne servent à rien.

Mais la lecture de La lettre volée d’Edgar Poe lui permet de jeter une clarté inattendue sur le passé de Freud. La princesse tient Freud par la barbichette, il n’a jamais admis qu’une femme en prenne à son aise avec la jouissance. Des choses cachées depuis la fondation de la psychanalyse. Un Freud aux abois vacillant sur le dogme vaginal face à une Marie qui ne s’en laisse pas conter. Etrange permutation des rôles. En 1926, devenue l’éminence du mouvement psychanalytique français, la princesse s’est rendue indispensable à un Freud contesté. En 1937, dans l’adieu fait au divan, “Analyse terminée, analyse interminable”, il consigne sa défaite devant le “continent noir”, cette grande énigme de la sexualité féminine. Un livre exceptionnel, lumineux, bien écrit et une critique de haute tenue qui tient la dragée haute à Freud ».

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