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Author: Emmanuel Fleury

L’insomnie : sommeil, rêves, cauchemars, samedi 23 mars 2019, à Lille

20è colloque de l’ALEPH et du CP-ALEPH
Journée Franz KALTENBECK

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PROGRAMME ICI

« Je n’arrive jamais à m’endormir», «je me réveille en sursaut au milieu de la nuit et je ne peux pas me rendormir», «j’en ai perdu le sommeil», «mon enfant refuse de faire ses nuits», qui n’a eu l’occasion de dire ou d’entendre des phrases de ce genre? L’insomnie nous renvoie à une expérience intime, qu’elle accompagne une période de crise ou semble s’installer pour longtemps.

La médecine, qui en a fait un problème majeur de santé publique, tente d’y apporter des réponses immédiates – l’abondance des prescriptions et la consommation de médicaments du sommeil en témoigne. Des services spécialisés en pathologie du sommeil ont été ouverts dans les hôpitaux, dans un but non seulement de diagnostic et de soin, mais aussi de recherche et d’enseignement1 ; nombre de leurs publications scientifiques sont d’ailleurs régulièrement relayées par les media. Car il ne s’agit pas seulement de dormir – ce qui est un impératif biologique – mais de «bien dormir», c’est-à-dire ni trop peu, ni trop. Notre sommeil doit répondre à des normes de plus en plus précises : dormons-nous suffisamment, aux bonnes heures, faut-il bannir la grasse matinée ou la sieste, respectons-nous les cycles circadiens – cette horloge biologique qui rythme l’alternance des périodes de veille et de sommeil –, souffrons-nous d’apnées du sommeil? Nous plaignons-nous de somnolence diurne, voire d’hypersomnie? Ou aussi de cauchemars ?

En même temps, à l’opposé, des études, spécialement dans le domaine militaire, se donnent pour objectif de décupler les capacités d’éveil (de 34 à 64 heures) des hommes en opération à haut risque. Comment se débarrasser du sommeil lorsque la vie de tous dépend de la vigilance de quelques-uns ?
Or, si la médecine et les neurosciences nous prescrivent ainsi d’une façon normative les modalités du bien dormir, elles cherchent moins à éclairer le vécu subjectif de l’insomnie qu’à réduire celle-ci: «La dette de sommeil doit toujours être réglée», affirme le professeur Stuart Peirson, de l’université d’Oxford.

Dès le départ, la psychanalyse a pris ces questions de biais en introduisant le désir en tiers entre le sommeil et le rêve. Freud met en effet le désir au principe du rêve comme du sommeil. Si on le sait bien pour le rêve – qui ne connaît aujourd’hui la théorie freudienne du rêve comme accomplissement d’un désir? – on l’oublie pour le sommeil. Et pourtant, pour Freud, le sommeil fait bien l’objet d’un désir et non pas d’un simple besoin – comme l’a souligné Lacan, non sans relever le côté énigmatique d’une telle affirmation. Que signifie en effet un désir de dormir dès lors que le sommeil demande l’abandon passager des investissements libidinaux sur le monde, comme des vêtements que l’on quitte? Et qu’implique par rapport à un tel désir de dormir l’insomnie envisagée cette fois comme un symptôme? En outre, comment articuler l’un à l’autre le désir de dormir et le désir du rêve? Le meilleur gardien du sommeil est, selon Freud, le rêve qui retarde le moment du réveil, le rêve qui est soutenu par un désir plongeant ses racines dans l’inconscient et dans l’enfance. Ce désir infantile ne déterminerait donc la création du rêve qu’en s’alliant au désir de dormir, le mécanisme du rêve s’ordonnant ainsi autour de l’articulation de ces deux désirs. Cet équilibre est du reste rendu fragile par la censure, fonction qui, selon Freud, nécessite le déguisement du désir du rêve, en tant qu’il est par hypothèse un désir refoulé. Or la censure ne dort pas, même si le sommeil atténue la résistance du moi au désir à laquelle celle-ci équivaut.

Freud postule par ailleurs une continuité entre le rêve nocturne et la rêverie diurne. Car la rêverie diurne vise elle-même à un accomplissement de désir. Lacan accentue le trait: nous passerions donc notre vie à rêver et le réveil ne se produirait que le temps d’un éclair, d’un battement, l’instant d’un changement de rideau: on ne se réveillerait que pour continuer à rêver – à rêver tout éveillé. Que vise Lacan avec cette métaphore du rideau? Serait-ce le réel, défini comme l’impossible à supporter, que la rêverie (ou le rêve) nous permettrait d’éviter? Et si nous ne faisons que sauter d’un rêve (nocturne) à l’autre (diurne), l’insomnie ne serait-elle qu’une autre espèce particulière de rêve? Ou bien au contraire, doit-on voir dans l’insomnie la présence insistante du réel, tapi derrière ce rideau, qui mettrait en échec la fabrication du rêve protecteur du sommeil?
Peut-on alors rapprocher l’insomnie des rêves qui mettent en échec la qualité du sommeil, que Freud a liés à l’au-delà de ce principe d’équilibre que constitue le principe de plaisir ainsi qu’à la compulsion de répétition soutenue par la pulsion de mort? Parmi ces rêves où l’accomplissement de désir n’est pas évident, on trouve les rêves répétitifs dans lesquels le sujet revit un événement traumatique (actes de guerre, agressions, pratiques sexuelles imposées, etc.). Cette catégorie de rêves pointée par le contemporain de la Première Guerre mondiale qu’a été Freud revêt du reste une actualité toute particulière dans le contexte de notre époque, marqué par les attentats.
Quel est enfin le lien de l’insomnie au cauchemar, Alptraum, terme qui n’est presque jamais utilisé par Freud qui lui a préféré celui de rêve d’angoisse? Franz Kaltenbeck, dans son article «Extension du domaine du cauchemar2 », indiquait que Freud «n’avait pas besoin de faire grand cas du cauchemar parce que sa découverte de la formation des rêves [avait], en elle-même, un côté cauchemardesque» dans la mesure où le rêve se nourrit des restes diurnes et garde une part «d’inconnaissable». Cette part d’énigme montre qu’on ne peut pas caractériser le cauchemar seulement par l’affect d’angoisse.
Ainsi une analysante évoque un cauchemar répétitif: elle est poursuivie par une ombre menaçante. À l’instant d’être saisie par l’ombre, elle se réveille angoissée. L’ombre figure sa mère, qu’elle perçoit comme une menace qui peut l’engloutir. L’angoisse qui la réveille surgit juste avant de savoir ce qu’il en est de ce réel énigmatique, ici la jouissance de sa mère. Le cauchemar s’interrompt pour la protéger de ce savoir insupportable. Lacan l’avait noté: «Quand il arrive dans le rêve (des analysants) quelque chose qui menacerait de passer au réel, ça les affole tellement qu’aussitôt ils se réveillent […], c’est-à-dire qu’ils continuent à rêver3.»
S’il y a – éventuellement – une communauté de structure entre l’insomnie et le cauchemar, il faudra donc la rechercher non seulement dans notre angoisse face au réel mais aussi dans notre désir de ne rien savoir de notre inconscient, qui commande le refoulement et la censure.
Alors, que pouvons-nous attendre d’une psychanalyse, qui est justement la seule façon de nous approcher de notre savoir inconscient? Nous permettra-telle de soulever le masque et de nous réveiller enfin? Pour Lacan, le réel ne se démasque pas, mais nous pouvons, comme le fait la patiente citée ci-dessus, le cerner grâce à la parole adressée à l’analyste, celle qui raconte notre vie et nos rêves nocturnes ou diurnes, séance après séance. Nous serons ainsi en mesure de déchiffrer et dénouer nos symptômes douloureux et d’avoir un aperçu sur ce qui nous permet d’éviter le réel: nos rêves et nos fantasmes.

Notre colloque soumettra ces questions à l’épreuve de la clinique psychanalytique ou psychothérapeutique, grâce aussi à des exemples empruntés à la littérature, l’art ou le cinéma. Des chercheurs d’autres disciplines, scientifiques, psychiatres, philosophes, viendront éclairer et nourrir nos débats avec les participants.

1 Comme par exemple à l’Hôpital Universitaire Pitié Salpêtrière à Paris qui travaille en réseau avec Le Centre de l’Insomnie du service de neurophysiologie dirigé par le Pr Lionel Naccache
2 Franz Kaltenbeck, Savoirs et clinique n° 12, p. 196.
3 Jacques Lacan, Le Séminaire, livre XX, Encore, texte établi par Jacques-Alain Miller, Paris, Le Seuil, 1975, p.52-53.

SKEMA Lille, avenue Willy Brandt, 59777 Euralille, métro : gares. (30€ / TR 10€)

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Je suis HP !

Avec cette expression, vous indiquez à votre interlocuteur que vous êtes à « haut potentiel », sous-entendu, un « autiste Asperger » qui ne se méconnaît plus !

Mais, aimeriez-vous vraiment savoir quelles sont les racines d’une telle expression ?

« Haut potentiel » ?

Il s’agit d’indiquer vos très bons résultats aux tests de mesure de l’intelligence (le fameux QI). Plus largement, et avec l’extension de la notion d’autisme, vous vous classez dans le groupe des personnes qui se pensent différentes des autres, se considèrent comme très perspicaces et qui font preuve d’aisance dans les domaines tels que les mathématiques ou la logique formelle.

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La maitresse avait des méthodes avancées, Georges Brassens

« A l’école où nous avons appris l’ABC,
La maîtresse avait des méthodes avancées.
Comme il fut doux le temps, bien éphémère, hélas !
Où cette bonne fée régna sur notre classe. Read more »

« Signer » de Nurith Aviv, le jeudi 13 décembre 2018 à 20 h 00

« Signer », le film de Nurith Aviv sera projeté le jeudi 13 décembre 2018, à 20 h 00, au cinéma La Métropole à Lille

La projection sera suivie d’un débat

avec Nurith Aviv

animé par Annie Risler, linguiste à l’Université de Lille

et Emmanuel Fleury, psychanalyste,

modéré par Monique Vaneufville, psychanalyste.

Dans son film SIGNER, Nurith Aviv s’aventure dans un champ peu connu, celui des langues des signes. Ces langues sont diverses, chacune a sa grammaire, sa syntaxe, complexe et riche. Trois générations de protagonistes, sourds et entendants, mais aussi les chercheuses du Laboratoire de Recherche de Langue des Signes de l’université de Haïfa, s’expriment sur des langues qui ont émergé en Israël au siècle dernier, rejoignant les questions chères à Nurith Aviv de la langue maternelle, la traduction, la transmission. Une invitation à élargir notre perception des langues humaines.

www.aleph-savoirs-et-clinique.org

La soirée est organisée par

L’ALEPH (Association pour L’Étude de la Psychanalyse et de son Histoire), en collaboration avec l’Université de Lille, Le Métropole et Savoirs et clinique

 

La psychanalyse est basée sur les preuves !

Mark Solms vient de publier une tribune sur son blog, le « Cambridge core blog », pour défendre la psychanalyse. La psychanalyse est fondée sur les preuves et il en fait la démonstration. Read more »

Les thérapies du bonheur ne vous veulent que du bien !

L’un des souhaits fondamentaux des psychothérapies du bonheur est de vouloir conforter « l’estime de soi ». Si nous échouons dans tel ou tel domaine de notre vie, ce serait parce que nous ne nous en croyons pas capable. Cette idée nous est assénée à longueur de temps par les prosélytes de ces thérapies (la méditation pleine conscience surtout, et aussi les thérapies cognitivo-comportementales en partie). Read more »

Rosine Lefort, « Naissance de l’Autre »

Rosine Lefort a menné un travail clinique absolument fantastique dont elle a rendu compte en détail dans plusieurs de ses livres. C’est un travail tellement important, qu’il est à ce jour, révolutionnaire !

En ce sens que nous n’avons toujours pas pris la mesure des idées qu’elle avance et des conséquences de son point de vue, dans la pratique avec les enfants.

Tous les deux majeurs, inévitables, cruciaux !

Il est possible de télécharger une copie de l’ouvrage de Rosine Lefort, Naissance de l’Autre, Seuil, 1980, en cliquant sur le lien ci-dessous. C’est un fichier compressé au format .zip. Ce fichier est stocké sur une plateforme libre, « opensource », donc safe de toute publicité ou virus quelconque…

Bonne lecture !

Lien de téléchargement : https://frama.link/ffddW0Nr

 

Décès de Franz Kaltenbeck

C’est avec douleur que j’apprends le décès de Franz Kaltenbeck.

D’une très grande culture…… Un grand humour…… Sans cesse à encourager et soutenir la réflexion et le travail. Il était attachant et tendre…..

Un très bel hommage lui est rendu sur le site Oedipe.rog :

« Nous avons l’immense tristesse de vous faire part du décès de Franz Kaltenbeck, le 13 mars, à Kanazawa (Japon).

Franz Kaltenbeck est né en 1944 à Graz. Il a quitté l’Autriche lorsqu’il avait une vingtaine d’années pour fuir les pressions dont il était victime, comme membre de l’Actionnisme Viennois, un mouvement artistique influent en Europe, qui s’efforçait de briser l’omerta et le déni qui s’est imposé en Autriche sur la responsabilité de ce pays dans les crimes nazis (il a d’ailleurs publié le 15 janvier un article dans le journal Le Monde (1), s’alarmant du retour de l’extrême droite en Autriche, conséquence, à ses yeux, de ce déni) ».

La suite de l’hommage sur Oedipe est à cette adresse : https://frama.link/hna2Xb1E

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1- « Si l’Autriche avait assumé son passé, elle serait engagée dans une autre voie »

L’enfant objet et les objets de l’enfant, soirée enfant-objet, le mercredi 21 mars 2018

Mercredi 21 mars 2018
21h00 – 23h00 à l’URIOPSS de Lille

Jean Claude Duhamel, Psychanalyste, membre du Collège de psychanalystes-aleph.

Que veulent ces enfants, malgré tout ce qu’on leur donne et qui ne les comble pas ? 

Emmanuel Fleury, Psychanalyste, membre du Collège de psychanalystes-aleph, Lille.

L’enfant et ses objetsURIOPSS de Lille : 199/201 rue Colbert, 1er immeublre, 5è étage
Ouvert à tous, participations aux frais : 8 euros, tarif réduit : 5 euros

Renseignements :  Emmanuel Fleury, 06 89 73 62 43, e.fleury@nordnet.fr & Jean-Claude Duhamel, 07 87 58 82 02 & Hélène Coesnon, 06 75 58 50 48, coesnon.helene@gmail.com

Renseignements en cliquant sur ce lien : https://frama.link/WyajBLq_

Ne me soignez pas (avec l’ABA), je suis comme ça !

Les autistes du mouvement anti-ABA, plaident pour que l’on abandonne les thérapies comportementales comme ABA ou TEACH, ils souhaitent que l’on tienne compte de leur différence.

Le mouvement anti-ABA ou mouvement « anti-cure » ou encore « Autism Right Mouvement » (mouvement pour les droits des autistes), est animé par les autistes.

Ces mouvements anti-ABA estiment que les méthodes de traitement de l’autisme comme l’ABA ou les ICM (méthodes comportementales intensives), sont « physiquement nuisibles » ou « mentalement nuisibles ». Voire même dangereuses !

Ils s’opposent à ce que le traitement ABA leur soit appliqué: « Ne nous soignez pas, nous ne sommes pas malades ! Nous sommes comme ça ! » (1). Read more »

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