A dangerous method, soirée débat le 30 janvier 2012, au cinéma Métropole à Lille, 20 h 00

Le film de David Cronenberg, « A dangerous method », est un film important.

D’abord, le travail de Cronenberg paraît considérable avec, sans doute, derrière ce film, pas mal de lectures et de documentation, tout ce travail paraît exact (1). On voit les échanges de courrier dans le trio Freud, Jung et Spielrein, reconstitué assez habilement.

Ensuite, à propos de sexe, nous voyons une scène assez piquante. Jung, tout en reconnaissant la découverte de Freud, l’importance de la sexualité dans les névroses, s’évertue à échapper à ça où à le contourner. C’est très bien rendu par ce film.

Un jour, on voit Jung et Sabina se promener. Jung lui explique que, bien sûr la sexualité, c’est important, merci à Freud de le démontrer mais, tout compte fait, n’y aurait-il quand même pas moyen de découvrir des facteurs de la névrose qui ne soient pas exclusivement sexuels ? La réponse de Sabina est claire et nette. Elle lui dit : « et pourtant, dans mon cas, c’était bien à cause de la sexualité ! » Dit comme ça, c’est convainquant et sans appel !

Et finalement, c’est ce point que nous ne rappelons peut-être pas assez et qui s’avère crucial. Le psychanalyste commence par se mettre en cause soi. Avant d’envisager de devenir analyste, chaque analyste s’est investi dans sa propre analyse. Là dessus, il n’y pas d’échappatoire possible, ce que nous montre Sabina.

Et c’est aussi par une sorte d’honnêteté par rapport à soi-même que nous pouvons avancer le mieux dans la science. En effet, la thèse de médecine de Sabina était en réalité son propre cas clinique. Sa théorie de la dissolution de soi dans l’amour, la tendance à la destruction citée dans ce film, c’est d’abord dans l’analyse que Sabina l’a expérimenté.

Alors, venez en discuter à la soirée débat de l’Aleph !

Cela va être passionnant !

___________________________________

1 – pour s’en rendre compte, il suffit de consulter le livre intitulé « Sabina Spielrein : entre Freud et Jung », paru chez Aubier en 2004, d’après un dossier découvert par Aldo Carotenuto et Carlo Trombetta, l’édition française étant assurée par Michel Guibal et Jacques Nobécourt

Sexe, savoir et pouvoir, 13ème colloque de l’ALEPH, samedi 21 janvier 2012

Avenue Willy Brandt,59000 Lille
Plan d’accès

Télécharger le programme horaire avec le bulletin d’inscription =>

Le sexe, le savoir et le pouvoir s’enchevêtrent inextricablement. La science et la psychanalyse tentent, chacune à sa manière, de démêler cet écheveau où tous s’embrouillent. Ce qui noue ces trois termes, ce sont d’abord le langage et l’écriture.

Le savoir s’appuie sur le langage et l’écriture mathématique a été le médium principal du triomphe de la science moderne. Il n’y aurait ni informatique ni biologie sans les langages formels et leurs « petites lettres ».

Continuer la lecture de « Sexe, savoir et pouvoir, 13ème colloque de l’ALEPH, samedi 21 janvier 2012 »

Contre la normalisation de l’autisme sous prétexte de science !

POUR UN AUTRE PLAN AUTISME 2013
POUR LE RETRAIT DE LA RECOMMANDATION DE L’HAS SUR L’AUTISME

L’ appel des 1000

L’annonce du plan autisme était attendue par les professionnels (soignants, enseignants, éducateurs, etc.) et les familles : le manque de moyens en termes de places et de personnels entraîne de tels dysfonctionnements, de tels délais d’attente, de telles ruptures de prise en charge, de telles souffrances parentales qu’il était urgent et indispensable de proposer un plan présentant une grande ambition.
Or si on retrouve dans ce plan quelques points attendus (comme le dépistage précoce), les moyens supplémentaires alloués sont dérisoires, voir nuls dans la psychiatrie publique et l’Éducation nationale, et ne régleront aucun des graves problèmes de pénurie.
Mme Carlotti, ministre déléguée en charge du dossier, a accompagné l’annonce de ce plan par des propos inacceptables à l’égard des approches fondées sur la psychanalyse. Continuer la lecture de « Contre la normalisation de l’autisme sous prétexte de science ! »

Slavoj Zizek et Naomi Klein devant Occupy Wall Street à NYC

Slvoj Zizek : « ce qui nous manque, c’est l’encre rouge : le langage pour exprimer notre non-liberté ». A lire sur : http://www.legrandsoir.info/slavoj-zizek-allocution-a-liberty-place-occupy-wall-street-impose-magazine.html

Naomi Klein, il y a des choses qui comptent et d’autres qui ne comptent pas. A lire sur : http://www.bastamag.net/article1812.html

Le mouvement Occupy Wall Street : http://fr.wikipedia.org/wiki/Occupy_Wall_Street

« Nos inquiétudes »

Extrait du documentaire de Judith Du Pasquier
(France, 2003-55mn)
Coproduction : Abacaris Films, ARTE France
Mention spéciale « Témoignages » XXVIIe Festival de Lorquin, 2003

A la pointe de l’actu : le book !

La technologie est sans cesse en train de se renouveler. Les innovations sortent à un rythme effréné. Pas un mois, sans une nouveauté à aller consommer dare-dare.

Après ipad 2, voici donc « book 1 » !!!
Ta-ta-ta-ta !!!!

Voici quelques avantages de « book » :

  • On peut l’acheter de façon anonyme en payant comptant.
  • Il vous appartient.
  • On n’est pas obligé de signer une license qui en restreint l’usage.
  • Son format est connu, aucune technologie propriétaire n’est nécessaire pour le lire.
  • On peut le donner, le prêter ou le vendre à quelqu’un d’autre.
  • On peut concrètement numériser et copier le livre, et c’est même parfois autorisé malgré la propriété intellectuelle.
  • Personne n’a le pouvoir de détruire votre livre.

« Travailler à en mourir », le documentaire

« Travailler à en mourir », Infrarouge, émission du 10 février 2011. Documentaire réalisé par Paul Moreira. Produit par Premières Lignes Télévision rue Charlot Production. Avec la participation de France 2.

Documentaire. Réalisé par Paul Moreira. Produit par Premières Lignes Télévision rue Charlot Production. Avec la participation de France 2.

« Qu’est ce qui détruit les hommes dans le monde de l’entreprise ?… Cette question,
nous voulions que ce soit d’abord les salariés qui y répondent. Ceux qui avaient plongé dans la dépression, frôlé le geste ultime du suicide, ceux que le stress avait usés jusqu’à la maladie. Pour remonter aux racines du mal, ce documentaire a raconté l’histoire d’hommes et de femmes qui ont travaillé dans trois secteurs industriels particulièrement pathogènes : la banque, les plateformes téléphoniques et la sidérurgie. Travailler à en mourir montre comment certaines méthodes de travail ont un pouvoir bien plus destructeur que celui de petits chefs aux manières autoritaires. Où l’on découvre que ce sont plus souvent des mécaniques, des technologies, des modes d’organisation, qui rendent malades. Dans le monde de la banque, les concentrations de ces dernières années ont bouleversé les méthodes de management et soumis leurs employés à une pression inconnue jusqu’alors. Les salariés qui ne s’adaptent pas deviennent des perdants. Nous avons rencontré deux d’entre eux : Jean-Marc et Roger. La révolution numérique a libéré des forces créatives mais dans les plateformes téléphoniques, elle a aussi multiplié les capacités de contrôle. Claudia parlait trente secondes de trop en moyenne. Trente secondes qui sont devenues un cauchemar. Contrats à durée déterminée. Intérim. Soustraitance. A la marge des grandes entreprises, les travailleurs précaires sont les premières victimes de la réorganisation du travail. Ils sont ceux sur lesquels
tombent toute la pression de l’urgence. Des dégâts d’autant plus terribles qu’ils sont difficilement repérables. Voire invisibles. Rudy et Jean-Luc était précaires dans la métallurgie. L’un est mort d’arrêt cardiaque après 21 heures de travail, l’autre est dans le coma. Travailler à en mourir explore une zone grise du salariat, un lieu l’angoisse où des logiques nouvelles broient des hommes et des femmes. Plus qu’une enquête, ce film est une dissection. Journalistes Virginie Roels et Sandra Fréquelin ».

_______________________________________

Dossier de France 2

Derrière l’Ukraine et les USA, la France est le troisième pays où les dépressions au travail sont les plus nombreuses. A travers trois secteurs professionnels – la banque, les plateformes téléphoniques, la sidérurgie –, le réalisateur Paul Moreira dissèque ces méthodes de travail, de management, d’organisation au pouvoir destructeur. Devant la caméra, les témoignages d’hommes et de femmes écrasés, usés, brisés par leur vie professionnelle.Travailler à en mourir, un documentaire Infrarouge poignant et alarmant.

« Si je reprends le travail, le soir même, je suis hospitalisé » ; « J’ai fait un malaise dans le magasin parce qu’ils m’ont licenciée » ; « Je préfère mourir que d’y retourner »… Des mots échappés d’un sanglot. Au service de pathologie professionnelle de l’hôpital de Créteil, les salles d’attente ne se désemplissent pas. En quatre ans, les consultations pour souffrance au travail ont même été multipliées par trois. Une augmentation significative, symptomatique d’un mal épidémique qu’aucune étude statistique globale ne permet aujourd’hui de réellement quantifier. Le corps médical alerte. L’actualité (la série de suicides au sein de la société Renault) parle d’elle-même. Pour beaucoup de salariés, l’entreprise est devenue un lieu de souffrance, le travail un univers anxiogène, parfois destructeur. Si le harcèlement au travail a souvent été pointé du doigt, les nouvelles méthodes de travail, d’organisation et de management méritent elles aussi d’être mises en accusation.

Les blessés de la finance
Immersion dans l’univers de la banque où règne le culte de l’objectif, du rendement à tout prix. « J’ai été frappé par l’émergence d’une vocabulaire guerrier, explique Paul Moreira.Dans cette guerre, ceux qui échouent doivent faire face à leur honte ». Ici, pour être efficace, le salarié doit apprendre à devenir agressif, quitte à oublier sa propre nature. Pour l’aider, des stages de motivation au cours desquels il se retrouve spectateur d’un bien étrange folklore : différentes mises en situation professionnelles – succession de saynètes sordides et caricaturales – jouées par les managers de la boîte. Pour Jean-Marc, conseiller en gestion de patrimoine, le message est rude : « On ridiculisait la manière dont j’avais toujours travaillé ». Une dévalorisation professionnelle amplifiée par de nouvelles procédures : communication par écrans interposés, agenda géré à distance… « J’avais l’impression qu’il y avait une espèce de système anonyme qui me broyait et que les hommes ne me reconnaissaient plus ». Et celui qui ne parvenait même plus à s’asseoir à son poste de travail finit par s’ « écrouler » lors d’une visite médicale annuelle. Jean-Marc est déclaré inapte au travail. Définitivement. Au sommet de l’échelle hiérarchique, même pression. Quand on demande à Roger, manager, de « traiter les gens à coups de pieds au cul », l’homme, à bout, est victime d’une crise d’angoisse. Aujourd’hui encore, il se sent incapable de reprendre une activité professionnelle. Pour Michel Francoz, psychiatre, les patients font preuve d’une « hypersensibilité, une hyperémotivité, décrites comme des états de stress post-traumatiques, comme après un attentat, une guerre. On retrouve les mêmes symptômes. »

Sous totale surveillance
Claudia, ex-téléopératrice d’un grand groupe de téléphonie mobile, a frôlé la mort de très près quand elle a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail. « Je ne voulais pas mourir mais m’effacer », confie-t-elle à la caméra de Paul Moreira. Un passage à l’acte alarmant quand on sait qu’une étude médicale a récemment révélé que, dans les centres téléphoniques, un salarié sur trois serait en détresse psychologique. Pour Claudia, tout a commencé à cause d’un dépassement moyen de 30 secondes dans ses temps de communication. « C’est très déstabilisant de se savoir écoutée à n’importe quel moment, quand on sait qu’on est dans le collimateur, la faute se trouve toujours ». Dans une ambiance de total espionnage, la surveillance est permanente : contrôles des ventes en cours, temps de pause chronométrés, communications écoutées par un superviseur… lui-même surveillé à distance !

Les invisibles de la précarité
Les travailleurs précaires sont les premières victimes de la réorganisation du travail. L’un des ouvriers d’une des sociétés de sous-traitance présentes sur les chantiers d’un géant de la sidérurgie à Dunkerque témoigne : « ils gardent les postes stratégiques. Tout ce qui est travail de saleté, de chaleur, poussières, c’est sous-traité. Le matin, l’après-midi, la nuit… C’est des postes supplémentaires quand on est au repos…Quand ils ont besoin, ils appellent (…) Ca me bouffe les nerfs », ajoute-il. Les intérimaires, une population salariale plus flexible, docile aussi, car non syndiquée… Cette flexibilité, Jean-Luc Pruvost en a fait les frais. Victime d’une crise cardiaque, l’homme est plongé dans le coma depuis un an et demi. Un accident survenu alors qu’il était censé être au repos… En attente d’un CDI, l’homme acceptait les heures sans rechigner dans l’espoir de se faire un jour intégrer. C’est chose faite aujourd’hui. Un rêve contraint, un peu tard, par l’inspection du travail…

par Céline Boidin-Lounis

Psychanalyse et psychiatrie, 12 ème colloque de l’Aleph, samedi 26 mars 2011, Skena Euralille à Lille

12e Colloque de l\\\'ALEPH

12ème colloque de l’ALEPH
samedi 26 mars 2011
Psychanalyse et psychiatrie

Le lien de la psychanalyse avec la psychiatrie relève d’abord de la nécessité d’une coopération thérapeutique. Dans certaines situations cliniques — angoisses aigües, délires qui mettent en jeu la vie du patient ou d’autrui, anorexies graves… —, le psychanalyste doit évidemment associer un(e) psychiatre à la cure psychanalytique qui ne pourrait pas venir, seule, à bout de telles crises. Les thérapies psychanalytiques exigent parfois un soutien pharmacologique. Inversement, des psychiatres adressent à des psychanalystes des malades qui sortent de l’hôpital pour qu’ils puissent leur parler régulièrement de leurs problèmes.Mais la psychanalyse et la psychiatrie communiquent aussi au niveau du savoir
clinique et théorique. Au cours de l’histoire, depuis la découverte de l’inconscient par Freud, de nombreuses passerelles ont été jetées de l’une à l’autre. Freud n’a pas toujours séparé de façon stricte les névroses d’avec les psychoses, englobant d’abord ces deux structures cliniques sous le terme de « psychonévroses ». Il savait pourtant établir de fins diagnostics différentiels pour les délimiter. En lisant, autour des années 1910, les Mémoires d’un névropathe du Président Daniel Paul Schreber, Freud se penche sur le cas d’un malade qui a passé une grande partie de sa vie dans des hôpitaux psychiatriques. Se laissant instruire par le système paraphrénique de Schreber et par son transfert délirant sur son psychiatre, le professeur Flechsig, il élucide la pensée psychotique grâce à ses propres concepts : notamment la libido et le narcissisme. Dès 1905, Freud commença à correspondre régulièrement avec les psychiatres du Burghölzli, près de Zürich (Eugen Bleuler, Carl Gustav Jung, Karl Abraham, Max Eitingon, Ludwig Binswanger). Échanges fertiles mais chargés aussi de conflits et d’ambivalence, voire d’incompréhension
réciproque. Paul Schilder, un psychiatre et psychanalyste autrichien, a contribué aux deux disciplines. Très tôt, son travail sur l’image du corps a obtenu la reconnaissance de ses pairs. En France aussi, psychiatres et psychanalystes étaient compagnons de route. Ainsi l’émulation entre Jacques Lacan et Henri Ey, deux fleurons de la psychiatrie française, a-t-elle favorisé leurs productions scientifiques respectives. Et quand François Tosquelles, condamné à mort par le régime de Franco, s’enfuit en France pour s’installer à l’hôpital de Saint-Alban en Lozère et y fonder la psychiatrie institutionnelle, il a dans ses bagages la thèse de Jacques Lacan, De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité.Les temps ont changé. D’une part, la psychiatrie, en cherchant ses assises dans la biologie et dans les recherches sur le cerveau, s’éloigne de cette pratique de la parole que doit rester la cure inventée par Freud, même si un certain nombre d’analystes s’évertuent aujourd’hui à fonder une « neuro-psychanalyse », se référant, non sans raison, aux travaux pré-analytiques de Freud sur le système nerveux. Rivalisant avec l’analyse au niveau de la thérapie, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) reprochent à la cure
psychanalytique sa longue durée et prétendent obtenir des résultats rapides. Mais à quel prix ? On peut s’interroger sur ces méthodes qui passent par l’écrasement du symptôme au détriment du sujet.

Malgré les tensions qui résultent de la désaffection, voire de l’hostilité vis à vis de la psychanalyse dont témoignent ces courants psychiatriques, les psychanalystes ouverts aux changements dans le monde restent solidaires d’une psychiatrie qui respecte le sujet et le lien social qu’implique le discours psychanalytique. Ils s’entendent évidemment avec les psychiatres qui s’orientent encore sur ce qu’apporte la psychanalyse ainsi qu’avec les représentants d’une psychiatrie humaniste et sociale. Mais ils apprécient également les représentants de la psychiatrie « biologiste » qui s’investissent dans leur recherche scientifique sans pour autant forclore le sujet ni sa parole.

L’heure n’est ni aux rivalités imaginaires ni aux luttes pour la pureté analytique. Si les psychanalystes de l’ALEPH sont toujours attachés au principe de la psychanalyse profane, formulé par Freud en 1926, ils ne se font aucune illusion quant à la possibilité de le maintenir comme auparavant. Qui nierait le pouvoir de la psychiatrie dans la Cité ? Force est pourtant de constater que l’analyse n’est pas non plus dépourvue d’une autre sorte de pouvoir. Il lui est légué non pas par l’autorité politique mais par la grâce du transfert, critique de la suggestion, par la force performative de la parole, et par la puissance explicative de sa théorie.

Responsables de la santé mentale, dorénavant investie d’un pouvoir renouvelé par les autorités gouvernementales, les psychiatres sont pourtant loin d’être d’accord avec la législation actuelle sur les malades mentaux et se sentent déstabilisés par le poids décisionnel donné à l’administration de l’hôpital. Ils savent que tout chercheur qui affronte la question du sujet sera toujours suspect aux yeux d’un pouvoir tenté par la manipulation des foules. Voilà pourquoi la psychanalyse et la psychiatrie auraient intérêt à renouer rapidement le dialogue.

Pour le 12ème colloque de l’ALEPH, nous proposons un tel dialogue. Nous parlerons des liens entre la psychanalyse et la psychiatrie au niveau de notre expérience quotidienne, de même que dans la théorie et dans leurs histoires respectives. Nous exposerons les résultats acquis dans nos rencontres avec des malades dans les services hospitaliers, notamment ceux issus des présentations cliniques. Et nous inviterons des psychiatres de différents courants de pensée à échanger avec nous, dans un but tant thérapeutique qu’épistémologique.

Franz Kaltenbeck

« Un monde sans fou ? » ou les dérives de la psychiatrie, projection du film le 12 février 2011, à Lille

Avant le 12ème colloque de l’ALEPH, « Psychanalyse et psychiatrie », samedi 26 mars 2011, de 9 h à 18 h 30
Projection du film « Un monde sans fou? », documentaire réalisé par Philippe Borrel,
Samedi 12 février, de 14 h à 16 h 30, Skena Euralille, Lille

PAF : 8 e.(TR : 5 e.)

Renseignements : www.aleph.asso.fr

Le documentaire s’ouvre sur une tombe, celle d’un homme de 42 ans mort dans la rue, faute d’avoir trouvé un lieu où vivre sa schizophrénie. Une entrée violente pour parler de la folie et des failles de la prise en charge.

Pourquoi tant de grands malades échappent-ils au soin, au point qu’on les retrouve massivement dans la rue ou en prison ? Aujourd’hui, les hôpitaux psychiatriques, confrontés à une crise de moyens et de valeurs, peinent à prendre en charge les malades au long cours. Parallèlement, une nouvelle politique de santé mentale se prépare en Europe et nous concerne tous. Demain, on ne parlera plus de folie, mais de troubles cérébraux, plus de malaise dans la société, mais de comportements à rééduquer.

Comment en est-on arrivé là ? La psychiatrie est-elle une discipline normative ou humaniste ? Peut-on traiter la maladie mentale comme toute autre pathologie?

Quelles politiques médicale, sociale, judiciaire et économique sont à l’œuvre dans cette exclusion : un monde sans fous, mais alors, que deviendront-ils ?

Ces questions, qu’aborde de front ce document, seront ensuite reprises lors du débat qui suivra la projection.