Le repaire du coronavirus

En ce moment de confinement, nous avons l’occasion de voir se déployer la créativité des enfants. Et c’est une bonne question de tenter de comprendre ce qu’il veulent nous dire par là. Ces productions des enfants, prennent parfois la forme de la cabane dans le salon. Yoanna Sultan-R’Bibo (1) le souligne, c’est une pratique vitale pour l’enfant. Elle marque leur tentative de libération et de prise d’autonomie, bien sur. C’est leur réponse aux contraintes que beaucoup d’adultes tentent de leur imposer. Mais, pas seulement. Un enjeu bien plus important se cache derrière.

D’abord, il est clair que nous avons construit nos propres cabanes dans les bois. Et que ce moment a compté dans notre propre construction. Qui n’en a pas le souvenir ?

Dans la série « Anne with an E », l’adolescente a construit sa cabane dans la forêt. Ce lieu lui permet d’écrire et de rêver. Elle s’est « encabané» dans ses rêves, dit-on au Québec. Cet espace lui est indispensable et salutaire quand elle se trouve dans une impasse. Car, il s’agit aussi d’installer son fantasme, de le construire et d’apprendre à l’utiliser pour faire face à l’objet de son angoisse.

Kylian, 8 ans, vient de me montrer ce que cela pouvait signifier de construire sa cabane sous le lit à étage de sa chambre.

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Le Corona vide-rues

Le coronavirus est un monstre.

C’est la raie prise dans les filets des pêcheurs de la côte italienne.

Dans La dolce vita, Marcello se rend sur la plage et assiste à une telle scène. Les pêcheurs viennent de ramener une raie énorme qu’ils échouent devant la troupe intriguée. C’est une chose bizarre, presque informe, « je ne sais quoi de dégueulasse qu’on extrait de la mer avec un filet 1».

Un objet dont nous avons du mal à cerner le désir. Qui nous réduit aux suppositions les plus diverses.

Pour Paolo Giordano : « le CoV-2 [le SARS-CoV-2, le type de coronavirus qui provoque l’épidémie de Covid-19] est la forme de vie la plus élémentaire que nous connaissions. Afin de comprendre son action, nous devons adopter son intelligence limitée, nous voir ainsi qu’il nous voit. Et nous rappeler que le CoV-2 ne s’intéresse guère à nous, à notre âge, à notre sexe, à notre nationalité ou à nos préférences 2».

Littéralement, il ne nous voit pas. Comme le souligne Marcello : « c’est mort ! La pauvre chose ! Et cela continue à regarder ! ».

Face à l’énigme de ce machin bizarre, nous avons plusieurs réponses.

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Rosine Lefort, « Naissance de l’Autre »

Rosine Lefort a mené un travail clinique absolument fantastique dont elle a rendu compte en détail dans plusieurs de ses livres. C’est un travail tellement important, qu’il est à ce jour, révolutionnaire !

En ce sens que nous n’avons toujours pas pris la mesure des idées qu’elle avance et des conséquences de son point de vue, dans la pratique avec les enfants.

Tous les deux majeurs, inévitables, cruciaux !

Il est possible de télécharger une copie de l’ouvrage de Rosine Lefort, Naissance de l’Autre, Seuil, 1980, en cliquant sur le lien ci-dessous. C’est un fichier compressé au format .zip. Ce fichier est stocké sur une plateforme libre, « opensource », donc safe de toute publicité ou virus quelconque…

Bonne lecture !

Lien de téléchargement : https://frama.link/ffddW0Nr

Ce qui manque au champ de l’Autre

Etudier un roman 1 est une excellente façon d’étudier le suicide quand on voit comment Lacan a su tirer avantage de Hamlet dans « Le désir et son interprétation 2 ». Déjà, dans ce séminaire, Lacan élabore le suicide comme un « suprême effort de don » du phallus à l’idole, le grand Autre qui a ce dont le sujet manque. Pour Hamlet en l’occurrence, c’est un suprême effort de don à sa mère.

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