Dans l’envers de la psychanalyse, Lacan souligne l’analogie existant entre l’ambition et l’énurésie. « Il n’est pas rien de rappeler l’analogie qu’on a faite de l’énurésie à l’ambition » (1).
Il n’est pas exclut que Lacan nous renvoie aux idées de supériorité de l’enfant dont Alfred Adler a affirmé l’importance dans son livre, L’enfant difficile.
Pour Adler, l’énurésie manifeste l’ambition de l’enfant, celle d’obtenir quelque chose de l’autre : attention, gâterie, félicitation, tendresse…. La vessie parle, il y a un un « jargon de la vessie » (2), « un langage exprimé par un autre organe » que celui de la parole (3).
Comment Lacan aurait-il commenté les cas rapportés par Adler ?
La dimension imaginaire de la volonté de supériorité de l’enfant paraît très importante. Se voulant mieux que l’autre, l’enfant se trouve en situation de rivaliser. Le vœu exprimé par l’enfant à travers son énurésie, de prendre le dessus sur l’autre, suppose un rapport imaginaire au semblable.
Mais, il y a plus.
Dans « Fonction et champ de la parole et du langage », Lacan évoque « le flot d’urine de l’ambition urétrale », une « image corporelle » dans laquelle « les mots sont pris » (4). Une image qui « captive » le sujet.
Donc, il s’agit de signifiants qui sont inclus dans l’image que le corps nous donne. Ces signifiants font partie du corps, Lacan en déduit qu’ils sont un corps. Ils nous invitent à les lire…

L’article de Adler est téléchargeable à cette adresse : https://frama.link/ydQ90A_k

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1- Lacan J., L’envers, séminaire 17, séance du 18 02 1979, page 110.
2- Adler A., L’enfant difficile, p. 143
3- Ibid, p. 144
4- Lacan J., « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », Ecrits, p. 301