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Le blog

Les bracelets de Sarkozy: une alarme contre les passages à l’acte ?

Ecoutez ces témoignages des personnes se rendant à l’hôpital de jour de Reims, vous apprendrez ce qu’ils pensent des positions de Sarkozy sur la psychiatrie. Il s’agit de l’émission de radio Les pieds sur terre sur France culture, du 09 février 2009.

Vous pouvez l’écouter en cliquant plus bas dans le post.

Un patient : « Je ne suis pas dangereux. Je voudrais que ceux qui m’écoutent et qui reconnaissent ma voix, me regardent autrement ».

Sarkozy : « Certains patients hospitalisés sans consentement seront équipé d’un système de signalement électronique qui, si cela se produit, déclenchera une alerte ».

Comme si un programme électronique, le summum de la modernité, la pointe de la science, pouvait « détecter » la plus infime pensée intime des personnes qui seront amenées à porter ces bracelets.

Vous connaissez le film de science fiction Minority report, un policier intervient avant même que le meurtrier sache qu’il va commettre son meurtre. Mais justement, c’est de la science fiction. C’est absolument impossible.

Et pour de multiples raisons.

L’acte se produit à l’extérieur du sujet, en tant que tel, il ne s’inscrit pas dans la pensée au moment où il se produit. Il ne révèle ses effets qu’après-coup. Ses conséquences ne se calculent pas. Le rêve d’un tel bracelet consiste à croire en la possibilité d’un acte prévisible. Avec son histoire de bracelet, Sarkozy veut donner une consistance à ce rêve.

Un bracelet électronique ne mesure ne l’acte, ni la pensée. C’est une sorte de GPS qui permet, à tout casser, de localiser l’endroit où se trouve le bracelet et d’en déduire les mouvements. Il ne dit qu’une chose: tel bracelet, se trouve à tel endroit, à tel moment. Point à la ligne.

Cette technologie est encore bien loin de produire les effets espérés par Sarkozy qui montre en la matière son ignorance et ses fantasmes.

Vouloir développer l’utilisation des bracelets électroniques pour les fous, c’est affirmer l’impératif de l’état français. L’état veut établir une carte de la folie, un mappy de la psychose dangereuse, une géographie en instantané.

L’idée est la suivante. Si le patient est présent au moment où le passage à l’acte se produit, sa localisation équivaut à la preuve de sa culpabilité. Un raisonnement qui existe déjà pour les traces ADN. Si on trouve l’ADN d’une personne sur le lieu du crime, la présomption de culpabilité s’accroit. Sarkozy franchit le pas suivant : il pense même que c’est une preuve.

Le bracelet pour les fous dangereux, c’est croire en l’unité de la preuve, de l’acte et du sujet. C’est une façon de penser que ces trois choses sont identiques et équivalentes. C’est accréditer l’idée que ce lien serait exclusif. Pas de sujet fou sans acte dangereux qui ne soit localisable ni datable.

Il faudrait lui dire, à Sarkozy, que la science fiction n’est pas la réalité !

Quel futur pour les jeunes délinquants ?

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VOIR LA LISTE DES PREMIERS SIGNATAIRES

Cette pétition s’adresse …

  • aux parents, grands-parents, oncles, tantes…  d’enfants et d’adolescents,
  • aux enseignants,  médecins,  professionnels de santé,  psychologues,  magistrats, travailleurs sociaux, avocats… ayant des liens avec des enfants et des adolescents,
  • aux artisans, commerçants, chefs d’entreprises, salariés… ayant des liens avec des apprentis ou de jeunes stagiaires,
  • aux élèves, apprentis, stagiaires, étudiants de plus de 18 ans,
  • aux enfants âgés de plus de 12 ans (s’ils sont en âge d’être pénalement responsables, on peut légitimement penser qu’ils sont aptes à signer une pétition – après accord des parents).

Qui ne s’est pas interrogé, un jour, sur la façon de réagir face à des actes de délinquance commis par des enfants et des adolescents ?

Le législateur souhaite réformer l’ordonnance du 2 février 1945 et nous sommes tous concernés par les débats qui vont s’engager : comment apprendre à un enfant ou à un adolescent le respect de la loi pénale et le respect de l’autre ? A quels engagements sommes-nous prêts, nous les adultes, pour répondre efficacement à la délinquance des jeunes ?… qui peuvent être le fils de notre voisin, l’une de nos élèves, un jeune cousin, notre fils ou petit-fils.

Il est tout à fait légitime que la société exprime ses inquiétudes et fasse entendre ses demandes en terme de sécurité et d’attention portée aux victimes et nous acceptons certaines propositions intéressantes du rapport Varinard.

Mais nous voulons aussi témoigner et faire entendre notre expérience d’hommes et de femmes et pour beaucoup d’entre nous, notre expérience professionnelle, multiple et complémentaire, dans un domaine particulièrement complexe.

Nous voulons que nos parlementaires entendent notre volonté de citoyens d’aborder la question de la délinquance des jeunes autrement que sous le seul angle de la défiance, de l’insécurité et de l’exclusion. Nous voulons témoigner des particularités des actes de délinquance commis par des adolescents et des processus à l’oeuvre pour (ré)apprendre la loi pénale à l’âge où l’enfant et l’adolescent sont en train de construire leur personnalité .

Nous voulons témoigner que contrairement aux idées reçues, la justice apporte déjà, depuis de nombreuses années, des réponses répressives et sévères aux actes de délinquance des jeunes. Pourquoi renforcer toujours plus cette orientation alors que l’actualité ne confirme pas son efficacité ?

Nous refusons les propositions de réforme portant atteinte aux droits de l’enfant et aux engagements internationaux de la France, comme l’enfermement des enfants de 12 ans  (voir responsabilité  pénale, détention, conventions internationales).

Pourquoi juger les adolescents comme s’ils étaient déjà des majeurs  en créant, par exemple, un tribunal correctionnel des mineurs ? Pourquoi même, dans certains cas, les soumettre à des régimes plus sévères que celui des majeurs ?

Nous refusons les propositions de réforme qui banalisent l’enfermement des enfants et des adolescents et qui donnent l’illusion qu’il suffit de punir ou de contraindre pour faire évoluer l’enfant ou l’adolescent …et ses parents.

Pourquoi appauvrir la qualité des décisions du Tribunal pour enfants en réduisant le rôle des représentants de la société civile que sont les assesseurs de ce tribunal ?

Nous refusons les propositions de réforme qui confirment le désengagement de la PJJ et de l’Etat dans la protection de l’enfance en danger et dans les mesures d’accompagnement des jeunes majeurs.  Ce désengagement fait écho à celui qui se manifeste déjà en matière d’éducation, de santé, d’insertion, de logement… . Il renforce  l’illusion que tout est affaire de volonté personnelle et que les difficultés peuvent se traiter indépendamment des fragilités sociales auxquelles sont confrontés certains parents et enfants.

Au-delà même de ces analyses juridiques il faut oser dénoncer l’inefficacité de ces propositions de réforme pour endiguer la récidive. Elles s’appuient sur l’automaticité et l’escalade dans les réponses et ne prennent pas assez en compte l’évolution de l’adolescent qui peut alterner périodes de crise et d’apaisement. Nous proposons des juridictions de la jeunesse, véritablement spécialisées et respectueuses des seuils de maturité que les enfants et les adolescents franchissent progressivement. Nous proposons que la procédure permette d’alterner avec souplesse les mesures d’éducation et de répression, en cohérence avec le parcours de l’adolescent.

Il faut oser dénoncer le « tout pénal » comme seule réponse politique aux violences individuelles ou collectives des jeunes et refuser le dénigrement du travail de lien que tissent, sur le terrain, les citoyens, les élus, les bénévoles et les professionnels qui sont au contact des enfants et des adolescents en grandes difficultés. Nous proposons de réhabiliter le travail associatif, social, éducatif et thérapeutique, comme corollaire fondamental de l’intervention judiciaire.

Il faut oser dénoncer les sommes qui sont consacrées à l’enfermement des enfants et des adolescents  au détriment des mesures de prévention et d’accompagnement éducatif. Nous proposons de les employer à développer les réponses sociales, éducatives et thérapeutiques aujourd’hui menacées, à soutenir l’aide aux familles, à permettre l’accès aux soins des enfants et adolescents en difficultés et à favoriser les réponses innovantes dans tous ces domaines.

Il faut oser dénoncer l’absurdité du « découpage » de l’enfant ou de l’adolescent en mauvais élève, enfant malade, enfant en danger,  mineur délinquant … et le cloisonnement insidieux des services de l’Education Nationale, des Conseils Généraux, de la Santé et de la Justice,  tout comme le projet, parfois évoqué, de créer un juge des enfants pour les enfants en danger et un autre pour les délinquants. Nous proposons de favoriser le travail en réseau des professionnels et des services pour que l’enfant ou l’adolescent en grandes difficultés soit considéré comme un sujet, digne de la mobilisation des adultes et de la société.

Nous voulons contribuer au débat démocratique qui va s’engager au Parlement pour réformer l’ordonnance du 2 février 1945.

Nous lançons cet appel pour que nos parlementaires prennent en compte nos inquiétudes, nos analyses et nos propositions lors de l’adoption de cette réforme qui engagera notre société sur la façon dont elle veut traiter sa jeunesse.

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VOIR LA LISTE DES PREMIERS SIGNATAIRES

Pourquoi B. Maris et G. Dostaler ne lisent-ils pas Lacan ? Pourtant, ils en profiteraient…

B. Maris et G. Dostaler affirment que la notion de « pulsion de mort » freudienne peut rendre compte de la tendance morbide des banquiers à  » croire  » en l’existence irrationnelle de la stabilité du marché de la finance. Ce marché se régulerait tout seul, selon nos chers financiers. Cette couteuse croyance, nos auteurs de « Capitalisme et pulsion de mort  » la rapprochent de la notion freudienne de  » pulsion de mort  » comme JP Tuqoi le rapporte dans sa critique du monde.

Loin d’avoir toujours bien compris ce que Freud a voulu expliquer par sa notion de  » pulsion de mort « , je ne voudrais pas prétendre en épuiser les significations possibles. Il parait en effet très juste, très à propos, d’interroger Freud à ce sujet. Freud n’a-t-il pas révolutionné l’approche de l’obsession pour la sortir du marasme psychologisant de Janet dans lequel plongent naivement nos comportementalistes contemporrains ?

Mais, justement, Lacan a su prolonger la pensée freudienne sur ce point et ce qu’il nous en a expliqué donne un peu de clarté en ce domaine. Souvent, Lacan me permet de croire un peu mieux comprendre l’enseignement freudien.

 » Pulsion de mort  » ?

Voyez le séminaire sur la  » lettre volée  » dans les écrits de Lacan !

« Tu crois agir quand je t’agite au gré des liens dont je noue tes désirs. Ainsi ceux-ci croissent-ils en forces et se multiplient-ils en objets qui te ramènent au morcellement de ton enfance déchirée. Eh bien, c’est là ce qui sera ton festin jusqu’au retour de l’invité de pierre, que je serai pour toi puisque tu m’évoques » (Lacan cite E. Poe).

Avec Lacan,  l’argent, en tant que système symbolique, en tant que système de signes, une longue série de plus et de moins qui s’ajoutent ou se retranchent les uns aux autres, a une vie autonome et indépendante de nos subjectivités. Et pourtant, la  » vie  » de l’argent pèse largement sur nos vies de tous les jours. D’une façon mortelle….

Lacan n’aurait peut-être pas dénié cette image du film Matrix dans laquelle nous pouvons voir le fonctionnement réel du système informatique de la matrice capable de fabriquer et d’alimenter des pépinières de nouveaux nés humains….

Lors de la récente crise financière mondiale, n’a-t-on pas décrié ces mathématiciens des banques, apprentis sorciers des placements virtuels aux effets bien réels sur les retraites de millions d’êtres humains ?

Alors, B. Maris et G. Dostaler semblent prendre la bonne voie quand ils se penchent sur Freud pour mieux interroger l’actualité financière.

Encore un effort et ils pourront en savoir un peu plus avec Lacan !


« Capitalisme et pulsion de mort », de Gilles Dostaler et Bernard Maris : les banquiers sur le divan de Freud

Critique dans Le Monde par JP Tuquoi, le 02.02.09

ccusé d’avoir dérégulé à tout-va pendant dix-huit ans et d’avoir laissé la bride sur le cou aux banquiers, l’ex-président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, auditionné il y a quelques semaines par le Congrès à propos de la crise financière, eut cette phrase étonnante. Sa principale erreur, avoua le banquier des banquiers, a été de « croire que le sens des banquiers de leur propre intérêt était la meilleure protection ».

A quoi obéissent donc les banquiers et, au-delà, les différents acteurs du capitalisme, si ce n’est à leur intérêt ? Sigmund Freud (1856-1939) avait sa réponse : à une « pulsion de mort », écrit-il dans Au-delà du principe de plaisir (1920). A un amour irrationnel de l’argent, répond l’économiste John Maynard Keynes (1883-1946) dans plusieurs de ses écrits.

Les deux explications semblent divergentes. En réalité, elles se rejoignent, et c’est le mérite de Capitalisme et pulsion de mort, le livre érudit de l’économiste Bernard Maris et de l’historien Gilles Dostaler (spécialiste de Keynes), de rapprocher la pensée du père de la psychanalyse et celle de l’économiste britannique.

Freud est convaincu qu’au plus profond de l’individu se niche « l’humaine pulsion d’agression et d’auto-anéantissement ». Celle-ci couve en nous et affronte sans cesse la pulsion de vie qui pousse les individus à s’unir à d’autres pour « assurer la survie de l’espèce ».

Avec Keynes, on change d’angle de vue mais pour arriver, à partir d’autres outils, au même constat. La pulsion de mort, c’est l’amour de l’argent. S’il apaise notre inquiétude, l’argent est aussi « le problème moral de notre temps ». A travers la concurrence entre nations – ferment du capitalisme – ou entre classes sociales, l’argent, écrivent les auteurs du livre, nourrit une « guerre interminable » qui menace la survie de la nature autant que celle de l’homme. Et de citer cette phrase de Keynes : « Nous serions capables d’éteindre le soleil et les étoiles parce qu’ils ne rapportent aucun dividende. »

L’état actuel de la planète confirme, selon les auteurs, le diagnostic de Freud et de Keynes. La mondialisation, loin d’être pacifique, engendre des conflits armés entrevus par Freud lorsqu’il parlait du « narcissisme des petites différences ». Quant à la crise financière, elle est venue confirmer la place excessive prise par l’argent. Keynes souhaitait « l’euthanasie du rentier ». A l’heure où rebondit le débat sur une nouvelle répartition de la valeur ajoutée entre le travail et le capital, le thème redevient d’actualité. Il était temps.

Dostaler G., Maris B., Capitalisme et pulsion de mort, Paris, A. Michel

La commune Paris 19871, Peter Watkins

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War game 1 et 2

Culloden 1

Le forfait psy en entreprise: psychothérapie comportementale à la solde du patron

ASP entreprise est une association de comportementalistes, comme l’indique sa plaquette de présentation qui ne détaille d’ailleurs pas quels sont praticiens psychologues ou psychiatres en exercices. ASP propose un contrat aux entreprises: le « forfait psy ». C’est-à-dire, une convention, établie à l’avance, sur la durée, le tarif et le résultat d’une psychothérapie. Une psychothérapie calibrée selon les besoins de l’entreprise. Des psychothérapeutes à la solde du patron.

En effet, comme le révèle Marie-Joelle Gros dans Libération, après convention avec la direction d’une société, ASP entreprise propose aux salariés un carnet de 10 séances avec un psychothérapeute. Ce psychothérapeute est imposé à l’employé dans la mesure où le psy doit avoir passé un contrat avec la direction de la société, ses coordonnées sont fournies avec le carnet.

Il y avait les centres de vacances Sncf, les hôpitaux psychiatriques mutualistes de la MGEN, etc, nous avons maintenant la psy tarifée au forfait ! Un symptôme moderne du malaise dans les entreprises…

Surtout, il ne faudrait pas penser que le carnet psy engage la responsabilité de l’employeur, c’est le contraire.

Une fois terminé ses dix séances, le salarié se rendant compte que son malaise dans l’entreprise est plus important qu’il ne le croyait est prié de payer de sa poche. Bon vent ! Ce n’est plus le problème de la direction de l’entreprise, cela se dégrade  en un « problème personnel et intime » à l’employé. L’entreprise se dédouane ainsi à peu de frais de sa responsabilité dans la souffrance de ses salariés au travail.

Qui pourra alors reprocher une maltraitance hypocrite à sa direction ? N’aura-t-elle pas eu le soucis de financer le forfait-psy ? N’aura-t-elle eu des égards, certifiés et approuvés par ASP entreprise, pour le bien-être de ses salariés ? N’aura-t-elle pas fait le nécessaire pour soutenir ses salariés ?

 

Les débuts contestés du «ticket psy»

Mise en place par certaines entreprises pour lutter contre le stress au travail, l’initiative est décriée par les praticiens, Le Figaro, 26 01 2009, par Anne Jouan

Le «ticket psy» a été récemment mis en place par ASP, une société qui se présente comme «spécialisée en conseil et expertise dans le développement des conditions de qualité de vie au travail». De quoi s’agit-il ? ASP propose à une dizaine d’entreprises clientes des carnets de «tickets psy» (chaque carnet en contient entre 5 et 10). Un peu sur le modèle des tickets­-repas. Ces derniers sont délivrés aux salariés intéressés par le médecin du travail. «Il s’agit de consultations d’écoute et de conseil, explique Valentine Burzynski, directrice générale d’ASP. Notre objectif est d’offrir des espaces où le salarié peut prendre du recul par rapport à sa situation.»

Sa société revendique une petite centaine de praticiens dans toute la France. Il s’agit pour l’essentiel de psychologues, puis de psychothérapeutes, seuls quelques psychiatres seraient concernés. Ces praticiens sont entièrement rémunérés par ASP, suite à un contrat conclu entre les deux parties, le patient ne donnant au psy que le ticket.

«Un gadget qui donne bonne conscience à l’entreprise»

Du côté des psychologues, on est plutôt sceptique sur la démarche. Le syndicat national de la profession regrette notamment que la liste des praticiens ne soit pas connue. «Avec le ticket-restaurant, on peut manger presque n’importe où, estime son secrétaire général adjoint, Jacques Borgy. Or avec ce ticket-là, les patients ne peuvent pas avoir accès à tous les psychologues, car le choix se fait à partir d’une liste établie par l’entreprise.» Le syndicat déplore également le manque de clarté sur la formation de ces praticiens. La position du Syndicat des psychiatres français est « pour le moins réservée», déplorant, au nom de principes éthiques, que des psychiatres aient adhéré à une démarche comme celle-là assimilée à du «racolage». La mise en place de ce ticket relève de «la psychologisation croissante de la société, comme s’il fallait toujours avoir recours à un psy », regrette Jean-Pierre Capitain, son président, pour qui ce système de tickets s’apparente à «un gadget qui donne bonne conscience à l’entreprise».

Le Conseil de l’ordre des médecins se montre également très critique. «Nous sommes choqués, car la médecine n’est pas un commerce», martèle Pierrick Cressard, président de la section éthique et déontologie de l’Ordre. Ce dernier insiste sur le fait que les contrats signés entre les praticiens et l’ASP n’ont aucune valeur puisqu’ils n’ont pas été enregistrés auprès des conseils départementaux de l’Ordre, comme cela doit être le cas. À cela s’ajoute le fait, toujours selon l’Ordre, que ce n’est pas à une entreprise de choisir un praticien mais bien au patient puisqu’en France le choix du praticien est libre.

Cette polémique entre les différents types de praticiens de la «psy» intervient dans un contexte particulier. Le Conseil de l’ordre et les représentants des syndicats psychiatriques sont en discussion avec le ministère de la Santé pour que le titre de psychothérapeute soit défini par le Conseil d’État, car, estime le conseil, «on ne se dit pas psy comme on se dit diseuse de bonne aventure.» Aujourd’hui en France, les psychiatres ont fait une dizaine d’années d’études de médecine, les psychologues cinq ans à l’université de lettres, alors que les psychothérapeutes n’ont pas de formation spécifique sanctionnée par des diplômes d’État.

 

 

Chaud divan, sur le modèle du Ticket-Restaurant, le Ticket-Psy vient d’être lancé

 

Marie-Joelle Gros, Libération 21 01 2009

«Je peux vous payer en Ticket-psy ?» Après le Ticket-Restaurant, puis le Chèque-Vacances, voici le dernier-né des coupons destinés aux salariés : le Ticket-Psy, qui permet de s’offrir une séance de psychothérapie aux frais de son employeur.

La formule est toute récente. Mais déjà, dans différents domaines d’activités (banque, transports de fonds, informatique…), des entreprises auraient franchi le pas et souscrit un abonnement. L’idée a germé au sein d’un cabinet de prévention des risques psychosociaux, ASP Entreprises, spécialisé dans les problématiques de stress au travail. Mal-être, dépression, la souffrance psychique liée à l’activité professionnelle a cessé d’être tabou en France depuis une quinzaine d’années. Mais, «dès que l’on réfléchit à des solutions, deux visions s’opposent : repenser l’organisation du travail ou soutenir les gens», résume Valentine Burzynski, directrice générale d’ASP Entreprises. Autant sortir de cette polémique et considérer la souffrance au travail en tant que telle, quelle qu’en soit la raison».

Médecine du travail. On ne va pas chercher ses Ticket-Psy à la direction des ressources humaines comme on le fait pour les Ticket-Restaurant. Impératif de confidentialité oblige. C’est à la médecine du travail qu’il faut s’adresser. Les médecins du travail sont souvent en première ligne pour constater les symptômes et expressions d’un mal-être. Mais leur mission n’est pas de proposer un traitement au cas par cas. En outre, les salariés ne sont pas tenus d’attendre leur convocation à la médecine du travail (obligatoire tous les deux ans), mais peuvent demander un carnet de Ticket-Psy dès que le besoin se fait sentir. Les coordonnées des thérapeutes partenaires sont fournies en même temps que les coupons.

Une centaine de psychologues, psychothérapeutes et psychiatres seraient déjà entrés dans le réseau du Ticket-Psy. «Nous les avons recrutés en fonction de leur expérience et de leur connaissance du monde de l’entreprise», explique ASP. A Paris et Lyon, l’offre semble assez dense et un salarié peut se voir proposer plusieurs professionnels et faire son choix. Si le contact passe mal avec l’un, il aura la possibilité de s’adresser à un autre. Ailleurs sur le territoire, ce n’est pas toujours possible. En tout cas pour l’instant.

«Recul». Pour l’entreprise, la valeur d’un ticket est de 100 euros, un montant qui comprend le règlement de la consultation du psy et les frais annexes. Un salarié peut légitimement demander à bénéficier de deux carnets, soit dix séances de psychothérapie. «Ce volume de séances permet de prendre suffisamment de recul», estime ASP. Au bout de dix séances, si le salarié souhaite poursuivre sa psychothérapie, il devra le faire à ses frais. «Le rôle de l’employeur n’est pas de financer la thérapie du salarié, rappelle ASP. Nous préconisons un temps moyen qui permet de soulager des situations professionnelles, mais dès lors que l’on entre dans un travail plus personnel et intime, ce n’est plus la responsabilité de l’employeur.»

Ceux qui ont déjà fait une analyse ou une psychothérapie dans leur vie ne sont a priori pas concernés par ce dispositif. Le Ticket-Psy, qui se veut pratique et gratuit, offre peut-être à certains les moyens de franchir un cap. La question du coût d’une séance de psy est souvent considérée comme un frein à cette démarche. Avec la période de tensions qui s’annonce dans le monde du travail, le Ticket-Psy aura-t-il le temps de trouver son public ?

Ce service est trop neuf pour pouvoir en dresser un bilan. Les langues ne se sont pas encore déliées. On imagine mal un salarié demander à l’occasion de son recrutement si les Tickets-Psy font partie des avantages offerts par l’employeur. «Notre proposition ne laisse pas indifférent», note cependant ASP Entreprise, pour l’instant seule sur ce créneau. Au sein des entreprises, les délégués des comités d’hygiène et de sécurité (CHSCT) l’évoquent dans les négociations.

Depuis la loi de modernisation sociale de 2002, il est fait obligation à l’employeur de s’occuper de la santé physique de ses salariés, mais aussi de leur santé mentale. Il ne s’agit pas de dorloter l’intégralité de ses troupes. On considère qu’en moyenne 5 % des salariés ont besoin d’un soutien psychologique. De quoi convaincre les employeurs que la formule ne leur coûtera pas les yeux de la tête ?

Les insuffisances des quartiers disciplinaires quand au suicide en prison

Le rapport du Dr Albrand est très attendu. Avant cela, le ministère « communique » en forme de bulletin de « victoire »: un bilan « positif » selon lui ! Il veut « humaniser » les quartiers disciplinaires. Mais en quoi le principe des quartiers pourrait-il être humain ?

Suicide en prison : un rapport regrette des « insuffisances »

Alain Salles, Le Monde, 22 01 2009

hargé d’une mission sur le suicide en prison par le cabinet de Rachida Dati, le docteur Louis Albrand estime qu’« il existe des insuffisances dans le dispositif mis en place par l’administration pénitentiaire ». Tout en parlant de « bilan globalement positif », il déplore « l’absence encore trop fréquente de définition d’un véritable plan individualisé de protection active de la personne détenue suicidaire ». Selon lui, le placement sous surveillance spéciale « consiste en fait essentiellement à des rondes supplémentaires qui peuvent se révéler dans certaines situations plus anxiogènes que protectrices ».

Le docteur Albrand a fait ces constats dans un pré-rapport de novembre 2008, dévoilé par Libération du 22 janvier et dont Le Monde a eu connaissance. Il doit remettre la version finale de son rapport à la fin du mois. Le nombre de suicides continue à augmenter, avec 115 morts en 2008 et 14 morts depuis le début de l’année, selon l’Observatoire international des prisons.

MANQUE DE MOYENS ET DE VOLONTÉ

En 2003, le psychiatre Jean-Louis Terra avait fait dix-sept recommandations qui ont commencé à être mises en œuvre par l’administration pénitentiaire. Le nombre de suicides a d’ailleurs baissé en 2006 et 2007.

Mais le docteur Albrand constate que plusieurs recommandations n’ont pas été appliquées. La mise en place d’un recueil d’informations à partir du moment où une personne à comportement suicidaire est placée en garde à vue s’est heurtée à la résistance de la police. L’administration pénitentiaire n’a pas mis en œuvre un placement des détenus suicidaires en cellule sécurisées, pendant soixante-douze heures, plutôt qu’en quartier disciplinaire, faute de moyens et de volonté du personnel. Idem pour une expérience de formation de certains codétenus, une information auprès des médias et une expérimentation de la vidéosurveillance.

Louis Albrand constate que la grille d’évaluation du potentiel suicidaire n’est utilisée que dans 48,7 % des cas. Dans les deux tiers des cas, il n’y a pas de surveillance spéciale avant et après le procès du détenu, notamment en maison d’arrêt, alors que ce sont des moments où il est fragilisé. La suppression des points d’accroche – alors que 95 % des suicides ont lieu par pendaison – n’est réellement effective que dans les nouveaux établissements, car cela « nécessite un budget conséquent ».

Le pré-rapport préconise « une prise en compte plus globale de la personne détenue (ses relations familiales, ses activités, un travail ou une formation qui pourraient l’occuper) ». Il propose aussi de mettre en place un système d’échanges d’informations, « accessibles aussi en dehors des heures ouvrables » pour associer « véritablement » les familles qui pourraient faire part de leurs inquiétudes par le biais d’un numéro vert, par exemple. Il suggère de diminuer le recours au quartier disciplinaire, « en privilégiant des mesures alternatives à la cellule disciplinaire, mais aussi en faisant des quartiers disciplinaires des lieux d’exécution d’une sanction plus humanisée ».

Dans un bilan sur les suicides de 2008, l’administration pénitentiaire indique que 71,56 % des personnes qui se sont suicidées avaient été repérées comme suicidaires : « Pour ces personnes, des mesures spécifiques de suivi ont été mises en place, mais pas forcément un plan de protection complet », reconnaît l’administration pénitentiaire.

Alain Salles

Une expertise collective de l'Inserm sur les tests génétiques

L’Inserm vient de mettre en ligne une expertise collective réalisée à la demande de la Caisse nationale d’assurance maladie, et consacrée aux tests génétiques. Le groupe d’expert qui a effectué ce travail a défini des "principes généraux": ces tests doivent demeurer, sauf exception "des actes de biologie médicale ", réalisés sur "la base d’une prescription" et dans "le cadre d’une approche intégrée comportant la réalisation technique, la pratique du conseil génétique et l’organisation de la prise en charge préventive ou clinique." Les experts soulignent le fait que ces tests peuvent présenter des effets négatifs, "directs lorsqu’il s’agit de discrimination à l’emploi ou à l’assurance ; plus souvent indirects, en raison des effets psychologiques anxiogènes de la connaissance d’un risque de maladie." Selon eux, l’accès des particuliers à ces techniques via Internet pose de "nombreux problèmes éthiques", notamment "la protection de la personne", et "la protection du secret médical."
Reprise information presse du 09 janvier 2009 "Tests génétiques : questions scientifiques, médicales et sociétales"

Agence France Presse, 12/01/2009

Source: Inserm revue de presse du 13 janvier 2009

La web thérapie en Irak

LE MONDE | 12.01.09 | 13h47 • Mis à jour le 12.01.09 | 17h03
BERLIN CORRESPONDANCE

eigneur, que suis-je donc en train de vivre ? Reverrai-je seulement un jour ma famille ? J’imagine mon propre cadavre jeté au milieu de nulle part. Je sais trop la douleur que je vais causer aux miens. Et je pleure… Humilié, terrorisé, sans espoir d’être secouru. » C’était il y a deux ans. N., 24 ans au moment des faits, travaillait alors comme consultant pour une société de transport à Bagdad, quand un gang d’hommes armés a fait irruption dans les bureaux de l’entreprise… La suite, il n’a jamais réussi à la raconter à quiconque.

Assis devant l’écran d’ordinateur d’un café Internet, téléguidé par un « web-thérapeute », le jeune Bagdadi s’y est finalement résolu. La violence des coups qu’il a reçus pendant son kidnapping, le pistolet qu’on lui a placé sur la tempe, les exécutions dont il fut témoin ont déjà fait l’objet de deux précédents mails. L’exercice a ensuite consisté à se focaliser sur son ressenti.

« Cette étape est la plus périlleuse. Les patients doivent s’efforcer de décrire dans le détail ce dont ils peuvent à peine se souvenir sans défaillir. A ce stade, nombre d’entre eux veulent laisser tomber », explique la psychologue Christine Knaevelsrud, initiatrice, en partenariat avec l’université de Zurich, du programme « Interapy », lancé au printemps 2008 par le Centre de traitement des victimes de torture (BZFO) de Berlin. « A ceux qui craquent, nous disons que cette confrontation est nécessaire, afin qu’un jour ils puissent reprendre le contrôle sur leur traumatisme », poursuit la directrice du département recherche du BZFO, qui, fondé en 1992, compte aujourd’hui dans le monde de nombreuses antennes, financées par l’Union européenne et l’ONU.

Etrange thérapie à distance, où jamais le patient et son psychothérapeute ne se rencontrent, où aucun des deux ne sait même à quoi ressemble l’autre, quel est le timbre de sa voix. « C’est pourtant la solution la plus adéquate pour venir en aide aux Irakiens », insiste Mme Knaevelsrud, qui rappelle que les psychothérapeutes se comptent littéralement sur les doigts de la main aujourd’hui en Irak : « Tous ont fui le pays. »

Témoins ou victimes d’attentats, d’exécutions, d’enlèvements, de viols…, les quelque 300 Irakiens qui, comme N., sont à ce jour entrés en contact avec l’équipe de web-thérapeutes du BZFO (une douzaine de professionnels des troubles de stress post-traumatiques, tous arabophones et formés à la web-thérapie) ont chacun eu vent du soutien psychologique en ligne gratuit qu’on leur proposait via les médias arabes, auxquels le BZFO a recouru pour se faire connaître : sur Al-Arabiya, CNN ou la BBC en arabe, ils ont pour la première fois entendu parler de ce concept que les pays occidentaux eux-mêmes commencent seulement à découvrir.

Mise au point aux Pays-Bas à la fin des années 1990, la « web-thérapie » ou « thérapie écrite » est aujourd’hui pratiquée en Scandinavie, en Australie, aux Etats-Unis… même si elle est encore loin d’y être systématiquement prise en charge par les sécurités sociales locales.

« Le scepticisme reste fort à son égard : la sacro-sainte relation entre le psy et son patient y paraît inexistante, alors qu’elle n’est que dématérialisée, souligne Christine Knaevelsrud. Pour un certain type de patients, elle n’en est pas moins la forme de thérapie la mieux adaptée. Pour les Irakiens aujourd’hui, elle est même idéale. »

Et ce, pas seulement parce qu’il n’existe pas pour eux d’alternative. Mais aussi parce que le caractère anonyme de la web-thérapie facilite leur prise de parole. Après un questionnaire qui permet de diagnostiquer la nature de leurs troubles, la thérapie, qui dure en moyenne cinq mois, comprend la rédaction de dix mails, dont chacun doit être écrit en 45 minutes, selon un calendrier fixé avec le thérapeute. Dans ce cadre rigoureux, les patients irakiens « sont doublement plus « efficaces » dans la progression de leur travail : l’amélioration de leurs symptômes est deux fois plus significative », constate Christine Knaevelsrud.

Alors que, dans le monde arabe, le sentiment de perte de dignité éprouvé par un individu rejaillit aussitôt sur sa famille ou sa collectivité – ce qui rend toute confidence impossible, de peur d’être stigmatisé -, ou que les pensées suicidaires, condamnées par la religion, y sont inavouables, les web-patients du BZFO, libérés des regards qui seraient portés sur eux, vont droit aux faits. C’est notamment le cas des femmes de plus en plus nombreuses à participer à ce programme fréquenté par 60 % d’hommes, âgés en moyenne de 35 ans, et majoritairement issus de milieux éduqués.

Leurs mots écrits parlent d’ailleurs autant que des mots prononcés, Mme Knaevelsrud en témoigne : « La taille des caractères utilisés, l’agencement des mots sur la page m’ont parfois fait entendre un cri immense qui traversait l’écran de mon ordinateur. »

L’ordinateur, justement, s’il rend possible cette expérience inédite, en marque aussi les limites. « Les Irakiens qui disposent d’un chez eux sont plus que rares, et les cafés Internet ne sont ni légion ni la panacée, au regard de l’intimité requise pour un tel exercice », rappelle Ferhad Ibrahim, politologue spécialiste de l’Irak et ancien enseignant à la Freie Universität de Berlin. Selon lui, un maximum de 2 % à 3 % de la population irakienne a accès au Web. Sans compter que cet accès dépend in fine du courant électrique, très irrégulièrement assuré.

De fait, le nombre de patients touchés par le BZFO en Irak reste dérisoire au regard des besoins. « Mais c’est toujours mieux que de ne rien faire ! », réplique Christine Knaevelsrud, qui, au vu de l’ampleur de la tâche, n’envisage cependant pas pour l’instant d’élargir le champ de l' »Interapy » à d’autres populations, malgré son potentiel d’application énorme dans le monde. L’idéal restant bien sûr l’ouverture sur place d’antennes du BZFO, comme c’est déjà le cas dans le nord – relativement sûr – de l’Irak, à Kirkouk, et bientôt à Erbil et Souleimaniyé. Mais d’ouverture à Bagdad, il n’est pour l’instant pas question.

« Il y a un proverbe qui dit que la balle qui ne te tue pas te rend plus fort », écrit N. à un ami fictif. C’est la troisième et ultime étape de la web-thérapie, celle au cours de laquelle le patient – dont l’écriture s’est, en cours de route, singulièrement clarifiée et structurée – doit adresser une lettre imaginaire à qui il veut, l’essentiel étant qu’il tire un trait symbolique sur le passé.

Depuis qu’il a écrit cette « lettre d’adieu », N. dort mieux, ses angoisses et crises de vertige se sont apaisées. Il l’a tout de même imprimée pour pouvoir la relire, si le besoin s’en faisait sentir. Car, dans un quotidien fait d’insécurité permanente, le moindre incident peut entraîner la rechute. Autant que les difficultés d’accès à Internet, c’est là la plus sérieuse entrave au succès de l' »Interapy ».

Sur Internet : www.ilajnafsy.org.

Lorraine Rossignol

L’appel des appels

Alors que nos métiers respectifs, qu’il s’agisse de la santé, du soin, du travail social, de l’éducation, de la recherche, de la justice, de l’information et de la culture, subissent une attaque sans précédent de la part du gouvernement – alors que des appels de réaction et de protestations sont lancés par dizaines dans le pays – le temps est venu, nous semble-t-il, de coordonner ces différents mouvements et d’en tirer tout le sens politique.

Si cette initiative rencontre votre adhésion, nous vous proposons :
- de signer cet appel
- de le faire signer en le relayant dans tous les cercles et réseaux auxquels vous avez accès. Mais aussi et afin "d’étendre le domaine de la lutte :
- de participer à la réunion de coordination du 31 janvier, qui aura lieu, de 10 h à 18 h, au "104 rue d’Aubervilliers", à Paris, au cours de laquelle le pays réel se fera entendre à travers les témoignages des professionnels en lutte et devrait faire émerger des propositions d’actions transversales pour l’avenir.

S’inscrire à la journée du 31 janvier (par courriel) —- Soutenir l’appel —– voir les autres signataires

Appel des appels

« Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, attirons l’attention des Pouvoirs Publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses des Réformes hâtivement mises en place ces derniers temps.

A l’Université, à l’École, dans les services de soins et de travail social, dans les milieux de la justice, de l’information et de la culture, la souffrance sociale ne cesse de s’accroître. Elle compromet nos métiers et nos missions.

Au nom d’une idéologie de "l’homme économique", le Pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du Marché. Cette idéologie s’est révélée catastrophique dans le milieu même des affaires dont elle est issue.

Nous, professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture, refusons qu’une telle idéologie mette maintenant en "faillite" le soin, le travail social, l’éducation, la justice, l’information et la culture.

Nous appelons à une Coordination Nationale de tous ceux qui refusent cette fatalité à se retrouver le 31 janvier 2009 à Paris. »
Le 22 décembre 2008,
Roland Gori et Stefan Chedri

185 premiers signataires ont soutenu cet Appel des appels le 9 janvier 2009

Vous pouvez soutenir cet appel en le signant et rejoindre les premiers signataires dont les noms suivent ci-dessous :

S’inscrire à la journée du 31 janvier (par courriel) —- Soutenir l’appel —– voir les autres signataires

Alain Abelhauser, Professeur à l’Université de Rennes, Psychanalyste

Alain Abrieu, psychiatre de secteur, Marseille

Anne Alix, Cinéaste

Isabelle Alix, cadre action sociale et socio-cult

Gilles Amado, Professeur de Psychosociologie des organisations au Groupe HEC, co-rédacteur en chef de la Nouvelle Revue de Psychosociologie.

Paul Arnault, psychologue clinicien et doctorant en sociologie (EHESS).

Olivier Apprill, Journaliste Arte

Michel Arrivé, écrivain, professeur émérite de linguistique à l’Université de Paris 10 Nanterre

Christine Attali Marot, médecin, membre de l’association Enfance et Musique et présidente de la commission petite enfance de l’UNIOPSS

Patricia Attigui, Professeur des Universités, Paris 10 Nanterre, Psychanalyste

Nicole Aubert, sociologue, psychologue et professeur à l’Ecole Supèrieure de Commerce de Paris

Marie-Frédérique Bacqué, Professeur de psychopathologie à l’Université de Strasbourg, psychanalyste.

Clémentine Baert, comédienne

René Barbier, Professeur émérite de Sciences de l’éducation, Université Paris 8, éditeur du "journal des chercheurs"

Christine Bellascabane, Pédiatre, anthropologue, Vice-Présidente du SNPMI

Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste

Fethi Benslama, Professeur Université de Paris 7 , Psychanalyste

Patrick Bensoussan, Pédopsychiatre

Claire Bernadac Rigal, Pédopsychiatre PH temps plein en disponibilité Hôpital Erasme

Elie JF Bernard Psychanalyste

Michèle Bertrand, Professeur émérite des Universités, Psychanalyste

Dominique Besnard, psychologue, directeur du département des Politiques Sociales aux CEMEA

Sophie Bialek, Psychiatre, psychanalyste, membre de la Société pour l’Action et la Recherche en Psychiatrie

Josiane Bigot, Magistrat, Présidente de l’Association Thémis

Philippe Bigot, consultant, intervenant sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail

Claudine Blanchard-Laville, professeure de sciences de l’éducation à l’université Paris Ouest Nanterre la Défense

Valérie Blum, psychologue clinicienne, présidente du CV CMPP sud-est, Marseille

Sandra Boehringer, MC histoire grecque, Université de Strasbourg

Matthieu Bonduelle, magistrat, juge d’instruction à Bobigny, Membre du Bureau du Syndicat de la magistrature

Christian Bonnet, Psychologue clinicien

Jean-Luc Bonniol, Professeur d’anthropologie à l’Université d’Aix-Marseille

Jacques Borgy , psychologue, Secrétaire général adjoint du SNP

Alain Bruel, magistrat honoraire ;membre du conseil supérieur du travail social

Danièle Brun, Professeur émérite Université de Paris 7, Psychanalyste

Christian Cabane, militant des Droits de l’Homme

Marie-Laure Cadart, Médecin, Anthropologue

Yannick Cann, Psychiatre,

Robert Cantarella, Metteur en scène et directeur du 104

Danielle Capgras Baberon, Sage femme formatrice/consultante

Françoise Caron

Paola Casagrande ; psychologue, psychanalyste, à Metz

Barbara Cassin, Philosophe, Directeur de recherche CNRS

Guy Chapouillié, professeur des universités, directeur de l’Ecole Supérieure de l’Audiovisuel (ESAV) de Toulouse

Christophe Chassaigne, Journaliste (France 3)

Michel Chauvière, directeur de recherche au CNRS (sciences politiques)

Stefan Chedri, Psychanalyste, Enseignant à l’Université de Paris IV

Yvonne Coinçon, Pédopsychiatre

Patrick Conrath, Psychologue, rédacteur en chef du “journal des psychologues”

Patrick Coupechoux, Journaliste

Laurence Croix, Maître de Conférences à l’université Paris X, membre active RESF Paris

Corinne Daubigny, Psychanalyste, formatrice en travail social

Christine Davoudian, Médecin de PMI (Conseil Général)

Bernard Debail, Librairie Lipsy

Angélique Del Rey, philosophe et enseignante

Marie-José Del Volgo, MCU-PH et Directeur de recherche à l’université d’Aix-Marseille

Pierre Delion, Professeur de Pédopsychiatrie, Chef de service Université de Lille

David De Pas, Membre du Bureau national du Syndicat de la magistrature

Catherine Dolto, haptopsychothérapeute et écrivain

Jean-Pierre Drapier, Medecin-directeur du CMPP d’Orly Président de l’ANCMPPT Vice-président de la FAN des CMPP

Didier Dreyfuss, Professeur de Réanimation Médicale, Chef de Service, Université Paris-Diderot

Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre, éditrice, éditions érès

Dany-Robert Dufour, professeur à l’Université de Paris 8 en philosophie de l’éducation, directeur de programme au Collège International de Philosophie

Michel Dugnat, pédopsychiatre

Bernard Durand, Président de la FASM Croix marine

Joël Dutertre, médecin (Mission Locale Clichy sous Bois / Montfermeil)

Philippe Duval, Directeur de Psychomedia

Claude Egullion, Gynécologue-Obstétricienne, Médecin coordinateur-Présidente de la CME Maternité des Bluets-Hôpital P Rouquès

Vincent Estellon, MCU Université de Paris 5

Roger Favre, Professeur d’Oncologie médicale à l’université d’Aix-Marseille 2

Anne-Marie Fernez, orthophoniste et psychanalyste

Fondation Copernic

FNAME (Fédération Nationale des Associations de Maîtres E)

FNAREN : Bureau national de la Fédération nationale des associations des rééducateurs de l’Education nationale (engagée dans "Sauvons les RASED" , "Un pays, une école, notre avenir")

Jean Fourton, artiste plasticien et psychanalyste

Jean Furtos, Psychiatre des hopitaux Ingrid France, Maître de Conférences en Economie Politique – Université Grenoble II

Jean Claude Fritz, Université de Dijon Politologue

Marie Thérèse Fritz, Pediatre -Medecin PMI

Ignacio Garaté, Psychanalyste à Bordeaux et à Paris

Tristan Garcia-Fons, pédopsychiatre, psychanalyste, responsable de la commission scientifique de la FAN.CMPP

Patrick Geffard, Enseignant et rééducateur

Sophie Genin, formatrice en français à l’IUFM de Lyon, site de l’Ain

Nathalie Georges-Lambrichs, Psychanalyste, Présidente des psychologues freudiens

François Gèze, éditeur

Sylviane Giampino, psychanalyste, psychologue petite enfance

Yves Gigou, formateur Ceméa Infirmier de secteur psychiatrique

François Giordani, Conseiller à la Cour d’Appel de Nancy

Pascale Giravalli, Citoyenne et Psychiatre

Bernard Golse, Professeur de Pédopsychiatrie à l’Université de Paris 5 et Chef de service à Necker

Roland Gori, Professeur de Psychopathologie à l’Université d’Aix-Marseille, Psychanalyste

Anne Gorouben, Artiste peintre

Geneviève Guicheney, Conseil en développement durable

Philippe Guillou, Médecin généraliste, président de la société médicale Balint. Strasbourg

Alain Hahn, Magistrat

Mohammed Ham, Professeur à l’université de Nice

Marc Hayat, Psychiatre,psychanalyste, Vice-Président de la Conférence des Présidents de CME du secteur Privé Non Lucratif

Benoit Helme, journaliste

Catherine Herszberg, Journaliste et écrivain

Richard Horowitz, Pédopsychiatre, Président de la Fédération nationale des CMPP

Benjamin Jacobi, professeur à l’Université d’Aix-Marseille, psychanalyste

Ollivier Joulin, Membre du Bureau national du Syndicat de la magistrature

Saul Karsz, philosophe, sociologue, consultant

Pascal-Henri Keller, Professeur à l’Université de Poitiers, Psychanalyste

Louise L. Lambrichs, Ecrivain, philosophe, critique littéraire, chercheur indépendant

Laurie Laufer, MCU à l’Université de Paris 7, Psychanalyste

Camille Laurens, écrivain

Christian Laval, sociologue, Paris X Nanterre

Philippe Lavergne, Psychiatre des Hôpitaux Chef de Service PSYCHIATRIE DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENT 5e Intersecteur des Hauts-de-Seine

Véronique Le Berre , Magistrat

Laurent Le Vaguerèse, Psychiatre, psychanalyste responsable du site oedipe.org

Joëlle Léandre, Artiste-contrebassiste

Jean-Pierre Lebrun, Psychanalyste

Philippe Lecorps, Psychologue en santé publique

Fabrice Leroy, Psychologue, Maître de conférences en psychopathologie (université de Lille 3)

Serge Lesourd, Professeur à l’Université de Strasbourg, Psychanalyste

Daniel Liotta, Philosophe

Samuel Luret, Journaliste Canal Plus

Gérard Macé, Poète

Jean-Claude Maleval, Professeur à Rennes 2

Catherine Mandouze, Psychologue scolaire, présidente de l’Association Départementale des, Psychologues de l’Education Nationale de Gironde

Christine Massac, psychiatre

Catherine Mathelin-Vanier , Psychanalyste Hôpitaux de Saint-Denis

Marc Maximin, Psychiatre, Président de l’ACLIMSS

Philippe Meirieu, Professeur de Sciences de l’Education à Lyon 2

Ginette Michaud, psychiatre, psychanalyste, ex-maître de conférences à l’Université de Paris 7

Sylvain Missonnier, Professeur à l’Université de Paris 5

Laurence Mollaret, Membre du Bureau national du Syndicat de la magistrature

Marie-José Mondzain, Directeur de recherche au CNRS

Hubert Montagner, Dr d’état en Psychophysiologie Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de Recherche de l’INSERM dans les domaines de la Psychophysiologie, du développement normal et pathologique de l’enfant et de la chronobiologie

Joseph Mornet, psychologue au Centre psychothérapique Saint Martin de Vignogoul, administrateur de la fédération d’aide à la santé mentale Croix Marine

Liane Mozère, Sociologue, Professeure des Universités émérite

Laurent Mucchielli, Directeur de recherches au CNRS (Sociologie)

Claude Nachin, psychiatre psychanalyste retraité, ancien chargé de cours de psychopathologie à l’Université de Picardie Jules verne- Amiens

Françoise Neau, psychologue clinicienne, MCU à l’Université de Paris 7

Pascal Ourghanlian, Enseignant spécialisé Référent pour la scolarisation des élèves handicapés, Membre du collectif Pasde0deconduite, Co-administrateur du Forum des enseignements spécialisés

Jean Oury, Médecin directeur de la clinique de la borde, cour cheverny

Jacques Pain, Professeur des Universités émérite

Brigitte Patzold, Journaliste

Eliane Perasso

Emmanuelle Perreux, Membre du Bureau national du Syndicat de la magistrature

Philippe Petit, Journaliste à France Culture et à Marianne

François Pommier, Professeur à l’Université de Nanterre

Serge Portelli, magistrat, Vice président du tribunal de grande instance de Paris, Membre du Syndicat de la Magistrature

Rémy Potier, MCU Psychologie Clinique, Université Lumière Lyon 2, psychanalyste

Jeanny PRAT, enseignante en Clg et formatrice IUFM (PE, PCL)

Jean-Louis Quéheillard, psychologue

Alain Rabatel, Professeur des Universités en Sciences du Langage Université Claude Bernard-Lyon 1 (Iufm)

Etienne Rabouin, Psychologue « Comité de Vigilance des CMPP de l’Ouest »

Henri Raczymow, écrivain

Clémentine Rappaport, pédo-psychiatre, responsable unité d’hospitalisation pour adolescents, Hôpital Robert Ballanger, Aulnay-sous-Bois.

Natacha Rateau, Membre du Bureau du Syndicat de la magistrature

Patrick Rayou, professeur de sciences de l’éducation, Université de Paris 8

Alain Refalo, professeur des écoles

Danielle Rodot, Médecin de PMI responsable de la circonscription d’Uzès, Conseil Général du Gard

Jacob Rogozinski, Philosophe

Jean-Claude Rouchy, Psychanalyste, Rédacteur en chef de Connexions et de la Revue de Psychothérapie Psychanalytique de Groupe

Marie-Odile Rucine, psychologue

Pierre Sadoul, Psychiatre

Guy Sapriel, Psychiatre, Psychanalyste

Karim Sarroub, psychanalyste et écrivain

Marie-Jean Sauret, Professeur Toulouse Le Mirail, Psychanalyste

Claude Schauder, Psychologue, psychanalyste, Professeur associé de psychopathologie à l’Université de Strasbourg

Nicole Schauder, médecin de santé publique, Directrice du Collège Régional d’éducation à la santé d’Alsace et directrice adj. de l’Observatoire Régional de la santé d’Alsace

Joshka Schidlow , journaliste

Pierre Sidon, Psychiatre, psychanalyste, membre de la Société pour l’Action et la Recherche en Psychiatrie

Bernard Sigg, psychanalyste retraité

Evelyne Sire-Marin, magistrat, membre de la fondation Copernic

Françoise Sironi, MCU à l’Université de Paris 8, Psychologue clinicienne, Expert près la Cour d’Appel de Paris

André Sirota, Professeur émérite, psychopathologie sociale et anthropologie psychanalytique, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, psychanalyste

Monique Soula Desroche, Psychanalyste, Analyste de Groupe et d’Institution

Antoine Spire, Journaliste et écrivain

Bernard Stiegler, philosophe, président d’Ars Industrialis

Rajaa Stitou, MCU à l’Université de Montpellier 3, Psychanalyste

Pierre Suesser, pédiatre en protection maternelle et infantile

Syndicat de la magistrature

Philippe Tabarly, Cinéaste

Dominique Terres-Graille, Psychiatre, Fédération des CMPP

Bernard Toboul, psychanalyste

Gérard Toupiol, Président de la FNAME

Alain Trognon, Professeur des Universités Université Nancy2, Psychologie Sociale

Hélène Vaillé, Pharmacienne et journaliste

Claude Van Reeth, Psychanyste, délégué de l’ IHEP pour la Belgique

Alain Vanier, Professeur à l’Université de Paris 7, Psychiatre-Psychanalyste

Georges Vigarello, directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales et co-directeur du Centre Edgar Morin

Christian Volckman, cinéaste

Elisabeth Weissman, Journaliste et essayiste

Anne Zeller-Masson, orthophoniste, vice-présidente du CV CMPP sud-est Marseille

Jean-Michel Zucker, Pédiatre

Les signataires de cet appel des appels se sont activement engagés dans :

Appel des enseignants en résistance

AUSPAN

Collectif Liberté Egalité Justice (CLEJ)

La nuit sécuritaire

La prévention prise en otage, la répression à tous les étages

Les droits des étrangers ne peuvent se réduire à un marché

Les élèves en difficulté à l’école ne sont pas tous des enfants handicapés !

Manifeste de la désobéissance

Manifeste des innombrables

Manifeste des menteuses

Manifeste pour des Etats généraux des droits et des libertés

Mobilisation pour la libération de la recherche

Mouvement pour une parole politique des professionnels du champ social MP4

Non à EDVIGE

Non à la destruction de la psychiatrie publique et de secteur

Non à la perpétuité sur ordonnance !

Non au contrôle génétique de l’immigration

Nous refusons la politique de la peur

Pas de 0 de conduite pour les enfants de trois ans

Pour le retrait de Base-élèves

Publier ou périr

Réseau education sans frontières

Sauver l’hôpital public

Sauvons l’université

Sauvons la clinique

Sauvons la recherche

Sauvons les rased

Se moquerait-on du livre et de la lecture ?

Un pays, une école, notre avenir

Universitaires contre une immigration jetable


signer la pétition —– voir les autres signataires

Stiegler

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